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= incolore, mais d une légère teinte jaune, qui fonce on brunit à la longue. Elle a une odeur particulière, pénétrante, en quelque . sorte camphrée. Sa saveur est piquante, amère, mais nulle- . ment désagréable. Son poids spécifique varie de 0,96 à 0,99. Elle doit être soluble dans trois à dix volumes d'alcool à 70 degrés. Son principe actif est l'ascaridol a
Guarrigue à trouvé qu'elle était composée de deux huiles distinctes, séparables par distillation.
‘La provenance et le mode de fabrication de l huile ne seraient pas: sans importance. En effet, l'efficacité varie sensiblement suivant l’origine de la plante et le procédé par lequel l'huile en
est retirée. - a
Il. — Toxicité. Action physiologique.
: Dans les premiers temps de l'emploi de l'huile de chénopodium, lorsqu'on l'utilisait pour combattre J'ascaris, de très sérieux accidents lui avaient été attribuées : des néphrites graves, .des paralysies d'origine centrale, et quelques cas de mort. Ce sont ces accidents, nous l'avons vu, qui avaient jeté le discrédit sur le médicament.
-Lorsqu’à l'automne de 1914 on recommença à administrer ce vermifuge de façon suivie, dès Les débuts, de nouveaux cas de mort furent rapportés. que l’on attribuait à son action. Cette substance était-elle donc aussi dangereuse que le prétendait le rapport fait sur elle aux États-Unis, ou n'y avait-il pas quelque exagération dans les méfaits qu'on lui prêtait? A la vérité, Robert-L. Lévy, quis’est particulièrement occupé de la toxicité de l'huile de chénopodium, n'avait, à cette époque, trouvé dans la littérature que 12 cas d'empoisonnements authentiques, dont 9 auraient été mortels. Ce nombre, bien inférieur à celui que l'on supposait alors, est cependant en lui-même assez élevé. Mais avant de le juger, il convient d'entrer un peu dans les détails de ces empoisonnements.
R.-L. Lévy a réuni ces 12 cas et les à analysés. De cette étude il ressort : ARE OEM RANCE S +
1° Que sur ces 12 empoisonnements, 8 se sont produits chez des enfants de moins de 13 ans;
* 2° Que dans 7 cas, les patients avaient reçu des doses exagé-
rées, nettement supérieures à la dose thérapeutique normale. I reste donc 5 cas où cette excuse ne peut être formellement
invoquée. Mais parmi ces 5 cas, il en est encore 2 où la dose n’est pas fixée de façon précise. Dans l’un des deux, la substance que l’on suppose être de l'huile de chénopodium avait été achetée à un charlatan ambulant, ce qui laisse des doutes sur la nature exacte du produit, et le vendeur n'avait donné aucune. indication sur la quantité qu'il ne fallait pas dépasser ;
3° Cette analyse montre encore que dans les 3 derniers empoisonnements la mort était suryenue chez 3 enfants de la même famille, après l'ingestion de doses que l'on ne peut considérer comme imprudentes, bien qu’elles n'aient pas été suivies de la purgalion habituelle. Paramore, qui rapporte ces faits, se demande s'il faut conclure à une coïncidence accidentelle, où s'il ne s'agissait pas chez ces enfants de quelque idiosyncrasie les rendant particulièrement vulnérables à l'action du médicament. Cependant, les renseignements ultérieurs permettent de: croire que ces enfants avaient reçu des doses supérieures d'un tiers à celles que l’on conseille habituellement. D'autre part, l'huile leur avait été distribuée sous forme de gouttes par leur père ; il est possible que celui-ci, n'ayant nullement l'habitude de dispenser des médicaments, se soit trompé dans Le compte. Aussi Lévy conelut-il, qu'à doses thérapeutiques, le remède n'est pas toxique.
Un an après le rapport de Lévy sur ces cas d'empoisonnements, vers la fin de 1915, Bishop et Brosius avaient traité par l'huile de chénopodium 108 sujets sans jamais rencontrer, en aucun cas, le moindre phénomène toxique. Il est vrai que les patients étaiént presque tous des adultes; cependant, il y avait parmi eux 6 enfants âgés de 3 à 14 ans et qui ne présentèrent également aucune réaction pathologique. Bishop et Brosius, qui croyaient — sur la foi du jugement de Lévy — à la non-toxicité du médicament, l’ont administré à un grand nombre de per-
sonnes, sans tenir compte du terrain ni de tout autre condition, et ne se sont absténus qu'en présence d'hyperpyrexies ou d’affections aiguës du tube digestif. Parmi leurs patients, quelquesuns atteints d’une autre maladie sont morts en cours de traitement; mais l'autopsie soigneusement pratiquée n'a pas permis de supposer que le chénopodium eût en quoi que ce soit oceasionné ou hâté la mort. Ils concluent également que cette ‘substance n’est pas toxique à dose thérapeutique.
Dans les hôpitaux de Sumatra, Schüffner et Baermann ont fait plus de 40.000 traitements au chénopodium sans phénomènes d'intoxication.
A Singapour, Keith a traité plus de 1.000 ankylostomiasés et ne cite qu'un seul cas où il y ait eu des troubles.
Dans un second rapport, Bishop et Brosius déclarent qu'ils n'utilisent plus que le chénopodium comme anthelminthique dans l’ankylostomose à l'Hôpital Saint-Thomas de Pato (Colombie) et pendant les dix-huit mois qu'ils ont administré ce traitement à des doses qui ont été depuis réduites de moitié, ils n’ont relevé qu'un cas de mort réellement imputable au médicament. Il s'agissait d'un cardio-rénal avec lésions vérifiées à l’autopsie.
Quelques résultats fâcheux, dont 3 cas de mort, furent enregistrés dans une autre ville de Colombie où le traitement avait été entrepris avec enthousiasme — peut-être même un peu à la légère — mais après la réduction des doses, on n’eut plus à déplorer d'accidents sérieux.
IL y a un an environ, le directeur de la Dons ton Rockefeller, au Brésil, signalait que sur 644.000 traitements, il comptait 44 morts que le chénopodium était accusé d’avoir causées ou, pour certains cas, précipitées.
En regard de cette assertion, nous trouvons une communication de D. Parreiras qui, faisant partie de la Commission Rockefeller, a , pendant quatre ans, administré le chénopodium environ 100.000 fois par mois en moyenne. Or, sur ce nombre vraiment fabuleux de traitements, 6 fois seulement il a été prévenu de troubles consécutifs à l’emploi du remède, et, dans toutes ces
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occasions, les symptômes fâcheux disparurent si rapidement qu'il n’y eut à instituer aucune thérapeutique.
D'après ce que nous venons de dire, les cas d'intoxication grave ne représentent qu'un nombre infime en comparaison de celui si considérable des traitements. D'ailleurs, la plupart du temps, ces empoisonnements s'expliquent soit par une erreur de dose, soit par une lésion organique duisujet Le mettant dans un état de moindre résistance. Pour cette raison, nous estimons pouvoir faire nôtre la conclusion de MM. Bishop et Brosius, que le chénopodium n’est pas toxique à dose thérapeutique. En présence des cas malheureux relatés, ces auteurs se sont demandé, sans pouvoir y répondre de façon formelle, si les variations de toxicité manifestées dans certaines circonstances par ce médicament, dépendaient de la pureté du produit, de son âge, des conditions dans lesquelles il avait été conservé, ou si elles étaient
dues à une idiosyncrasie du sujet.
En tout cas, il semble sage de n'utiliser qu'un produit absolument pur, de se méfier de son action chez les sujets atteints de lésions de l'appareil cardio-rénal et de ne l'employer qu'avec
prudence chez les enfants qui montreraient une sensibilité par-
liculière à son égard. Ce dernier point cependant estcontroversé.
L'ingestion du chénopodium a été, dans un certain nombre de cas, accompagnée d’une réaction de l'organisme, variable dans sa forme et son intensité, suivant les doses absorbées.
On a reproché au chénopodium de déterminer trop souvent des phénomènes désagréables chez le malade. Il faut reconnaître que, dans les premiers temps, lorsque l’on administrait des doses de 3 cc., les patients se plaignaient de certains troubles. Un vertige de courte durée, des tintements d'oreille, une légère surdité passagère et partielle, analogue à celle qui suit l'administration de la quinine, étaient parmi les plus fréquents. On notait assez souvent aussi des nausées, de la céphalalgie et des fourmillements aux mains et aux pieds, parfois une sensation de brûlure à l'estomac, des vomissements et de la diarrhée. Ces divers symptômes élaient tous de courte durée et la surdité à