VII: OBSERVATION
(Journal des Praticiens, 1901, Docteur RenauLr.)
Au cours d’une uréthro-cystite blennorrhagique, apparut chez un homme de 42 ans, au niveau de la partie préputiale du raphé médian du pénis, une tuméfaction rouge, douloureuse à la pression. À la partie antérieure de cette tumeur existait un orifice par où la pression faisait échapper un peu de pus bondé de gonocoques. Mais, ce qu’il y a d’intéressant dans le cas particulier, c’est que l’abcès ne s’est montré que deux mois après la récidive d’une urcéthrite.
Ces abcès sont toujours consécutifs à l’infection gonococcique du canal de l’uréthre : ils apparaissent tantôt au moment où l'infection uré-
PE À dites thrale est le plus accentuée, tantôt, au contraire, dans la période subaïguë.
Les cas signalés sont assez nombreux; cependant nous pouvons les considérer comme relativement rares, par rapport au nombre élevé de chaudepisses observées ; peut-être devons-nous cette rareté à l'efficacité des traitements employés contre l'infection uréthrale.
Les abcès de la face inférieure du pénis sont plus volumineux que ceux du frein. Situés sur la ligne médiane, ils forment tantôt une tumeur arrondie, bien limitée, tantôt une tumeur aplatie et diffuse. D'habitude, ils évoluent rapidement et font saillie de bonne heure sous la peau, ne gênant à aucun moment l'émission de l'urine.
Les phénomènes d'infection générale sont très rares ; on observe simplement une douleur vive, pouvant causer de l'insomnie et un certain degré d’inappétence.
La déformation de l’organe n’existe guère qu’à la face inférieure, qui présente une surface légèrement bombée ; l’inflammation peut cependant retentir sur la face supérieure de la verge et sur le prépuce, qui se laisse distendre.
Mais de quelle nature sont ces abcès? Ce ne peut être évidemment des abcès folliculaires développés dans l’intérieurdes follicules del’urèthre. Englobés par la tunique érectile et fibreuse du canal, ils n'auraient pas de tendance à faire si facilement saillie sous la peau; de plus, nous ob-
FAQ serverions alors des troubles de la miction résultant de la compression du canal de l’urèthre.
Pour Renault, ils se développeraient dans un de ces canalicules que l’on rencontre parfois à la surface inférieure de l’urêthre et que l’on regarde comme des kystes dermoïdes.
Quant à nous, nous penchons pour le siège extra-folliculaire de l’abcès. Autour du follicule primitivement infecté, le tissu cellulaire réagit ; il s'œdématie ; ses éléments sont frappés de nécrose ; une collection purulente se forme ; mais cette collection serasuperficielle, péri-folliculaire, d’où cette double tendance à faire saillie de bonne heure sous la peau et à s'ouvrir spontanément en dehors, sans qu’ilexiste de trace de perforation de l’urèthre. Ce sont des abcès péri-folliculaires.
Mais, à côté de ces abcès à évolution rapide, nous pouvons en rencontrer d’autres qui affectent, au contraire, une marche excessivement lente : nous voulons parler des abcès chroniques, non récidivants. Nous avons tenu à les rapprocher, afin de bien établir les contrastes qui exIStent entre les uns et les autres.
Par leur évolution chronique, par leur adhérence à la paroi de l’urèthre, ils rappellent les folliculites qui constituent d'ordinaire des lésions essentiellement chroniques. Cependant, quoique Texamen histologique de leur paroi ne révèle point de trace d’épithélium, nous ferons des réserves sur la nature exacte de ces abcès ; on
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pourra, du reste, en juger d’après l’ DA suivante :