SON DANGER POUR L'HOMME
Pour Cadiot (1913) « la tuberculose des carnivores était presque toujours d’origine humaine et elle était observée surtout parmi les animaux appartenant à des personnes atteintes de tuberculose ouverte ou séjournant dans des locaux infectés par elles (établissements publics, débits de boissons, restaurants.) où le sol est pollué par les crachats bacillaires ». |
À l’heure actuelle, pour ce qui est de la tuberculose du chat, cette opinion est nettement modifiée.
Certes, la tuberculose féline peut être d’origine aérogène et due au bacille tuberculeux de type humain, lequel est transporté dans les parties profondes de l’appareil pulmonaire, à la faveur de poussières et crachats desséchés. Et, depuis Cadiot, la littérature cite des exemples où des chats ont ainsi été contaminés par leur entourage (Bergeon, 1907, Poisson et Buck, 1931, Lesbouyriès).
Par contre, daris la majorité des cas, le chat se contamine par voie digestive, avec localisation primaire au niveau des ganglions mésentériques. Les autopsies systématiques en fournissent la preuve.
Très souvent, en effet, comme on l’a déjà vu, on peut noter des ganglions mésentériques, iléo-cœcaux, paracœcaux et lombo-aortiques très hypertrophiés, fibro-caséeux et quelquefois même — mais très rarement— calcifiés. Et
DNS dans la plupart de ces cas, les lésions de l’appareil respiratoire sont peu avancées, sinon existantes. De tels résultats d’autopsie témoignent bien d’une tuberculose digestive primitive.
Le chat s'infecte alors en buvant du lait cru pollué et en ingérant des viandes ou des abats insuffisamment à. provenant de bovins tuberculeux.
Le Professeur Calmette disait déjà que chez le hat « la tuberculose résulte dans l’immense majorité des cas d’une infection primitivement lymphatique, puis sanguine, ayant son origine dans labsorption de bacilles DDR OUIERS par le tractus digestif >.
D'après Van Goiïidsenhoven et F. Schœnaers (1940),
33 chats sur lesquels ils purent préciser le siège du ep primaire, 73 % présentaient des lésions primitives de l’appareil digestif, contre 21 % pour l’appareil respiratoire.
Verge et Senthille, et P. Collet ont abouti à des résultats analogues.
A partir de cette localisation digestive primitive, les localisations secondaires peuvent se faire, soit par voie san- guine, soit par voie lymphatique, soit par contiguïté de tissus.
Enfin, dans d’ autres cas plus rares, la tuberculose primitive peut être d’origine exogène. Ainsi telle tuberculose cutanée pourra provenir d’inoculations par grattages ou morsures, ou même de l'infection d’une plaie préexistante par un produit tuberculeux. Telle tuberculose oculaire peut également témoigner d’une origine traumatique. Encore ici, le cas est rare, puisqu’aussi bien ce sont les membranes oculaires antérieures qui devraient être le plus souvent atteintes, étant les plus exposées. Or la tuberculose choroïdienne est très fréquente ; et tous les auteurs s’accordent à reconnaître que la tuberculose des régions antérieures de
l’œil n’a pas tendance à gagner les parties postérieures. (Ducouret).