‹ Contribution à l'Étude de la Tuberculose Pulmonaire des VieillardsChapitre 30 sur 33 · DOTE · texte numérisé non relu

DOTE

et la syphilis ont allérée; depuis cinq ans il est, en outre, sujet à des accès d'asthme avec oppression nocturne et tous les hivers il est obligé d'interrompre son travail pour entrer à l'hôpital. Depuis un an, il présente des crises d’épilepsie jacksonnienne dont il donne une descriplion très exacte; elles commencent par le pied gauche, se propagent au membre inférieur, puis au membre supérieur, mais n’intéressent pas les muscles de la face; en dehors de ses crises, il conserve de la parésie du membre inférieur gauche avec un léger degré de contracture. Il venait de quitter l’hôpital de Tunis et se trouvait de passage à Marseille pour se rendre en Alsace, dans son pays, lorsqu'il est pris d’une! crise qui l’oblige d'entrer à l'hôpital. Les médecins de Tunis, dont il nous présente un certificat, l'avaient traité pour de l’emphysème pulmonaire et, attribuant ses accès convulsifs à la syphilis antérieure, lui avaient administré de l’iodure de potassium à haute dose. Il présente, en effet, des symolômes indiscutables d’emphysème pulmonaire ; la partie inférieure du thorax est dilatée; à la percussion, on constate aux deux bases un tympanisme clair, profond, caractéristique, qui empiète sur l'aire cardiaque et sur la matité du foie ; à l’auscultation, la respiration est humée. Mais aux sommets, les signes changent : les fosses sus-claviculaires sont déprimées, on perçoit à gauche de la submatité et des râles humides, persistants. On ne peut douter : il existe au-dessous de l'emphysème une épine tuberculeuse. Les crachats sont verdâtres, très abondants ; l'examen bactériologique, pratiqué à deux reprises, ne décèle cependant pas la présence du bacille de Koch. A près quelques jours de repos, le malade paraît amélioré, il se lève tous les jours, essaye de marcher, mais ses crises le reprennent bientôt : elles sont bien telles qu'il les décrivait et le laissent ensuite dans un état d’abattement profond. Deux jours après le retour de ses crises, il est pris d’une dyspnée intense, sa température s'élève à 40, son visage se couvre desueurs, on constate à la base droite de la matité et du souffle; et, malgré le traitement d'usage que l’on institue aussitôt, il expire trois jours après.

À l’autopsie. Les deux poumons présentent de l'emphysème généralisé ancien el considérable. Au sommet gauche, on remarque en outre plusieurs îlots de sclérose limitant des tubercules crétacés, et quelques tubercules crus plus récents. La base droite enfin est

hépatisée ; à la coupe, on remarque un semis dru et confluent de tubercules miliaires. Le cœur est normal, l'aorte présente des plaques d'athérome. on constate enfin au cerveau un tubercule de la grosseur d’une noïselte, caséeux au centre, qui occupe les plis supérieurs de la circonvolulion pariétale ascendante et empiète sur le Jlobule paracentral.

Formes latentes

OBsERvATION XXVII (M. Boinet)

Anaïs B..., 57 ans, est amenée mourante à l'Hôtel-Dieu. Elle est si faible qu'il est impossible d'obtenir d'elle le moindre renseignement. Elle reste prostrée dans son lit, en proie à une diarrhée profuse, incoercible. Sa peau présente une pigmentalion semblable à celle des addisonniens ; ses membres inférieurs sont, en outre, œdématiés. La malade ne tousse, ni n’expectore, et à l’auscultation les mouvements respiraloires sont si faibles que l’on n'entend aucun bruit. Elle meurt le lendemain à 6 heures du soir, 21 novembre 1902.

Autopsie[73]. La cavité péritonéale contient 200 grammes environ de liquide chyliforme, le péritoine est envahi de granulations tuberculeuses. Le cœur est petit, les capsules surrénales normales, les reins, blanchâtres, lardacés, ont leur capsule épaissie et adhérente à la coupe. Les poumons sont infiltrés de tubercules, avec cinq ou six cavernules de la grosseur d'une noisette au sommet.

OgservaTion XX VIII (M. Boinet)

Robert L..., 62 ans, ancien ouvrier des quais, alcoolique, est amené du chauffoir municipal dans un état de cachexie extrême ; il estenvahi par la phtiriase, il délire et ses mains sont agitées d’un tremblement convulsif ; il est incapable de répondre raisonnable ment, il gémit seulement quand où lui adresse la parole. Sa langue est rôtie, il a une diarrhée profuse et baigne dans ses déjeclions. À l'auscultation, il respire si mal que l'on ne peut saisir aucun bruit. 11 expire au bout de deux jours, le 14 janvier 1905.

Autopsie [97!. Rien au cerveau Au poumon gauche on constate

NET pese

au sommet une caverne de la grosseur d'un œuf; le parenchyme qui l'entoure est infillré de tubercules, la plèvre est épaissie, avec des adhérences récentes au thorax. Le poumon droit est infiltré de tubercules, il ne présente pas de cavernes. Il existe, en outre, sur le cæcum de larges ulcérations transversales dont la nature tuberculeuse ne fait aucun doute.

OBsERvaTION XXIX (M. Boinet)

Blaise M.., 57 ans, miséreux, est apporlé mourant dans le service le 15 juin 1903. Un examen approfondi ne permet pas de découvrir là cause de son état; il respire si mal que l’on n'entend rien à l’auscultation ; à la percussion, on trouve de la submatité aux . deux sommets. Il présente une diarrhée continue incoercible. La mort survient le soir de son entrée.

A l'aulopsie. Le poumon droit présente une caverne du volume du poing au sommet, ses deux lobes supérieurs sont infillrés de tubercules caséeux. On constate aussi une caverne au sommet du poumon gauche et une infiltration massive de tubercules. La plèvre droite contenait, en outre, un litre de liquide citrin.

Tuberculose latente et Cancer

O8servaTiON XXX (M. Boinet)

François B.., âgé de 65 ans, entre à l'Hôtel-Dieu au mois de ma 1909. Il est dans un état de cachexie extrême, mais ne se plaint que d’une très grande faiblesse. Il s’essouffle facilement, ne peut accomplir aucun effort, et n’a plus d’appétit, s'alimente à peine, lousse et crache peu. A l'examen du poumon, on constate une simple submatité au sommet gauche, la respiration est très faible et l’on ne perçoit pas de râles. On examine cependant ses crachats à deux , reprises, on n’y trouve pas de bacilles de Koch. On l’envoie alors à l'hôpital Salvator, espérant que l'air de la campagne aura sur lui une action stimulante. Il en revient épuisé, et meurt de cachexie quelques jours après,

Autopsie 3 juin 1905 [N° 528]. On constate à l'ouverture de.

EPA ET l’abdomen une masse néoplasique de 7 centimètres de largeur sur 11 de longueur et 3 d'épaisseur, entourant l’estomac’et adhérant au rein gauche, à la rate et à la capsule surrénale. Le poumon droit est scléreux, sans tubercules. Le sommet du poumon gauche est creusé de 4 ou 5 cavernules de la grosseur d’une noisette, la base est simplement congestionnée.

OBsenvation XXXI

Siffrein Joseph- F, âgé de 57 ans, entre à l’Hôtel-Dieu dans un service de chirurgie avec des signes de rétrécissement de l’œsophage. Il est si faible et si amaigri et son affection a évolué si rapidement, que le diagnostic de néoplasie ne fait aucun doute ; il meurt quelques jours après son entrée, 15 mai 1905-

A l'autopsie [523] On remarque un cancer de l'œsophage, mais le poumon droit est creusé à sa partie moyenne, d'une vaste excavalion de 8 centimètres sur 4; elle est entourée de tissu fibreux et d’'emphysème.

OBsErvariON XXXII

Une femme âgée de 60 ans, entre à l’Hôtel-Dieu dans un état de cachexie extrême, elle traine depuis plusieurs années el les signes qu’elle porte ne laissent aucun doute sur la nature de son état: matité aux sommets, craquements humides après la loux. Après un court séjour dans le service, elle est prise d’une dyspnée très accusée, sa face et ses membres inférieurs s'œdématient; elle meurt après une longue agonie.

Autopsie [515]. Poumon droit. Le sommet est congestionné et infiltré en masse de tubercules jeunes qui entourent des cavernules. Le poumon gauche présente des lésions analogues : tubercules miliaires et caséeux. Le cœur est petit, l'aorte est athéromateuse; on remarque en outre, au-dessus du côlon transverse un abcès sous-diaphragmatique ‘qui adhère au pylore, il correspond à un noyau cancéreux que l'on n'avait pas soupçonné pendant la vie.

Tuberculose latente chez des nerveux chroniques

Ossenvarion XX XII (M. Boinet)

François G..., 64 ans, ancien charretier, alcoolique et artérioscléreux, entre à l'Hôtel-Dieu au mis de mai 1905. C’est un vieil aortique, déjà traité dans plusieurs services et qui présente les signes typiques de ses lésions : éclat clangoreux du second bruit aortique, pouls dur ct bondissant ; depuis un an, il est atteint, en outre, d’une hémiplégie du côté droit avec crises épilepliformes. Un mois à peine après son entrée dans le service, 1l est pris d’un accès convulsif et meurt sans avoir repris Connaissance

A l'autopsie [531]. On constate, en outre de ses lésions cérébrale et aortique, de la congestion œdémateuse du poumon gauche, avec, au centre, plusieurs tubercules crétacés. Le poumon droit, à qualre lobes, n'a pas de traces de tubercules.

OBsERvATION XXXIV (M. Boinet)

H..., âgé de 56 ans, traité dans le service depuis plusieurs années, salle Ducros, 14, pour des accidents de syphilis cérébrale /hémiplégie à droite avec crises épileptiformes et aphasie. Mortdans lecoma.

À l'aulopsie [513]. Ou trouve des lésions de phtisie fibreuse. Au poumon droit, il existe en effet, entouré de tissu scléreux et d’emphysème, un amas de tubercules caséeux. Le poumon gauche est congeslionné et présente de nombreux tubercules au sommet.

OBsERvATION XXXV

Une femme âgée de 56 ans, atteinte de paraplégie flasque, avec diminuliou nolable de la sensibilité, se cachectise et meurt après : avoir présenté des escharres et des signes de ramollissement cérébral,

À l'aulopsie. Le sommet de ses poumons est scléreux et infiltré de lubercules caséifiés. La muqueuse de l'intestin grêle est parsemée d’ulcérations tuberculeuses.

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