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conservée dans quelques cas, on a vu parfois la rate complètement décolorée (Fontleroy), d’autres fois, rose tendre ou grise (Litten) ou blanc-grisâtre (Lenormand et Senèque). |
La capsule fibreusé entourant l'organe présente toujours un certain épaisissement, surtout marqué au voisinage de la collection suppurée. Elle est très souvent adhérente à l’un ou l’autre des viscères voisins.
On a décrit comme étant le siège le plus fréquent de l’abcès, le pôle supérieur de la rate, s'appuyant sur une opinion qui prétend que c’est au niveau de l’épiploon phréno-côlique, ou ligament suspenseur de la rate, qu’aura tendance à se localiser l'infection, en raison des tiraillements imprimés au tissu splénique, à ce niveau, qui créent ainsi une sorte de locus minor resistentiæ, d’origine traumatique. Estrade cite d’ailleurs 11 cas où l’abcès était localisé au pôle supérieur, alors qu’il n’en a trouvé que 4 au niveau du bord antérieur, 3 à la base, 2 sur la face externe et 2 au centre.
Le fait le plus intéressant, surtout au point de vue opératoire, est la fréquence d’abcès multiples, à localisations diverses, nécessitant l’ablation de l’organe. Le nombre de ces poches purulentes, peut être plus ou moins grand : Dœbbelin en a noté 5 dans le cas qu’il observa ; Lenormand et Senèque ont trouvé dans la rate de leur malade 2 infarctus suppurés et plusieurs autres en voie de ramollissement. Généralement, ils sont au nombre de 2 ou 3, et, d’après Michelson, l’abcès consécutif à une rupture est toujours unique ; l’abcès embolique est souvent multiple, mais les divers foyers peuvent confluer en un seul,
Le volume de ces collections est variable : Michelson admet que l’abcès intrasplénique ne dépasse guère les dimensions d’un œuf de poule, au delà il perforerait la capsule et s’extérioriserait, Ceci est loin d’être une règle constante. Nous avons trouvé signalé des abcès beaucoup plus volumineux, qui n’avaient pas dépassé la capsule de la rate ; il en était ainsi dans le cas rapporté par Mouchanoff, où la poche kystique contenait 5 litres de pus. Chez le malade de Tédenat, le fait est plus frappant ; la collection siégeait en plein paren-
chyme splénique et contenait un litre et demi de matière purulente.
Caractères du pus. — Cette suppuration peut présenter des caractères variés, suivant l’agent en cause et son origine traumatique ou embolique. C’est ainsi qu’on a trouvé du pus, tantôt séreux, tantôt épais, tantôt lié, crémeux, etc. Il peut être jaune, jaune-grisâtre, brun, chocolat ou rouge brun, lorsqu’avec les cellules de pus on trouve des cristaux d’hématoïdine indiquant qu'il y.a eu hémorragie ou embolie. I] peut être inodore, fétide, ou simplement d’odeur fade. Il présente, en outre, quelque intérêt dans l’étude de sa composition leucocytaire ; la rate étant un centre de production des mononucléaires, on pourrait prévoir une richesse en leucocytes de cette sorte plus grande que dans toute autre suppuration. |
D’après les rares cas où l’examen leucocytaire de ce pus a été fait, il résulte que les polynucléaires prédominent. On y trouve surtout des formes jeunes, à noyau fortement coloré et à protoplasme riche en granulations neutrophiles. Cette formule est donc analogue à celle des suppurations ordinaires. L’examen bactériologique peut être négatif comme nous l’avons déjà vu, mais le plus souvent il révèle la présence de germes septiques, bacilles d’Eberth, staphylocoques, streptocoques, pneumocoques.
Abcès séquestrants. — On observe fréquemment baignant dans le pus, des fragments plus ou moins volumineux, plus ou moins nécrosés, de tissus que l’examen histologique a montré être du tissu splénique. Ces fragments peuvent atteindre le volume d’un poing, ou au contraire, être si petits qu’ils peuvent alors passer dans la lumière d’un drain ; c’est ce que l’on a dénommé la boue splénique. Esau semble être le premier à avoir signalé ces abcès disséquants bien étudiés après lui par Kuttner. Finkelstein estime qu’ils représentent la moitié des abcès de la rate (54 %). On trouve, en effet, trés souvent signalé la présence de ces fragments, véritables séquestres intraspléniques (corps solides, demi-spongieux, gênant la sortie du pus), qui s’éliminent
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plus ou moins rapidement, prolongeant la suppuration pendant un temps quelquefois assez long et pouvant aboutir à la destruction totale de l’organe comme chez les malades de Rièse et de Bal. Ces abcès ne sont pas l’apanage de la rate, ils ont été décrits et observés dans d’autres organes : Glazer, Fertig, Langenbuch ont rapporté des observations d’abcès disséquants du foie. Lorvenhardt a observé un cas de pyélonéphrite à pneumocoque contenant un séquestre du rein. Quenu a signalé des abcès disséquants du pancréas. Mais on peut dire que c’est à la rate qu’on les observe le plus fréquemment.
Kuttner a pu reproduire expérimentalement chez ie lapin ces abcès disséquants, soit qu’il écrase le tissu splénique avec le doigt et injecte dans la veine de l'oreille une culture de staphylocoques, créant ainsi de véritables abcès traumatiques, soit qu’il injecte simultanément de l’huile dans l’artère splénique et une culture de colibacilles dans la veine gastro-splénique, réalisant ainsi artificiellement les conditions nécessaires à la formation d’abcès emboliques.
La suppuration splénique ne possède pas toujours de parois néoformées ; le parenchyme est découpé, anfractueux, aucune membrane pyogène ne le sépare de la substance purulente. Parfois il existe une enveloppe nette et régulière, formée soit de tissus fibreux, soit de tissus lardacés.