OBSERVATION IV
Observation tirée de la clinique du D-Lancereaux, hôpital de la Pitié, 14879. Union médicale, 1880, 353.
Au n° 36 de la salle Sainte-Geneviève, vous avez vu une belle et forte femme âgée de 30 ans. Réglée à 16 ans, mariée à 20 ans, elle avait eu deux enfants qu’elle avait nourris, lorsqu'il y a quatre ans, après un retard de six semaines, elle eut une métrorrhagie abondante, et le mèdecin appelé constata les Jours suivants, au dire de la malade, l'existence d’une tumeur rétro-utérine ; elle dut garder le lit pendant deux mois, eut encore quelques hémorrhagies, resta faible et pâle ; puis, elle recouvra peu à peu son embonpoint etses forces ; mais depuis lors, elle souffre dans le ventre. Depuis dix mois surtout, elle éprouve des douleurs vives, presque continuelles, localisées dans le flanc droit, irradiant vers la fosse iliaque, avec des exacerbations qui ont fait croire aux médecins appelés qu’ils s'agissait de coliques hépatiques ou de coliques néphrétiques. Entrée dansle servicele 16 août, alors que j'étais absent, cette femme fut considérèe par mon interne comme étant atteinte de coliques hépatiques, la méprise était d’autant plus compréhensible que la malade présentait alors une lègére teinte jaunâtre de la peauet des conjonctives. À mon retour, je l’examinai, et, en palpant le flanc droit, Je crus sentir quelque chose d’anor-
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mal ; la faisant respirer largement, etsoutenant de la main gauche la région lombaire, tandis que je déprimais de la main droite le paroi abdominale, qui était dans le cas présent particulièrement souple et flasque je pus reconnaître l'existence d’un corps ayant presque le volume du poing, lisse, élastique, réniforme, àconvexité externe et inférieure, qui glissait sous lamain pour aller se placer au devant de la colonne vertébrale. La pression de ce corps était douloureuse pour la malade qui éprouvait encore de la douleur lorsqu'on venait à comprimer l'ovaire droit. Au toucher vaginal, on constatait que le cul-de-sac droit était effacé, et qu’il existait en arrière une tumeur fixe, arrondie, ferme, douloureuse, constituée vraisemblablement par l'ovaire entouré de fausses membranes. Cette tumeur était encore facile à sentir quand on déprimait la paroi abdominale au-dessus de l’arcade crurale; à gauche lésions analogues, mais moins nettes. La malade s'étant couchée sur le ventre, la percussion comparative des deux règions lombaires dénota une sonorité plus grande à droite, et la palpation une plus grande dépressibilité du même côté.
En présence de cesdifférentssignes, le diagnostic n’était pas douteux ; il s’agissait bien certainement du rein droit; d’ailleurs, l’irradiation des: douleurs vers la fosse iliaque, leur persistance entre les crises devaient éloigner l’idée de coliques hépatiques, et, de plus, la malade avait remarqué elle-même qu’elle souffrait davantage à chaque époque menstruelle, ou après un exercice violent, tel que la danse ou une marche prolongée, ce qui arrive dans la
luxion du rein.
Le reposabsolu au lit pendant un mois n’a pas fait disparaître entièrement les douleurs, néanmoins la malade est mieux. Nous avons conseillé d'éviter tout travail fatigant, de porter une ceinture hypogastrique et au-dessus
une large bande de toile faisant plusieurs fois le tour du.
corps pour soutenir la paroi abdominable relàchée et maintenir le plus possible les viscères dans leur situation respective. ,
ORSERVATION V
Gazette des hôpitaux, 1874, page 666. Observation du Dr Protais.
Mme X.., propriétaire, 35 ans, fait une chute de voiture, est violemment projetée sur un morceau de pierres. En se relevant, elle ressentit une douleur très vive à l’hypocondre gauche, suivie de nausées et d’impossibilité de redressement du tronc. Un médecin appelé constata une tumeur qu’il essaya de résoudre avecles sangsueset l’on. guent mercuriel double ; mais cette lésion essentiellement apyrétique ne diminua pas, et les vomissements et les douleurs à la grande courbure stomacale persistèrent avec une désespérante opiniàtreté.….. On m’appela six semaines . après l’accident. Je constatai, en effet, à la région iliaque, une tumeur longue de 15 centimètres, large de 9 et placée verticalement. Elle est très mobile et faciie à circonscrire. P. 80. T. normale.
Je reconnais la rate, je la refoule dans son hypocondre
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où Je la maintiens avec une serviette d’abord et plus tard avec une ceinture hypogastrique. |
La réduction opérée, le mieuxs’estaccusé et la malade ne sentant plus sa douleur à la grande courbure, et les envies incessantes de vomir, avale avec avidité un grand verre de Malaga. Les jours suivants, elle prend café et viandes grillées, et peut sortir de son lit: ce qu’elle ne connaissait plus depuis longtemps déjà.