‹ Contribution à l'étude de quelques fausses tumeurs abdominalesChapitre 19 sur 33 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

Observation tirée de la thèse de Bettremieux, 1865.

Dans le mois de janvier 1858, entrait à la Salpêtrière une jeune fille qui avait été séduite. La mère raconta qu’elle étaitenceinte de trois mois et qu’à partir de ce moment de la conception, elle avait présenté les troubles intellectuels qui l’amenaient à l’hospice. La folie était une mélancolie avec stupeur des plus prononcées.

En palpant l’abdomen, on sentait une tumeur arrondie dépassant le pubis. Pendant les premières semaines de son séjour à l’hospice, M. Baillarger examina à plusieurs reprises le ventre, mais sans y attacher autrement d’importance; il lui semble en effet que l’utèrus se dèveloppait; il y avait des vomissements le matin, la malade accusait de fréquentes envies d’uriner. Au bout de six semaines environ, cette jeune fille guérit de sa maladie mentale ; le ventre conservait toujours son volume ; cependant la malade affirmait n'avoir jamais senti de mouvements. Un matin M. Baillarger ne fut pas peu surpris de trouver le volume du ventre considérablement diminué, il n’y avait eu cependant niécoulement d’eau dans le vagin, ni hémorrhagie. La malade dit alors que cela venait de ce qu’elle pouvait mieux retenir ses urines et qu’elle urinait moins souvent et davantage à la fois. Jusque-là ajouta-t-elle, elle urinait sept ou huit fois dans les 24 heures,

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