‹ Contribution à l'étude des accidents dentaires consécutifs aux malpositions de la dent de sagesseChapitre 27 sur 42 · EXTRACTION DE LA DENT DE SAGESSE · texte numérisé non relu

EXTRACTION DE LA DENT DE SAGESSE

Il faut pratiquer cette intervention avec le souci dominant de ne léser en rien la dent de 12 ans. En aucun cas les difficultés opératoires ne sauraient justifier sa mutilation, même légère, à plus forte raison son extraction.

Nous allons rapidement décrire l’acte chirurgical en insistant sur les détails qui permettent de respecter intégralement la dent voisine.

Dans un premier temps :

On fera une incision longitudinale de la muqueuse gingivale mesurant environ 2 centimètres et aboutissant en avant à la face distale de la dent de 12 ans. Puis contournant le collet de cette dent dans sa portion disto-vestibulaire on prolongera verticalement lincision de 1 cm. 1/2 sur la face externe du maxillaire.

On ruginera alors le lambeau de muqueuse ainsi découpé, pour mettre à nu la portion de table osseuse qui recouvre la dent en haut et en dehors.

Dans un deuxième temps :

On fera sauter à la gouge et au maillet toute cette portion d’os, en dégageant d’abord la couronne de la dent, puis en se rapprochant de plus en plus de la racine. La destruction de l’os ne doit porter que sur la région vestibulaire et sur le bord supérieur du maxillaire; elle ne doit jamais atteindre la partie linguale.

Il n’est pas nécessaire de dégager la dent jusqu’à l’apex.

En effet :

A) Après avoir bien dégagé la couronne et une partie de la racine, on peut essayer de luxer la dent en glissant un élévateur américain entre la dent et la table externe. Il faut exercer une pression très douce sans jamais forcer : on voit la dent se soulever et l’extraction se termine sans peine.

B) Mais souvent aussi, et c’est le cas le plus fréquemment rencontré dans l’étude qui nous occupe,

la dent de sagesse est coincée contre la dent de 12 «ns; il faut alors envisager deux cas cliniques :

a) La dent de sagesse bute contre la 2° molaire, mais sans la pénétrer. Il faut, après avoir bien dégagé la couronne et la partie haute‘de la racine, sectionner la couronne.

Pour ce faire le plus simple et le plus rapide consiste à appliquer un coup sec de maïllet sur un ciseau droit placé perpendiculairement sur la couronne; si on craint de déraper on peut auparavant faire une petite encoche à la fraise ou au disque dans laquelle on engagera le tranchant du ciseau.

On peut également faire la section au disque ou à la fraise, mais l’opération est alors beaucoup plus longue et beaucoup plus difficile.

Lorsque la couronne est ainsi coupée en deux morceaux on sort d’abord la portion qui touche la 2° molaire avec un élévateur; puis, la deuxième portion n'étant plus bloquée, on la fait progresser avec un élévateur droit ou on la tire en avant avec le davier à dent de sagesse et on la sort sans difficulté.

b) La dent de sagesse pénètre dans la 2° molaire, qui présente une cavité de carie.

Si on sectionnait la dent de sagesse en deux morceaux seulement, le fragment antérieur resterait bloqué; on ne pourrait le sortir qu’en traumatisant la dent de 12 ans.

Il faut alors couper la dent, non plus en deux, mais en trois. On fait une première coupure au niveau de la racine de façon que le plan de section soit

= 462 F orienté en bas et un peu en avant; puis une deuxième coupure sur la couronne, le plan de section étant oblique en bas et un peu en arrière.

On obtient ainsi trois tronçons : un antérieur coincé par la 2° molaire, un postérieur coincé dans l’alvéole et un moyen plus large en haut qu’en bas. On peut sans peine faire sauter à l’élévateur ce fragment moyen que rien ne retient. À ce moment le fragment antérieur peut être rejeté en arrière et extrait. Le fragment postérieur sort en dernier comme précédemment.

Telle est la technique opératoire normale qui doit présider à l’extraction d’une dent de sagesse horizontale.

Nous voudrions dire maintenant quelques mots d’une méthode que nous croyons assez peu connue : l'extraction en plusieurs temps.

1* temps : On place un arsénieux dans la 3° molaire.

2° temps : une huitaine de jours plus tard, quand la dévitalisation est opérée, on procède à une légère insensibilisation locale de la muqueuse en injectant quelques gouttes de novocaïne.

On découpe alors avec un disque ou une fraise une tranche de couronne et on fait sauter la portion ainsi libérée.

3° temps : Avec le temps la dent de sagesse continue à se mésialer; l’espace vide qu’occupait la partie de dent que nous avons fait sauter va donc être à nouveau occupé par une portion de couronne. À ce mo-

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