LA TUBERCULOSE OSSEUSE ARTICULAIRE ET JUXTA-ARTICULAIRE
Ce diagnostic, souvent très ardu est toujours très important à pos?r au point de vue du pronostic et en raison des sanctions thérapeutiques différentes que ces lésions comportent. |
L’arthrite tuberculeuse peut être difficile à différencier d’une lésion staphylococcique ayant retenti sur l’afticulation. Nous savons qu2 les abcès des os peuvent présenter dans quelques cas des lésions articulaires chroniques de tous types
depuis l'hydarthrose jusqu’à une véritable arthrite plastique
ankylosante. À prop:s de la communication du Professeur Lecène sur un abcès central du radius à staphylocoques à la Société d: Chirurgie lè vingt-trois Novembre 1927, M. Lance rapporte le cas suivant : Il s’agit d’un adolescent présentant un abcès à la fois épiphysaire et métaphysaire inférieur du tibia avec réaction articulaire ayant simulé au début une arthrite-tibio-iarsienne tuberculeuse. Immobilisé pendant trois ans à Berck et considéré comm? guéri il a fait une poussée aiguë ; opéré d'urgence on a trouvé du pus à staphylocoques. En effet, lorsque l’arthrite tuberculeuse ne se manifeste au début que par de l’arthralgie ou de la-limitation des mouvemenis son diagnostic est parfois très difficile et doit rester en suspens jusqu’à l’apparition de nouveaux symptômes.
C’ist alors surtout qu'un examen de l’état général s’impose. Il est presque toujours atteint, même chez les sujets d'apparence saine et robuste. Les jeunes sortent de fièvre éruptive (rougzole), les adolescents et les adultes toussent depuis un ou plusieurs hivers; ils ont maïigri et perdu l'appétit, leurs forc:s ont diminué, etc... Mais ces signes peuvent manquer quand la localisation articulaire constitue la première manifestation perceptible d’uns infection osseuse.
D'une façon générale, la douleur est beaucoup moins vive dans la tuberculose et n'existe pas la nuit; la gêne fonc- | tionnelle qui en découle varie av:c elle. é
Il y a une diminution d'amplitude plus grande dans les
mouvements, ce signe a une grande valeur et suffit, même
0 ce s&
isolé, à faire réserver 12 diagnostic et soupçonner une arthrite tuberculeuse au début (Tixier).
L'aitrophie musculaire et l’adénopathie (Gangolphe) comptent aussi parmi les symptômes de l’arthrite tuberculeuse. L'adénopathie a une importance séméiologique de premier ordre à cette phase où le diagnostic différentiel repose parfois sur des nuances très délicates. Elle ne permet cep:ndant pas d'éliminer complètement l’abcès osseux chronique ; le Professeur Lecène rapporte une observation d’abcès du fémur où l'atteinte articulaire entraînait une véritable ankylose et où il y avait des ganglions périphériques.
La radiographie aide au diagnostic. Alors que dans l’abcès osseux le contour articulaire est absolument normal et bien dessiné, où seule la lésion métaphysaire est visible et non son retentissement secondaire sur l’article, dans la tumeur blanche nous aurons des lésions véritablement articulaires : pincement de l’article et flou des contours.
Dans un grand nombre de cas, chez l'adulte et presque toujours chez l'enfant ces arthrites tuberculeuses sont dues à la propagation d’un foyer d’ostéite plus ou moins rapproché de l'articulation. Ces ostéites juxfa-articulaires tuberculeuses ont fait le sujet d’un rapport du Docteur Andrieu ds Berck à la Société d’Orthopédie. C’est ce rapport qui nous a servi de guide pour cette question et nous lui empruntons les éléments suivants :
Ces ostéites. juxta-articulaires peuvent être diaphysaires
# SAT ODEE ou épiphysaires et leur symptomatologie est au début très
variable.
Quelquefois rien n'attire l'attention et la lésion est une trouvaille radiographique soit due au hasard, soit qu'une épreuve symétrique faite pour comparaison ait révélé un foyer ignoré dans un os présumé sain. Cette insidiosité de début est un caractère clinique important qui s’oppose aux phénomènes douloureux souvent violents des abcès des os. Nous avons cependant vu qu'il pouvait en être de même dans ceite dernière affection.
Habituellement c:pendant Je malade présentera quelques signes. Ii se plaint de douleurs vagues exagérées par la fatigue, disparaissant pour quelques temps, reparaissant ensuite. Ces douleurs siègént aux environs d’un jointure, mais quand il s’agit de la hanche elles peuvent siéger au genou. L’articulation est légèrement gênée dans son fonctionnement, aux membres inférieurs la claudication est fréquente, intermittente comme la douleur elle disparaît comme elle au repos. Aux membres supérieurs le premier symptôme est plus souvint l’abcès que la douleur. Quelquefois même il passe inaperçu et c'est à l’occasion de l’ouverture d’une fistule que le malade vient consulter.
Quelquefois ce sont des symptômes plus ou moins aigus d’arthrite qui attirent l’attention.
A l'examen, on peut trouver une tuméfaction dure, il