‹ Contribution à l'étude des actions de la lumière sur le système neuro-végétatifChapitre 19 sur 21 · ESSAI D’INTERPRETATION · texte numérisé non relu

ESSAI D’INTERPRETATION

Si nous comparons nos recherches personnelles, et en particulier nos premières recherches classiques, à celles de Duhem, Biancani et Huant, nous voyons que la lumière semble agir comme régulateur du système vago-sympathique. Cette régulation paraît plus rapide avec les ultraviolets, mais elle est peut-être plus durable avec la lumière blanche.

Les rayons rouges et infra-rouges agissent moins nettement, Cependant nous avons pu observer après les longues séances d’infra-rouges, une inversion du R. O. C. ce qui nous permet de rattacher nos recherches à celles de Pellcgrino qui a constaté une inversion du R. O. C. chez des sujets normaux soumis aux bains généraux d'ondes courtes. Ces ondes, on le sait, font la transition entre la chaleur rayonnante et les -ondes électro-magnétiques ordinaires.

Pouvait-il en être autrement ?

Remarquons d’abord que tous nos résultats sont acquis avec des doses faibles, celles que l’on emploie en thérapeutique et dont, depuis longtemps, on connaît les effets bienfaisants sur la nutrition et l’équilibre végétatif. On sait, en effet, de longue date, que la vie à la lumière, sans excès, calme les excités et excite les déprimés.

Il est bien évident que l’homme étant appelé à vivre dans les milieux lumineux, il ne pouvait en être qu’ainsi : la lumière doit avoir un rôle régulateur sinon la plénitude de la vie naturelle entraînerait fatalement des déséquili-

bres pathologiques dans le sens de la sympathicotonie ou de la vagotonie.

Il est à remarquer que le rythme du système végétatif suit sans aucun doute le rythme de la lumière naturelle. Faut-il rappeler ici, à nouveau, ces faits bien connus et qui mettent en évidence une certaine libération du sympathique en l’absence de radiations lumineuses: la selle matinale de certains individus par exemple.

Si notre première catégorie de recherches nous paraît intéressante par la mise en évidence de l'effet régulateur de la lumière, la seconde partie, bien qu’à peine ébauchée, ne l’est pas moins, car elle nous permet de faire un utile rapprochement entre l’action de la lumière et les notions récentes de système cholinergique et adrénergique.

Les épreuves à l’acétylcholine nous ont permis de mettre en évidence une action absolument parallèle de cette substance et des ultra-violets en ce qui concerne :

1° Le ralentissement du pouls.

2° Les modifications du R. O. C.

Acétylcholine.

Chez notre premier sujet, le réflexe accéléré avant l’injection d’acétylcholine et avant les séances d’'U.-V. tend à devenir ralenti, c’est-à-dire normal sous l'influence des deux médications. L'action est cependant plus nette avec les U.-V. et il suffit d’une dose faible (5 min. + 5 min.) en bains généraux pour obtenir un réflexe nettement ralenti.

Chez le deuxième sujet, nous voyons que l’acétylcholine produit une diminution du ralentissement du R. 0. C., c’està-dire une tendance à l'accélération. Puis les rayons U.-V. appliqués chez ce même individu quand son R. 0. C. est légèrement accéléré, augmentent cette accélération. Les U.-V. et l’acétylcholine agissent encore dans le même sens.

Chez notre troisième sujet, un réflexe ralenti avant l’in-

Hi

jection devient accéléré après celle-ci, Le même sujet, soumis aux radiations U.-V. avec un réflexe indifférent, présente après la séance une nette accélération du R. O. C. et ceci pour 4 minutes en bains généraux.

Chez ces trois sujets, l’acétylcholine et les U.-V. agissent donc dans le même sens pour un même sujet, mais peuvent agir en sens inverse chez des individus différents

Adréenaline.

Chez notre premier sujet, l’adrénaline agit en sens inverse de l’acétylcholine et en sens inverse des U.-V. : le réflexe, indifférent avant la piqûre, devient accéléré après celle-ci, alors qu’il était ralenti chez le même sujet par les U.-V. et l’acétylcholine.

Chez le deuxième sujet, un R. O. C. accéléré devient plus accéléré après 2 + 2 minutes d'U.-V., tandis qu’il devient moins accéléré après injection d’adrénaline, Les ultraviolets agissent donc encore ici en sens inverse de ladrénaline.

Malgré le petit nombre des recherches ainsi effectuées (chaque sujet nous a demandé plusieurs heures d’observation), les faits retenus nous paraissent caractéristiques.

Nous voyons que chez des sujets normaux :

1° L’adrénaline agit en sens inverse des U.-V. à petite dose.

2° L'’acétylcholine agit dans le même sens et puisque le rôle régulateur des U.-V. est par ailleurs démontré, il semble que l’action de l’acétylcholine soit plutôt régulatrice.

On voit tout l'intérêt de ces constatations si on se rappelle que lacétylcholine peut déclancher la sécrétion d’adrénaline (page 17) par les surrénales.

Devant de tels résultats, nous serions tenté de franchir une dernière étape en admettant que les U.-V. déterminent

une libération d’acétylcholine dans l’organisme. Mais ceci constitue un autre problème pour lequel des recherches délicates seraient nécessaires et nous ne faisons que signaler la possibilité de cette action en laissant à d’autres le soin de continuer ces recherches. Signalons aussi que nous avons effectué toutes nos recherches sur des sujets normaux au point de vue neuro-végétatif et qu’il serait intéressant de continuer ces recherches sur des sujets nettement anor-

maux.

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