DE LA SOLUTION HUILEUSE PHENIQUEE À
Nous voulons, dans ce présent chapitre, présenter quelques observations suggestives — elles se rapportent à des hémorroïdes du premier degré ou des hémorroïdes du 2° degré avec petit et moyen prolapsus. |
Hémorroïdes du premier degré
Madame S.. — A constaté la présence de sang dans ses selles depuis 6 mois — accuse des sensations de pesanteur, parfois « d’éclatement >» — très constipée, habituée de l'huile
de paraffine, une selle tous les deux jours.
La Rectoscopie est normale jusqu’à 25 cm.
L’anuscopie montre l’existence d’hémorroïdes franches congestives petites.
Au cours de la première séance, on pratique deux injections de 3 cm.
Les hémorragies diminuent.
Deuxième séance, 3 injections de 2 cm°
hs.
Troisième séance, 4 injections de 2 em.
Depuis ce traitement institué en novembre dernier, la malade n’accuse plus aucun symptôme.
Madame C.. 23 ans. — Hémorroïdes développées il y a deux ans à l’occasion d’une grossesse, se manifestent par des hémorragies de sang rouge, des douleurs quand elle va à la selle.
La rectoscopie est normale jusqu’à 25 em.
L’anuscopie montre lPexistence d’hémorroïdes [de moyen volume.
1" séance, 3 injections de 1,5 cm* ;
2° séance, 3 injections de 1,5 cm”.
Les hémorragies et les douleurs cessent et n’ont pas réapparu depuis.
Madame P..., 50 ans. — Présente des hémorroïdes depuis 2 ans.
Une fissure en 1947, guérie actuellement :
O Un prolapsus intermittent pendant 2 jours ; Une crise hémorroïdaire : une fois par mois.
Actueliement vient consulter essentiellement pour hémorragies importantes. La rectoscopie est normale jusqu’à 20 cm.
On institue le traitement sclérosant.
1° séance, 3 injections de 2 em*. Les hémorragies cessent.
2% séance, 3 injections de 1 cm* ;
3"° séance, 3 injections de 1 cm.
Depuis cette époque, ne présente plus aucun symptôme.
Les observations présentées ci-dessus montrent l'existence de résultats constants dans les hémorroïdes qui saignent.
Les douleurs constituent une contre-indication temporaire
de la méthode ‘sclérosante — on doit toujours combattre ies
phénomènes inflammatoires avant d'instituer le traitement
sclérosant. — L'observation suivante en est un exemple. Madame. P. P.., 43 ans. — Présente des douleurs quand
elle va à la selle.
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La rectoscopie est normale jusqu'à 16 cm.
L'anuscopie montre lexistence d’un bourrelet congestif entre 2 et 6 heures. :
On attend un peu avant d’instituer le traitement.
1" séance, 3 injections de 2 cm” ;
2e séance, 4 injections der 2icme-;:
3" séance, 4 injections de 2 cm.
Amélioration fonctionnelle très nette, les douleurs ne sont pas réapparues ‘depuis.
Les hémorroïdes du 2° degré
avec petit et moyen prolapsus réagissant également bien os È au traitement scelérosant
Monsieur C.., homme de 51 ans. — A présenté un épisode diarrhéique il y a 8 jours.
Des hémorragies il y a deux jours.
La rectoscopie est normale jusqu’à 15 cm. -
L’anuscopie montre des hémorroïdes avec un prolapsus à 10 heures dont le malade connaît d’ailleurs l'existence.
Le traitement sclérosant est institué. ,
1° séance, 2 injections de 2 em, 1 de 3 cm° ;
2° séance, 3 injections de 2 cm”, 1 de 1 cm*.
Très bon résultat, disparition des hémorragies et du prolapsus.
Monsieur D.…., 52 ans. -— Présente des hémorroïdes de moyen volume, des douleurs à la défécation.
La rectoscopie est normale jusqu’à 15 cm, tonicité sphinctérienne bonne. —
Un traitement sclérosani est institué
1" séance, 3 injections de 2 cm* ;
2° séance, 3 injections de 3 cm”.
Il existe déjà une amélioration fonctionnelle.
3"° séance, 3 injections de 2 cm :;
4° séance, 3 injections de 2 cm.
Le prolapsus disparaît. Le traitement ambulatoire a duré un mois.
Nous voulons enfin présenter une observation de récidive par le traitement de chlorydrate de quinine urée guérie par la solution phéniquée huileuse à 5 %.
Madame L..., 48 ans. — En octobre 1945 vue pour la première fois, hémorroïdes s'étant manifestées, il y a deux ans par des douleurs; des hémorragies.
Depuis 15 jours, hémorragies.
La rectoscopie est normale jusqu’à 25 cm.
On entreprend un traitement avec la solution de chlorydrate de quinine urée à 5 %.
» séances avec 9 cm à chaque fois.
En octobre 1947. Récidive douleurs, hémorragies.
On essaye la solution phéniquée à 5 %.
1" séance, 1 injection de 3 em°, une de 2 cm* ;
2"° séance, 4 injections de 2 cm, une de 1 cm“.
La malade va bien, les hémorragies ont cessé.
Accidents locaux observés
Les accidents locaux ont été à peu près nuls, 3 ou 4 escarres ont été observées au point d'injection. Ces escarres n’ont donné lieu à aucun trouble fonctionnel important, pas d’hémorragie, pas de douleurs anales.
Les escarres étaient peu étendues, peu profondes, sans bourrelet inflammatoire — il n’y a jamais eu d’hémorragie —— pas de douleur penidant Pinjection — quelquefois une certaine pesanteur anale, mais pas de douleur vraie.
Toxicité générale
Nuile —— deux ou trois malades ont été fatigués dans l’aprèsmidi qui à suivi la piqûre — mais il n’y a jamais eu d’accident du type quinidique.
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L'activité sclérosante S’'est montrée comparable à celle du chlorydrate de quinine urée, mais elle est plus rapide, et c’est là son avantage.
En moyenne 3 ou 4 séances suffisent alors qu’il en faut 6 à 8 avec le chlorydrate de quinine urée.
Nous voudrions pour terminer ce chapitre donner les résul-
tats des cas traités pendant 5 ans à l'Hôpital St-Mark de
Londres.
Hémorroïdes du 1° degré, 98,5 % de guérison.
Hémorroïdes du 2° degré, 68 % de guérison.
Des récidives ont eu lieu de 4 mois à 4 ans après la fin du traitement.
Hémorroïdes du 3"° degré, 31 % de guérison.
Il ne nous a pas été donné d’observer des récidives puisque le début des essais remonte à un an. Cependant il semble qu'il y ait intérêt à prévenir le malade de possibilités de récidives si l’on se trouve en présence d’hémorroïdes du 2° degré (Curtiss Resser).
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Conclusions
La solution huileuse d'acide phénique à 5 % est intéressante
1°. Parce qu’elle donne de très bons résultats dans le triaitement des hém'orroïdes. Ces résultats sont plus rapides que ceux obtenus par les injections de chlorydrate de quinine urée à © %.
2°. Parce qu’elle ne donne pas d’accidents locaux ou généraux —— cette absence d'accidents généraux représentant son avantage essentiel.
3°. Enfin, elle présente les avantages de la méhode sclérosante en général, absence de mortalité, traitement ambulatoire, pas d’anesthésie, soulagement immédiat, suppression rapide des hémorragies, économie. En résumé il s’agit d’un traitement à la portée de tout praticien.
Les récidives observées peuvent en fait s'expliquer par deux raisons (R. FOOTES).
1°. Les malades interrompent leur traitement dès qu'is se sentent mieux.
2°, Les médecins praticiens ne font pas toujours un traitementi suffisamment long.