XVII. de Cérenville. Revue médicale de la Suisse romande
Garçon 5 ans 1/2. Pyopneumothorax gauche.
Cause occasionnelle, exploration de la cavité. La thoracenthèse et l’'empyème n'avaient été suivis d'aucun accident.
Description clinique. Gris aigus, perte de connaissance, crise de convulsions toniques générales; lenfant est arebouté par l’occiput et les talons, les yeux déviés à droite, les pupilles dilatées. Deux minutes après, facies rouge, sueurs profuses.
Le tube est replacé un quart d'heure après. Quelques mouvements cloniques aux deux avant-bras, puis attaque tétanique très violente, incontinence fécale. A la suite, rougeur de la moitié de la face et de l'épaule correspondante. Nombreuses attaques convulsives. L'enfant ne reprend connaissance qu'une heure vingt après le début des accidents.
Terminaison : Guérison.
L'enfant mourut de méningite six semaines après les accidents.
Ces trois observations sont groupées dans la Revue de Jeanselme, en 1892, ainsi que l’observation XII.
XVIII MM. Apert et Pierre Vallery-Radot. Soc. méd. Hôp.
Albert R.…., âgé de 4 ans, est amené à l'Hôpital des Enfants-Malades, le 3 juin 1920, au matin, dans le service du Docteur Apert, pour une pleurésie soignée depuis un mois par un médecin. L'enfant était en nourrice depuis an et demi et se portait bien, — très joueur dit la mère, plein d'entrain sauf depuis un mois, — à ce moment il serait tombé
malade, aurait eu une angine accompagnée d’un peu de toux; les renseignements sont imprécis, la mère les tient de la nourrice qui gardait son enfant. Un médecin consulté n’a rien trouvé aux poumons ni au cœur; il prescrit un purgatif qui amena une abondante évacuation de vers longs, probablement des ascaris. Aucune maladie infectieuse, ni éruption dans l'enfance.
Depuis un mois, il paraît que l'enfant se plaignait du côté et portait souvent la main à sa poitrine. Finalement, la noutrice le voyant décliner, se refuse à le garder; les parents allèrent le chercher et le conduisirent à l'hôpital.
C'est un enfant robuste, bien constitué, nullement amaigri; le teint paraît normal, ni pâleur, ni cyanose; pas de dyspnée.
Température 37 degrés. A la percussion submatité des deux bases, principalement la droite. Vibrations thoraciques abolies. Légère diminution du murmure vésiculaire des deux côtés. On couche l'enfant sur un lit et on se prépare à faire une ponction exploratrice avec une aiguille fine en platine montée sur une seringue en verre de 2 centimères cubes. Le père et la mère sont invités à se retirer momentanément dans une annexe de la salle.
L'enfant alors est pris de frayeur; il crie, s’agite, on est obligé de le maintenir énergiquement, il est assis au bord du lit et une infirmière face à lui le maintient fortement; il se débat si violemment qu'une première aiguille enfoncée se coude, On refait une deuxième piqûre qui ramène une petite quantité de liquide séreux, très fortement coloré, dont on tire quelques seringues. Quand l'enfant est replacé étendu dans son lit, on est frappé de sa pâleur livide, puis il vomit sans effort quelques gorgées de bile; on le flagelle, et pourtant il reste inerte. Sa face est très pâle, couverte d’une sueur froide, le pouls est impossible à sentir, en même temps la respiration est très irrégulière, suspirieuse et finit par
s'arrêter complètement. Les yeux se révulsent, les pupilles se dilatent, la face devient livide; les extrémités sont froides; les membres inférieurs se raidissent et son animés de petits mouvements convulsifs et malgré le traitement mis en œuvre dès le début (tractions de la langue, respiration artificielle poursuivie longtemps, injections d’éther et d'huile camphrée, frictions et flagellations de la face et des membres), le petit malade succombe sous nos yeux.
Autopsie. Pratiquée le 4 juin au matin, exactement vingtquatre heures après la mort, ù
Le cadavre est couvert de taches violacées siégeant à la partie postérieure de la nuque, des épaules, de la région lombaire, des membres inférieurs et supérieurs et s'étendant sur les parties latérales, en somme sur toutes les parties déelives.
A l'ouverture un peu de liquide séreux s'écoule du péritoine. Les veines jugulaires antérieures contiennent du sang fluide avec quelques bulles d'air. Quelques adhérences pleurales de la languette antérieure du poumon gauche, faciles à rompre.
Dans la plèvre gauche liquide séro-hématique de couleur orangée, 200 grammes.
Dans la plèvre droite liquide présentant les mêmes caractères 320 grammes.
Le liquide des deux plèvres semble plutôt de l’'hydrothorax car les deux plèvres sont lavées par l’épanchement.
Pas de fausses membranes, pas de dépoli des surfaces séreuses. Seulement quelques adhérences lamelleuses du poumon gauche en avant.
Péricarde : Le feuillet externe est couvert d'une petite couche de graisse parcourue de vaisseaux congestionnés. Quelques cuillerées de liquide séreux moins rougeâtre que celui de la plèvre.
Poumons : Leur surface est blanchâtre et lavée par le liquide pleural; poumon droit, 160 grammes, rien de parti-