CS? + 2 S'CK = CCI + 6.$S
IL est très facile de se le procurer. Gette substance présente, en outre, sur La plupart des anthelmintiques précédemment étudiés, l'avantage d'être bien meilleur marché.
Il. — Toxicité. Action physiologique.
Dès l’époque où on l’expérimentait comme anesthésique, des recherches avaient été faites sur la toxicité du médicament et sur les effets qu’il pouvait avoir sur l’organisme. Simpson le considérait comme un dépresseur du cœur plus énergique que le chloroforme.
En 1909, on signale un cas de mort due à l'inhalation de vapeurs du tétrachlorure de carbone chez une jeune femme de 29 ans, de tempérament lymphatique, qui avait utilisé cette substance pour les soins de sa chevelure. Un usage analogue en avait été fait antérieurement dans plus de 30.000 cas säns autre accident connu que deux évanouissements. Un autre cas d'empoisonnement est publié dans le Brilish medical Journal du 25 seplembre 1920. La victime était cette fois une jeune fille qui manipulait une peintüre où le tétrachlorure de carbone était incorporé. Il s'agit là encore d’un accident d’inhalation. Ce médicament peut, à la suite de certaines transformations, contenir des impuretés qui augmentent sa toxicité. Peut-être Le fait s'était-il produit dans les cas ci-dessus relatés.
M: Kohn-Abrest, qui à dressé une liste des substances entrant dans la composition des vernis, classées par ordre de toxicité
AT croissante, place le tétrachlorure-de carbone le premier, et le considère comme bien moins toxique que le chloroforme.
Dans un-rapport publié au début de cette année, Smillie et Pessoa disent qu'ils ont eu connaissance de plus de 50:000 traitements au tétrachlorure de carbone, administré aux doses les plus diverses et que, jusqu'à présent, aucun cas de mort due à l'ingestion du médicament n’a été signalé chez l'homme.
Lambert; dont la statistique comporte les traitements de 20.000 personnes, fait également remarquer que Le fait qu'il n'y eut aucune mort sur ce nombre, bien que Le CCI‘ fût administré par des assistants indigènes-relativement ineéxpérimentés, parle en faveur de l’innocuité du médicament.
Lorsqu'il est donné à dose thérapeutique, il n’occasionne pas de troubles alarmants. Ce que l’on peut noter tout au plus, c'est un léger vertige, quelques nausées, parfois de la somnolencé et encore cette dernière n'apparaît-elle qu'avec des doses déjà assez élevées. Ces symptômes sont d’ailleurs passagers. L'effet purgatif est généralement marqué. Quant à son action sur le cœur, elle paraît se borner le plus souvent à un ralentissement passager du pouls, de quelques pulsations, d'une durée de plusieurs minutes à quelques heures au plus. Tous les auteurs sont d'accord pour reconnaître qu’il ne produit pas sur l'organisme cette dépression générale qui semble accompagner fréquemment l'absorption du chénopodium.
Nous ne pouvons mieux donner une idée des phénomènes produits par l'ingestion du tétrachlorure de carbone qu'en rapportant la première expérience que Hall fit sur lui-même.
. Hall avala 3 ce. de tétrachlorure de carbone trois heures après un léger déjeuner. À ce moment, le nombre des pulsations était de 90. Quarante minutes plus tard, il était tombé à 78 avec une pression normale selon toute apparence. Mais laissons la parole à celui qui fut à la fois et l'observateur et le sujet de l'expérience : « Je fis, dit-il, mon travail quotidien au bureau dans la matinée et passai l'après-midi à faire l'autopsie de quelques chevaux. Les repas furent pris en temps et quantité habituels et je fis plus
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* d'exercice que de coutume. Après le traitement, pendant la journée, je fumai trois cigares et une pipe. Sept minutes après l'ingestion du médicament, j'eus une éructation de tétrachlorure de carbone et, pendant la première demi-heure, je ressentis dans l'abdomen une sensation de chaleur trop faible pour être appelée brûlure et qui disparut rapidement. Il n'y eut pas de constipation, le remède ayant apparemment un léger effet laxatif. » Après avoir reconnt que cette expérience confirmait en tout point celles qu’il avait faites sur les animaux, l’auteur ajoute : « Les anthelminthiques, en général, ne peuvent être pris avec une égale impunité. Après l'absorption de médicaments tels que thymol, extrait éthéré de fougère mâle, chénopodium, il est prudent pour le patient de se reposer au moins, de s'étendre si possible, et, préférablement, de garder le lit. »
Les seules intoxications qui aient été rapportées ont toujours eu une terminaison favorable. L CAE
Deux cas assez sérieux ont été cités par Smillie et Pessoa. I s'agissait d'ouvriers d’une plantation de café.
Dans le premier cas, les symptômes d° intoxication firent leur apparition trente-six heures après l’ingestion du médicament, le lendemain du traitement. Ce furent des douleurs dans la partie supérieure de l'abdomen, de la céphalée et et une courbature généralisée. Deux heures après, le malade était obligé de se mettre au lit. Le foie était perceptible au-dessous du rebord costal. La peau était sèche, mais il n'y avait pas de fièvre. On administra une purgation au sulfate de magnésie. Dans la nuit, un vomissement eut lieu. Le surlendemain du traitement, la céphalée avait disparu, l'abdomen était souple ; état subfébrile. Il se produisit une hématurie, et le microscope décela dans l'urine des cylindres granuleux. Ce sujet n'avait jamais eu d'hématurie antérieurement. Celle-ci persista quarante-huit heures, mais dès le quatrième jour après Le traitement, l'ouvrier avait pu reprendre son travail.
Le second cas d'intoxication est tout semblable au premier, l'hématurie en moins.
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ILest intéressant de noter que ces deux malades étaient des alcooliques notoires. IL est fort probable, en effet, que les ravages occasionnés sur le foie par l'alcoolisme avaient prédisposé ces individus à l'intoxication.
En raison de son analogie avec le chloroforme, il est permis de supposer que le tétrachlorure de carbone puisse produire chez l'homme la dégénérescence graisseuse du foie. On sait d'atlleurs que l’inhalation répétée de cette substance détermine un ictère toxique. |
Des autopsies pratiquées sur des condamnés à mort qui avaient absorbé de fortes doses du médicament avant leur exécution montrèrent fréquemment des lésions de dégénérescence. | graisseuse du foie, lorsque l’autopsie était faite peu de jours après l'absorption du tétrachlorure. Mais si l'autopsie était plus éloignée du traitement, les lésions hépatiques avaient déjà disparu « en raison du pouvoir régénérateur considérable que possède le foie ». Les lésions rénales au contraire, fréquemment constatées, ne rétrocédaient pas avec cette facilité. Comme preuve de ce que nous venons de dire, nous citerons les faits suivants :
1° Docherty et Burgess ont trouvé des lésions hépatiques à l'autopsie de deux condamnés à mort qui avaient absorbé du tétrachlorure de carbone;
2 Un condamné à mort avait pris, deux jours avant l'exécution, 10 cc. de tétrachlorure de carbone. À l’autopsie, Leach constatä de la congestion du foie et des reins;
3° Leach cite également le cas d’un condamné à mort dont l’autopsie fut pratiquée vingt jours après l'absorption de 12 cc. de CCI‘, et qui ne présentait aucune lésion hépatique.
Dans Le but de vérifier les lésions histologiques produites par l'intoxication, et de se faire une idée plus exacte de la toxicité du médicament, Pessoa et Meyer entreprirent un certain nombre d'expériences sur des chiens. Celles-ci ont montré que de faibles doses non répétées ne déterminaient pas de symptômes toxiques, lesquels ne se produisaient que si l'on répétait ces doses ou si . l'on administrait d'emblée une forte quantité {1 gramme par
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kilo de poids vif). Mais, alors même qu'elle ne déterminerait aucun symptôme capable de donner l'alarme, ni aucune lésion macroscopique, une faible dose de‘tétrachlorure de carbone, ne serait-elle que de 0 ce: 5 par kilogramme d'animal, est susceptible de produire une dégénérescence graisseuse du foie et des reins. Cette dégénérescence est beaucoup plus marquée si l'on redonne le traitement à de courts intervalles. Mais ces lésions ne sont pas définitives et, ainsi que nous l'avons dit, elles dispa-
raissent assez rapidement sur le foie, demandant de vingt à trente jours pour que le retour à la normale soit complet. Cependant, et c’est la conclusion de ces auteurs, il ne faut pas croire que, parce qu'une dose de 2 cc. provoque des lésions hépatiques chez le chien, la même dose provoquera forcément les mêmes lésions chez l'homme. Le chien est beaucoup plus sensible que l'homme à l'action du chloroforme sur le foie et, vraisemblablement, il doit en être de même vis-à-vis du tétra-
chlorure de carbone.
Nous voyons done que l'alcoolisme et tout ce qui peut diminuer l'intégrité du foie est capable d'attirer sur cet organe les effets nocifs du médicament ‘et de favoriser l'intoxication. En outre du terrain, d’autres facteurs sont susceptibles de modifier la toxicité du tétrachlorure de carbone.
Un repas pris avant ou immédiatement après le remède augmente l'absorption, favorisant par cela même l'intoxication, C'est dans ces cas que les symptômes désagréables accusés par les palients furent au maximum. Shillinger, qui avait ingéré 2 capsules de {ce.,5 de CCI* immédiatement après le repas de : midi, ressentit un vertige et éprouva de la somnolence.
La purgation a-t-elle une influence quelconque à ce point de vue? Les expériences le montrent clairement. Cependant, il importe de distinguer la nature de la purgalion employée. Hall et Pessoa prétendent que les huiles, et les corps gras en général, qui ont-tendance à séjourner dans l'estomac, pourraient y maintenir plus longtemps le tétrachlorure de carbone et déterminor des phénomènes toxiques (Hall ayant absorbé du tétra-
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chlorure de carbone mélangé avec du lait ressentit quelques : troubles qu'il n'avait pas éprouvés la première fois). Cependant,
les expériences sûr les animaux n'ont pas confirmé cette manière
de voir. Une purgation saline, au contraire, a un effet très heureux. On utilise habituellement le sulfate de magnésie, et Lambert déclare que depuis l'emploi systématique decette purgation, la céphalalgie à presque complètement disparu.
Expérimeuntalement, on a pu établir que Pabsorption était à son maximum, et par conséquent les symptômes toxiques particulièrement accentuées, lorsqu'il n’y avait eu aucune purgation, que l'absorption était faible quand la purgation avait été donnée préalablement. Au contraire, lorsque la purgation suivait l'administration du médicament à deux où trois heures, les patients n'accusaient presque aueun trouble et éiatent capables d'accomplir leurs occupations coutumières.
En terminant cette étude sur la toxicité du tétrachlorure de carbone et les troubles dont s'accompagne son ingestion, nous donnerons un aperçu de sa toxicité comparée chez lesditférentes espèces animales d'après les expériences de Hall. Ces expériences n'avaient pas tant pour but la détermination de la dose mortelle chez ces animaux que l’appréciation de l'efficacité du
L 27, ; médicament contre les parasites qu'ils hébergeaient. Les auteurs
ont noté cependant la dose toxique lorsqu'ils l'ont observée.
1° Les oies ont supporté sans trouble aucun des doses de 4 ce. par kilo de poids vif;
2 Les poules ont toléré 20 ce. par kilo de poids vif. La dose mortelle n’a pas été constatée. Il semble que les oiseaux, en. général, sont peu sensibles aux elfets nocifs du médicament,
3° Pour les lapins, la dose mortelle minima est comprise. entre 5 ce. et 10 cc. Des lapins qui avaient reçu 10 cc., 15e.
.et 20 ce. par kilo, sont tous morts, et la mort à été d'autant
plus précoce que la dose était plus forte ;
% Les chiens ont reçu 16 ce. par kilo de poids vif, sans. présenter autre chose que des troubles passagers; * 5° Les chats peuvent tolérer des doses de 8 cc. par kilo.
Cependant la dose mortelle ne doit pas être très supérieure à celle-ci, puisque quelques animaux sont morts après avoir reçu environ 9 ce. par kilo. É Se
Les expériences ont également porté sur les singes, les moutons, les bovidés, les pores et le cheval. Nous signalerons simplement que le porc est très peu résistant à l'égard de cette substance. Si l'adulte peut supporter une dose de 1 ce. 66 par kilo, la tolérance est moindre encore chez le jeune. Ce fait s'explique très bien, étant donné ce que l'on connaît des effets toxiques du tétrachlorure de carbone, par la fréquence de la cirrhose hépatique chez le porc. Les expériences sur le cheval n'ont pas été démonstratives, car un seul animal a subi le traitement etil en est mort; mais il s'agissait d'un très vieux cheval atteint de lésions chroniques de divers appareils. Mais de tous les animaux expérimentés, ceux qui ont été le plus sensibles à hintoxication sont les bovidés. Peut-être la division de l'estomac des ruminants en quatre poches favorise-t-elle l'absorption du médicament; en tout cas, cette intolérance coïncide avec cette‘ autre intolérance qu'ont ces animaux vis-à-vis de toutes les
substances volatiles.
IT. — Fosologie. Mode d’administration.
Au début de son utilisation, on administrait le tétrachlorure de carbone à la dose de 3 ce. C'est cette quantité qu'absorba Hall quand il expérimenta sur lui-même.
Cependant, beaucoup de praticiens ne s'en üinrent pas à cette posologie qu'ils considéraient comme trop timorée. Aussi en: vint-on bientôt à prescrire le médicament à des doses de 5 cc. ou même davantage. Certains, non seulement ne se contentaient pas d'accroitre le dosage fixé par Hall, mais encore préconisaient l’administration de l'anthelminthique à des intervalles très rapprochés, tous les deux ou trois jours où même quotidiennement. C'est ainsi qu Escobar conseille la technique suivante : faire prendre au malade 4 ce. de CCI* tous les Jours ou tous les trois jours, jusqu'à ce qu'il ait atteint Le total fabuleux