‹ Contribution à l'étude des accidents dus à l'évolution de la dent de sagesse supérieureChapitre 11 sur 25 · AIO TAN · texte numérisé non relu

AIO TAN

tout en s'appuyant sur cette notion première de l’infection locale due à Redier et Cornudet et sur les recherches bactériologiques de Galippe, invoque, pour expliquer l’infection du sac folliculaire, des conditions anatomiques spéciales à la dente de sagesse inférieure.

La muqueuse gingivale se relève sur les faces latérales de la deuxième molaire, pour se continuer, par une courbe à concavité antérieure, avec la muqueuse lâche et mobile qui va s’insérer derrière la tubérosité maxillaire. Cette muqueuse peu adhérente au périoste se laisse soulever par la couronne de la dent de sagesse et permet ainsi la formation d’un capuchon muqueux, qui n’oppose pas d’obstacle à l’ascension de la dent, mais favorise la persistance du sac folliculaire. Entre ce bourrelet muqueux ét la face postérieure de la deuxième grosse molaire, existe un culde-sac, le cul-de-sac rétro-dentaire, au niveau duquel viendra s'ouvrir la cavité du sac folliculaire de la dent de sagesse, par suite de l’obliquité constante de cette dent qui vient toujours buter plus ou moins haut sur la face postérieure de la deuxième molaire. Les microorganismes contenus normalement dans le cul-de-sac rétro-dentaire gagneront le sac folliculaire de la dent de sagesse. Dans celle-ci, transformée en cavité close par le moindre gonflement de la gencive, ils exaltent leur virulence et peuvent, par suite, produire des ulcérations qui sont ainsi, non la cause, mais la conséquence de cette pénétration des germes microbiens.

Cette ouverture de la cavité folliculaire peut être réalisée également par l'extraction de la dent de 12 ans, dont l’alvéole libre pourra mettre en commu-

nication avec le milieu buccal une dent de sagesse même profondément incluse. De toute façon, cette ouverture, même non apparente, est constante, et c’est ce qui explique les lésions de carie, les dépôts de tartre constatés sur des dents de sagesse extraites avant leur apparition au-dessus dé la gencive. Des accidents reconnaisssant des conditions pathogéniques identiques peuvent se produire au niveau des première et deuxième molaires, mais la rapidité de leur éruption, leur obliquité moins accusée et l'impulsion physiologique plus grande qu’elles donnent au développement de la région périphérique, amènent la dispari- | tion plus rapide du bourrelet muqueux et créent des conditions beaucoup moins favorables à la production des accidents.

Cette ingénieuse théorie pathogénique de Capdepont fait encore autorité en la matière, et suffit certainement à expliquer la plus grand majorité des cas d'accidents causés par la dent de sagesse inférieure.

Mais, les conditions spéciales qu’il met en cause ne se retrouvant plus au maxillaire supérieur, cet auteur n’admet pas la production d’accidents semblables au niveau de la dent de sagesse supérieure et classe tous ceux qu’il lui a été donné de constater dans le cadre des ulcérations dentaires banales, dues à l’éruption de cette dent en position anormale.

Il se produit bien cependant, au niveau de cette dent, des véritables accidents d'évolution, et, bien que n'étant pas déterminée de la même manière, l’infection de la cavité folliculaire sera bien la cause déterminante de leur apparition. -

ss 0 7

Moty, au contraire, admet que les accidents sont aussi fréquents au maxillaire supérieur qu’à l’inférieur, et qu’ils sont seulement moins graves.

Pour expliquer la production de cette suppuration « naissant dans la profondeur, sans que l’on puisse trouver la voie d’accès des germes extérieurs », Sans que le manque de place puisse être incriminé, puisque les accidents se produisent même en l’absence de la deuxième molaire, il les rapporte à la présence, au niveau de la dent de sagesse, de débris épithéliaux analogues aux kystes à épithélium proliférant de Malassez. Ces débris épithéliaux qui seraient, selon lui, des rudiments épithéliaux d’une quatrième molaire et constitueraient la manifestation d’une anomalie par excès, auraient une tendance habituelle à la suppuration entre la vingtième et la trentième année.

Mais cette hypothèse est loin d’être vérifiée. Des amas épithéliaux analogues existent au niveau des autres dents et rien n’expliquerait leur tendance à la suppuration au niveau de la seule dent de sagesse. Ces masses épithéliales, qu’il compare à des kystes der-

moides, ne présentent pas, au surplus, d'aspect kysti-

que, et, même dans ce cas, il est inexact de dire qu’elles aient une tendance spontanée à la suppuration à une époque déterminée. Cette théorie, cepen-

/ dant, pourrait peut-être trouver son application dans

des cas d’accidents se produisant au niveau d’une dent de sagesse saine, dont l’évolution paraît normale, dans

un espace suffisant.

Page 1