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LES TUMEURS OSSEUSES PRIMITIVES

Les tumeurs malignes osseuses primitives sont représentées par les sarcomes, puisque l’épithélioma primitif n’existe pas plus à la mâchoire, que dans le reste du squelette, étant donné que le tissu osseux ne contient pas d’élément épithélial.

Le sarcome du maxillaire supérieur présente de très variétés : les unes anciennes et qui paraissent aux modernes déjà désuètes, les autres plus récentes.

a) Variétés histologiques.

Elles sont extrêmement nombreuses et ont subi des variations non moins nombreuses au fur et à mesure de l’évolution de l’anatomie pathologique. . |

C’est ainsi que LEecÈNEe distinguait les sarcomes développés aux dépens des cellules du tissu conjonctif banal ; tels que sarcome fusocellulaire, sarcome à petites et à grosses cellules rondes ; les sarcomes développés au dépens du tissu conjonctif squelettogène (périoste, moelle osseuse, périchondré) tels que sarcome ossifiant, sarcome ostéoïde, chondrosarcome ; les sarcomes contenant des débris aberrants du tissu muqueux embryonnaire, tels que myxosarcome ; les sarcomes développés au dépens du tissu conjonctif réticulé et des cellules des organes Dephe tels que lymphosarcome, myélome, chlorome.

Trxrer et PareL distinguaient : les ostéosarcomes (les uns globocellulaire, les autres fuso-cellulaires), les endothéliomes, les myélomes et les chloromes. ;

- LenorMAND reconnaissait au sarcome des maxillaires cinq variétés histologiques : le sarcome globo-cellulaire, le sarcome fuso-cellulaire, le fibro-sarcome, le chlorome et l’endothéliome.

Gross (de Philadelphie) et Ed. Scawarrz puis MaucLarre adop-

taient la classification suivante : sarcome myélogène à cellules fusiformes, sarcome myélogène à cellules rondes, sarcome périostal à cellules rondes, sarcome périostal à cellules fusiformes, sarcome périostal ostéoide. ; ë

Ousrepanne distinguait les sarcomes encéphaloïdes ou globocellulaires, les sarcomes fasciculés ou fuso-cellulaires, les endothéliomes, les myxo-sarcomes, les chondro-sarcomes, les sarcomes osté-. oïdes et les sarcomes ossifiants.

À l’heure actuelle les anatomo-pathologistes adoptent une autre classification, ce qui permet à Bouême et Micuox d'écrire :

« La distinction en sarcomes globo-cellulaires et sarcomes fuso-cellu- « laires a vécu ; les premiers comprendraient des myélomes, des endo- « théliomes, tumeurs de nature disparate et non véritablement sar- « comateuse ; les seconds forment au contraire le groupe important «bien isolé des tumeurs, véritablement ostéoblastiques et seules « dignes du nom de sarcomes. » ©

C'est ainsi que RupPre reconnaît un sarcome qui correspond à l’ancien sarcome fuso-cellulaire des Classiques et d’où dérivent les ostéo-sarcomes, les sarcomes ostéogéniques des.américains ; un sarcome qui correspond à l’ancien sarcome globo- HUE des Classiques ; enfin des réticulo-endothéliomes.

Les Américains et l’école de Bordeaux, représentée par SABRAZÈS, JEanNeney et Marney-Corxar adoptent une classification qui comprend le sarcome ostéogénique, le sarcome d’Ewixe, l’angio-endothéliome, les endothéliomes multiples, les Hem les chloromyélomes, les fibro-sarcomes périostiques.

b) Variétés topographiques.

On a voulu aussi reconnaître aux sarcomes osseux des variétés topographiques et distinguer des sarcomes centraux ou profonds et des sarcomes périphériques.

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Rien ne semble moins exact que cette distinction, car « sous-périosté

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ou endostal à l’origine, le sarcome diffuse très vite, à tel point que sur la majorité des coupes il est impossible de reconnaître le foyer d’origine ; sur de bons clichés radiographiques, pris au début, l’envahisse-

ment n’est jamais limité. »

c) Variétés physio-pathologiques.

On a voulu enfin établir des variétés physio-pathologiques et distinguer le sarcome ostéolytique ou ostéo-destructeur du sarcome ostéo-blastique ou ostéo-formateur.

€ Cette distinction n’a rien que de relatif : le sarcome ostéo-génique « n’est jamais où tout l’un ou tout l’autre, mais un mélange des « deux... »

«Tel sarcome apparaît comme en majeure partie ostéo-blastique « qui, par places, montrera une fine désintégration osseuse et, inverse- «ment, tel sarcome qui se traduit en maints endroits par des géodes « confluentes, procède en bordure par des trousseaux denses, serrés, «opaques aux rayons X comme peut en donner le tissu osseux ou «calcaire. » À

Nous laisserons de côté, toutes les discussions que peuvent soulever tous ces problèmes anatomo-pathologiques, topographiques ou physio» pathologiques et qui sortiraient du domaine de ce travail.

Nous noterons du reste que si le sarcome du maxillaire supérieur n’est pas une rareté il ne paraît pas non plus être d’une très grande fréquence.

Porrossox et Bérarp, en 1899, présentèrent au Congrès de Chirurgie une statistique personnelle des plus intéressantes dans laquelle ils avaient colligé 371 cas d’ostéo-sarcomes : sur ces 371 cas, il en existait 9 localisés au maxillaire supérieur, soit un pourcentage de 2,42: %,.

Parmi les sarcomes du maxillaire supérieur, d’après Lexormanp, on aurait signalé 7 endothéliomes et 2 chloromes ou cancers verts d’Aran.

Personnellement, nous avons consulté une soixantaine d’observations de tumeurs du maxillaire supérieur, traitées dans. le Service d’Oto-Rhino-Laryngologie de M. le D' Huer à l’Institut du Cancer. Parmi toutes ces observations, il n’y en avait qu’une seule qui présentât les caractères histologiques du sarcome, toutes les autres étaient des épithéliomas.

Signalons enfin que lorsqu'il existe, c’est-à-dire, lorsque le contrôle histologique permet d’affirmer son existence, le sarcome du maxillaire supérieur est une tumeur à marche rapide, se rencontrant surtout chez les jeunes : il distend la joue, il efface le sillon naso-génien, il dévie la lèvre supérieure et remonte vers la racine du nez : (la narine

S à FA 2 \ : *E est oblitérée, et une fois la corticale rompue, toute la région est envahie par une tumeur bosselée, de consistance inégale, rénitente par place qui finit par s’ulcérer, après avoir entraîné des troubles de la mastication, de la déglutition et de la respiration. » Nous reproduirons ci-dessous une observation et une photographie

de sarcome du maxillaire supérieur, ayant-amené des modifications -

d’aspect du sillon naso-génien. - % è:: 2

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