‹ Contribution à l'étude des affections susceptibles de modifier l'aspect du sillon naso-génienChapitre 28 sur 147 · LE FURONCLE ET L’ANTHRAX · texte numérisé non relu

LE FURONCLE ET L’ANTHRAX

Le furoncle est, comme on le sait, l’inflammation suivie de nécrose d’un appareil pilo-sébacé. Cette inflammation et cette nécrose sont dûes à un agent pathogène bien défini : le micrococcus pyogènes de RosenBAcx ou staphylocoque doré. Ce sont les toxines de ce germe qui nécrosent les tissus. L’ensemble de la masse nécrotique prend le nom de bourbillon.

Quant à l’anthrax, il n’est que la reproduction en plusieurs exemplaires rapprochés du furoncle. Il est la nécrose de plusieurs appareils pilo-sébacés voisins. ForriN l’avait baptisé : « agglomération de furoncles » et TréLat lui avait donné le nom, resté classique, de « furoncle guêpier ».

Les furoncles et les anthrax du sillon naso-génien sont une rareté clinique. Ceci s’explique, du reste, par le fait que le sillon naso-génien est moins riche en appareils pilo-sébacés que les régions qui l’avoisinent, notamment : lèvre supérieure et aile du nez, encore que les furoncles et anthrax de l’aile du nez soient, eux aussi, relativement rares.

Nous avons personnellement rencontré un furoncle du sillon nasogénien au début de nos études. Nous n’en avons malheureusement pas conservé l’observation. Nous nous rappelons simplement quel . s’agissait d’un furoncle typique, mais, qu'étant donné sa situation,

nos aînés avaient attiré notre attention sur les complications possibles - dûes à son siège. ;

Quant aux auteurs qui ont traité des furoncles et anthrax de la face, nous n’avons pas le souvenir qu’il y en ait un seul qui aït publié une observation de furoncle où d’anthrax du sillon naso-génien.

Nous avons vainement recherché un exemple de cette affection tant dans la littérature qu’au Musée des Moulages et au Musée des Photographies de l’Hopital Saint-Louis. +

Beaucoup. plus fréquents sont les furoncles nés primitivement dans une région voisine et qui, du fait de leur développement, envahissent secondairement le sillon naso-génien.

C’est ce que Scecnrer a bien mis en valeur dans sa Thèse sur Le Traitement du furoncle de la lèvre supérieure.

« Le furoncle, écrit-il, débute par une petite saillie rouge, acuminée, centrée par un poil, prurigineuse. Rapidement la tuméfaction s’accroît, la base est dure, rouge ; le sommet présente une petite fissure. La tension est douloureuse : l’induration est souvent considérable. Elle remonte parfois sur l’aile du nez et la joue. »

En 1927, le docteur Capenar publie dans l’Hôputal un article sur le furoncle de la lèvre supérieure où il écrit : « une tuméfaction, si lègère soit-elle, dans le sillon naso-génien, constitue un signe d’alarme qu’il ne faut jamais négliger. »

Plus récemment encore, à la séance de la Société de Laryngologie des Hôpitaux de Paris du 20 mai 1935, Yves Lemaîrre ne présentait-t-il pas l’observation suivante :

« Un homme de 50 ans est entré dans le service le 2 mai 1935 et présentait un furoncle de l’aile du nez du côté droit...

Du point de vue local, toute l’aile du nez était le siège d’une du ration violacée qui diffusait en haut vers l’angle interne de l’œil droit et qui, en bas, distendait le pli naso-génien. »

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