GÉNÉRALITÉS
Ce travail n'est pas une revue générale de l’oléothorax. Il n'est que l'exposé de l’enseignement tiré de l'observation d’une cinquantaine de cas créés et suivis pour la plus grande majo-. rité d’entre eux à l'Hôpital Laënnec et au Dispensaire Léon Bourgeois dans les services de M. le Professeur Léon Bernard, par M. le Dr Triboulet et nous-même.
Lorsque Bernou le premier tenta en 1921 d’injecter des doses importantes d’huile dans la plèvre, il destinait cette méthode à un but très particulier : l’oblitération d’une perforation pleuro-pulmonaire, indication qui n’est plus admise à l'heure actuelle. Etendue du même coup à la désinfection pleurale (la malade de Bernou avait'en effet associée à sa per- ” foration une pleurésie purulente guérie grâce au goménol
contenu dans l’huile) puis à la fois préconisée comme méthode
collapsothérapique adjudante du pneumothorax, cette thérapeutique, en particulier sous l’impulsion de Kuss, vit alors ses indications devenir de plus en plus nombreuses.
En 1929, les thèses de Jacqueline Fontaine et de Julien Marie résumaient ces indications. À savoir :
Au point de vue désinfection pleurale : avant tout les pleurésies purulentes malignes qu’elles soient où non associées à une perforation ; quelques pleurésies séro-fibrineuses.
Au point de vue collapsothérapie : indications larges, comprenant certaines perforations pleuro-pulmonaires étroites et
la plupart des cas de pneumothorax inopérants ainsi que de symphyses progressives.
Appliqué ainsi suivant ces larges mdicatious et surtout en tant que blocage pleural sous pression comme J'indiquaient dans leur technique la plupart des auteurs, l’oléothorax ne devait donner que des résultats inconstants, voire parfois de véritables désastres. Si bien que depuis quelque temps une sorte de silence s’est établi sur tout ce qui concerne cette thérapeulique. Les publications ont été rares dans ces trois dernières années. Nous ne notons comme travaux récents parus en langue française que ceux de Cardis (Journal de Leysin), ! des Roumains Daniello et Alexandrov (Revue de la Tuberculose, décembre 1931), de Ratureau (Journal de Leysin, novembre 1931), de Bernou (Presse médicale, juillet 1932).
C’est pourquoi il nous a semblé faire œuvre utile en entreprenant ce travail.
Les plus anciennes de nos observations concernent des oléo- | thorax créés en 1927 suivant la plupart des idées alors en cours. Peu à peu par la suite, il nous apparut que l’oléothorax, pour donner des résultats, devait être réservé à certaines indications limitées et que la technique devait en être modifiée si l’on voulait à tout prix se mettre à l'abri des complications.
La plus redoutable de toutes étant la perforation pleuro-pulmonaire, nous dirons tout de suite que pour l'éviter dans la mesure du possible, le blocage sous pression a été d'emblée et dans la majorité des cas banni de notre technique.
DIVISION Nous distinguons deux grandes variétés d’oléothorax : 19 L'oléothorax proprement dit ou oléothorax mécanique
(qu'il soit antisymphysaire ou compressif) vraie méthode collapsothérapique ;
20 L’oléothorax désinfectant qui n’est pas un Vebtable oléo-
thorax mais une méthode de désinfection pleurale dont les indications se discutent avec celles du lavage de plèvre. Ces deux variétés s’intriquent d’ailleurs à l’occasion.