‹ Contribution à l'étude des abcès du pénisChapitre 25 sur 36 · XIII: OBSERVATION · texte numérisé non relu

XIII: OBSERVATION

(Bizcer. Thèse de Paris, 1877.)

X..., hussard, 20 ans, de constitution robuste, n'ayant eu ni uréthrite, ni syphilis.

Dans le courant du mois de juillet, il a des rapports avec une rôdeuse. Les premiers symptômes de la chaudepisse apparaissent quatre jours après. Il estaussitôt soumis aux balsamiques.

‘Le sixième jour de l’invasion, la verge se tuméfie, la peau devient rouge, chaude, tendue et douloureuse. Ecoulement moins abondant et moins épais; moins de douleurs aux mictions, mais érections plus douloureuses. Il survient en même temps un léger engorgement des ganglions de l’aine.

Les accidents inflammatoires marchent vite : quarante-huit heures après, la verge est déformée, présentant une tumeur oblongue légèrement bilobée, qui siège à la face inférieure du pénis et part de la racine des bourses, en remontant jusqu’au tiers antérieur de l'organe viril.

La tumeur est dure, du volume d’un œuf de poule, douloureuse, lancinante, semi-fluctuante à son cen-

Aron tre. Symptômes inflammatoires très violents (agitation, insomnie, sans fièvre).

L'incision est faite et donne issue à des flocons de pus crémeux lié et à beaucoup de sang.

Soulagement immédiat du malade; repos la nuit suivante. Depuis, diminution de volume de la tumeur, retour de la verge à ses dimensions normales.

L’urine a toujours suivi son trajet naturel.

Il serait intéressant de savoir la nature exacte de ces abcès; nous ne pouvons que faire des hypothèses. La paroi-inférieure de l’urèthre est tapissée sur toute sa longueur, nous le savons déjà, par un grand nombre de diverticules.

Est-ce directement autour des follicules enflammés que se sont développés des foyers purulents, ou bien s'agit-il d’une angioleucite réticulaire suppurée ? Billet semble pencher pour cette dernière hypothèse; il voit en effet, dans l’engorgement des ganglions de l’aine, une preuve de l’infection et de la suppuration des réseaux lymphatiques péri-uréthraux.

On peut très bien admettre cette dernière hypothèse ; les Ilymphatiques péri-uréthraux ont sans doute la même aptitude à s’enflammer que les superficiels, d'autant plus que rien ne s’oppose à ce qu'ils soient influencés directement par l’infection uréthrale.

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