‹ Contribution à l'étude des affections susceptibles de modifier l'aspect du sillon naso-génienChapitre 49 sur 147 · OBSERVATION IX · texte numérisé non relu

OBSERVATION IX

(In thèse de Dallet, Bordeaux 1920. Naevi miliaires télangiectasiques de la face (adénomes sébacés de BazzEer-PriNGLeE).

Adénome sébacé. ë

F. B.., sexe féminin, 11 ans.

Dumonr.

Enfant unique, née dans de bonnes conditions. Début à l’âge de trois ans dans le sillon naso-gènien gauche. Depuis lors, les lésions ont graduellement augmenté ; elles ont d’abord formé une plaque dans le sillon et depuis trois ans s’est fait une abondante dissémination.

Fillette intelligente et bien développée, non réglée. Sur tout le centre de la face sont dissiminées de petites lésions comme de minimes papules qui occupent le nez, la partie interne des joues, la lèvre supérieure; la lèvre inférieure et le menton ; elles sont particulièrement abondantes dans les sillons naso-géniens, et tout autour de l'insertion des ailes du nez, au point que, du côté droit, elles deviennent cohérentes et que, à gauche, elles confluent en une plaque large comme

un petit haricot, irrégulier, d’un rose jaunâtre, légèrement saillante, à surface finement mamelonnée, un peu grenue au toucher, mais souple et sans dureté, superficielle ou profonde. Tout autour, les éléments s’égrainent en nombre, sous forme de petites papules arrondies dont les plus petites, sont à peine visibles à la loupe, dont les plus grosses atteignent le volume dune tête d’épingle.

La lésion est d’une indolence absolue, limitée à la face et tend à s'étendre et à se multiplier Æ

20 Les adénomes sudoripares ou hidradénomes. — Ils siègent aux paupières et n’auraient donc à être décrits qu’à propos des affections du sillon naso-palpébral et non du sillon naso-génien.

b) Les épithéliomas cutanés.

Ici s’ouvre un chapitre fort intéressant de la pathologie du sillon naso-génien. Car c’est à la face que les épithéliomas cutanés sont les plus fréquents. Borrmann donne le chiffre de 93%. Ilest donc facile de comprendre que l’épithélioma intéressant la peau du sillon nasogénien n’est pas rare.

Il s’agit d’un épithélioma pavimenteux du type baso-cellulaire ou du type spino-cellulaire.

À propos de la pathogénie des épithéliomas cutanés, nous rappellerons cette phrase de LECÈxE :

€ IL est incontestable cliniquement et anatomiquement que l’épithé- ,lioma pavimenteux de la peau est très souvent précédé par une inflammation chronique souvent de très longue durée. »

Nous rappellerons également que, lors du Congrès du Cancer en 1923, M. le Professeur F. Lemaîrre insistait particulièrement sur le rôle des états pré-cancéreux dans la pathogénie des épithéliomas cutanés.

Enfin nous noterons que M. le Professeur PorrMaANx, dans un article de la Revue de Laryngologie de 1936, a insisté sur le rôle des inflammations dans le développement des épithéliomas de la face. De plus, il considère que la région naso-orbitaire (notons en passant

que les photographies publiées dans son article prouvent qu’il attache un sens très vaste à cette dénomination de naso-orbitaire et qu'il y fait rentrer le sillon naso-génien) est une région d’élection du cancer de la face. Mais pour lui, le cancer cutané n’est qu’une forme de début du cancer du massif facial supérieur. Il pense que celui-ci peut en effet débuter soit par une forme sinusale, nasale, hémorragique, névralgique ou alvéolo-dentaire soit par une forme cutanée.

Fig. 19. — Épithélioma cutané.

Collection Brocq-Hôpital Saint-Louis.

Quoiqu'il en soit, nous venons de le montrer, l’épithélioma*est une affection fréquente du sillon naso-génien dont nous trouverons des exemples dans notre observation X et notre figure XIX.

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