‹ Contribution à l'Étude des Abcès de la RateChapitre 30 sur 42 · COMPLICATIONS · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS

L'évolution de cette suppuration ne se fait pas sans amener la plupart du temps, quelques réactions des organes voisins. Nous avons trouvé noté, soit des lésions de péritonite adhésive périsplénique, voire même de péritonite généralisée, sans qu’il y ait eu rupture de l’abcès (Johanson), soit des lésions de congestion pulmonaire et fréquemment une hyper-hépatomégalie. Il est plus rationnel de rattacher ces altérations viscérales à la maladie causale, plutôt que d’en

faire des complications de l’affection splénique.

A côté de ces lésions à distance, on en trouve d’autres intimement liées à l’évolution de l’abcès, résultant soit de l’accroissement de la poche purulente, soit de sa rupture à l’extérieur de l’organe.

D’après les auteurs classiques, on observerait constamment des adhérences plus ou moins serrées et étendues, fixant la rate aux parois abdominales, au diaphragme, aux organes voisins, rendant ainsi son abord et sa libération difficiles. Il n’en est pas toujours ainsi, et dans de nombreux cas, nous avons trouvé noté la présence d’une rate absolument libre de toute adhé-

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rence (cas de Neugebauer, Johanson, Belloni, Moschini, Murphy).

Il semble que l’absence ou la présence de ces réactions fibreuses et inflammatoires tiennent à la localisation de la suppuration splénique. Dans les cas où l’on a trouvé la rate libre d’adhérences, la collection purulente siégeait en plein parenchyme ; au contraire, on a toujours signalé la présence de périsplénite adhésive, plus ou moins étendue, lorsque l’abcès était localisé vers la superficie de l’organe avec tendance à s’extérioriser. C’est d’ailleurs là un processus général de défense tendant à enkyster les lésions septiques et, par suite, à empêcher l’issue du pus dans la cavité péritonéale.

Ces adhérences relient la rate avec les organes voisins, aussi verra-t-on fréquemment l’abcès s'ouvrir dans l’un d’eux. Il peut perforer le diaphragme, gagner le tissu sous-pleural, ou la plèvre (Desplats), on l’a vu quelquefois donner lieu à un abcès pulmonaire (Law), d’autres fois s’ouvrir dans les bronches et provoquer une vomique (Mantell, Abadie).

Cette évolution vers la cage thoracique est rare, 12 diaphragme opposant une barrière résistante à la suppuration, et ne s’observe qu’au cours d’abcès chroniques. Il est plus fréquent d’observer la rupture de la poche splénique, soit dans la cavité péritonéale, soit dans un viscère voisin : Litten a trouvé, à l’examen des viscères de son malade, l’abcès ouvert dans l’estomac ; dans les cas rapportés par Jacquinelle et Brown la rupture eut lieu dans le côlon ; Harrington a observé une communication de la poche purulente avec le bassinet. Nous citerons encore, pour être complet, les différents cas que nous avons trouvé réunis dans la thèse de Grand-Moursel, Dans une observation de Schlicting, lPabcès s’ouvrit dans le vagin ; dans une autre, de Delmas, le pus pénétra dans le bassin sur les côtés du rectum, en suivant la direction du psoas ; dans une troisième, rapportée par Assolant, le pus Se fit jour audessous de la mamelle gauche. Carvel et Frerichs ont trouvé l’abecès communiquant avec la veine splénique. Enfin, Grotanelli a vu le pus fuser dans l’uretère.

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