‹ Contribution à l'Étude de la Tuberculose Pulmonaire des VieillardsChapitre 12 sur 33 · PROPORTION DES DÉCÈS PAR TUBERCULOSE PARMI LES VIEILLARDS HOSPITALISÉS · texte numérisé non relu

PROPORTION DES DÉCÈS PAR TUBERCULOSE PARMI LES VIEILLARDS HOSPITALISÉS

il faut distinguer ici deux sortes de tuberculoses : la tuberculose pulmonaire, constatée cliniquement pendant la vie, el les allérations tuberculeuses des poumons, que l'on découvre seulement sur la table d'amphithéâtre. Les cicatrices, les indurations et les concrétions sont extrêmement

MT fréquentes à l’autopsie des vieillards morts des affections les plus diverses, si fréquentes même que Rogée, qui les avait notées cinquante el une fois sur cent autopsies, eut de grandes difficultés à prouver leur origine tuberculeuse. Cette question est aujourd'hui jugée, et à côté de ces lésions cicatricielles, on constate des excavations à parois fibreuses, des tubercules calcifiés au niveau desquels Haushalter a recueilli des bacilles virulents et qui sont des manifestations atténuées mais actives du processus tuberculeux. Les autopsies de Natalis Guillot à Bicêtre, de Lerefait à Rouen, témoignent, en outre, de leur fréquence. Les tuberculoses dont les signes cliniques s'imposent sont moins nombreuses, et M. le docteur Pagliano, d’après les constatations faites à sa consultation de l’hospice de Sainte-Marguerite, évalue à cinquante le nombre des vieillards reconnus tuberculeux et disséminés dans les salles de cet hospice où sont réunis plus de sept cents vieillards.

Les deux seules statistiques portant sur un chiffre total d’autopsies sont celles de Geist et de Vulpian.

Vulpian a constaté, sur 86 autopsies de vieilles femmes de la Salpêtrière, 14 bacillaires, ce qui donne une proportion de 17,5 °/..

Son interne Moureton, sur 50 femmes de plus de 60 ans, mortes dans le même service et à la même époque, mais dont l'autopsie n’a pu être faite, en a observé 7, soit une proportion de 1#0/,.

Ta statistique de Geist (72 tuberculeux sur 514 autopsies) donne un pourcentage analogue (14 °/.).

Les résultats des autres statistiques, établies sur des observations cliniques, donnent des chiffres très inférieurs :

Prus. 390 décès 12 tuberculeux 4,6°/, Day... 53.048 — 1.867 — Da Barié. 92.141 — 2,202 — 2

ve Les registres de l'hospice de Sainte Marguerile, dans lequel sont admis les vieillards indigents de la ville de Marseille, \ mentionnent des rapports à peu près semblables, 3,7 °/..

Les voici répartis ainsi au cours des cinq dernières années :

1900 92 décès de vieillards 9 tuberculeux 9 Le

1901 115 s l 0,86 °,, 1902 76 be 2 2 RCE 1903 82 ee 3 e 3,5 4 1904 111 ne 3 8e

On peut donc conclure de cette dernière série que, dans les hospices de vieillards, 8 à 4], des décès sont dus à la tuberculose diagnostiquée pendant la vie; mais que l'on constate 15 à 17 fois sur 100 des lésions bacillaires à l'autopsie.

Ces chiffres, très inférieurs à ceux de Sommerbrodt, qui prétend que 40 o/, des invalides de Berlin meurent tuberculeux, sont certainement loin de la vérité; ils ne représentent que les cas indiscutables de tuberculose pulmonaire, il faudrait y ajouter tous les cas de tuberculose que l’on ne diagnostique pas, mais dont on meurt, toutes ces formes latentes si communes chez le vieillard, qui se dissimulent sous les diagnostics de cachexie sénile, de misère physiologique et de bronchite.

C'est à ce point de vue surtout que l'examen des registres hospitaliers, qui paraît de prime-abord fastidieux, est intéressant. On voit, par exemple, un même malade y figurer à plusieurs reprises sous les diagnostics alternés de tuberculose pulmonaire, d'emphysème et de bronchite, ce qui indique mieux que de longs commentaires les difficultés que l’on éprouve parfois à différencier ces affections.

La proportion des tuberculeuses séniles est, en outre, nettement inférieure à celle des hommes (5°/, au lieu de 7,5°/, sur les statistiques de l'hôpital de la Conception).

st ES

Bayle, Andral, et plus tard Wurzburg et Peter avaient pourtant proclamé que la tuberculose sévissait avec plus d’intensité parmi les femmes. Michel, qui l'admettait pour les adultes, pensait que la différence s’atténuait dans la vieillesse. «En effet, dit-il dans sa thèse, les divers incidents de la vie génitale de la femme, qui augmentent d'après certains auteurs là fréquence de la tuberculose dansle sexe féminin, font défaut chez le vieillard ; l'équilibre s'établit entre les deux sexes qui deviennent égaux devant la phtisie, suivant l'opinion de Marfan. » Depuis cette époque, les causes secondaires de tuberculisation ont peu varié pour: la femme; si l'on considère par contre les progrès incessants de l’alcoolisme, le développement de l'industrie moderne qui ne s'accompagne pas toujours de lamélioration de l'hygiène des ouvriers, on comprend que la tuberculose ait augmenté ses ravages chez l'homme, alors que sa marche est restée à peu près stationnaire chez la femme. Arrivée à la vieillesse, la femme, dont la santé a résisté à loutes les épreuves que lui impose son état, aura peu de chance de se tuberculiser. Presque toutes les bacillaires qui viennent à l'hôpital sont encore jeunes ; ce sont le plus souvent des ouvrières, des domestiques, des servantes d'hôpital ou des filles soumises. Je n'insiste pas sur les causes sociales qui précipitent chez elles l’évolution de la phtisie.

En résumé, on peut conclure de ces diverses stalistiques que :

Sur 100 décès gar tuberculose pulmonaire indiscutable, 12 surviennent chez des personnes âgées de plus de 55 ans.

Sur 100 tuberculeux traités à l'hôpital, plus de 7 ont dépassé cel âge.

Sur 100 vieillards hospitalisés, il en meurt à peu près 4 tuberculeux.

Page 1