‹ Contribution à l'étude des affections susceptibles de modifier l'aspect du sillon naso-génienChapitre 56 sur 147 · OBSERVATION XIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIV

‘(In Bulletin de la Société Française de Dermatologie et de Syphiligraphie, 1937. p. 59. Communication de MM. Gouceror et Decorr. Séance du 14 janvier 1937).

Bouton d'Orient du sillon naso-génien. >

La malade, âgée de 18 ans, habitant la ville d'Oran, vient consulter, le 7 novembre 1936, pour une lésion cutanée, lupiforme, siégeant sur le versant droit du nez à la partie moyenne, tout près de la racine du nez. Cette lésion, apparue en mars 4936, a la forme d’un placard saillant, elliptique, de 17 millimètres de longueur, de 12 millimètres de largeur, de 5 millimètres de hauteur. Sa coloration est rouge orange et l’épiderme est finement squameux sur la surface plane du

| , placard papuleux. Les bords sont très légèrement sinueux. La lésion est spontanément indolente et très légèrement sensible à la palpation. Elle est mobile sur ‘les plans profonds. La peau environnante est normale et l'on ne sent pas d’adénopathie correspondante. + A la vitro-pression, on aperçoit une nappe diffuse, couleur sucre d’orge. L'état général est excellent : pas de température, pas de lésions viscérales. Le début remonte à mars 1936 : une brûlure par cigarette a précédé l’apparition de la lésion et, peut être, a servi de porte d'entrée. Depuis six mois enfin,

Fig. 21. — Bouton d'Orient:

(Collection Générale-Hôpital Saint-Louis.)

la malade n'avait pas quitté Oran. Six mois auparavant, elle a été, à 110 kilomètres d'Oran, à Bou Hamfia où il n’existerait pas de cas de leishmaniose.

À la suite de cette brûlure, en un mois environ, sur le versant droit du nez, elle a vu une croûtelle se former, minime, très prurigineuse. :

Progressivement, en six mois, la lésion s'étend, se surélève, atteignant 5 millimètres de diamètre environ puis 10 millimètres. En même temps, elle ressent localement une petite douleur sourde, intermittente.

Malgré l'application de pommades à l’oxyde jaune de mercure, la lésion persiste. En fin juillet 1936, on la cautérise au thermocautère : elle ne suppure pas et, malgré cette ulcération thérapeutique, le cicatrisation s'effectue rapidement a une semaine. :

Un médecin pense alors à une chéloïde et essaie, le 10 août, un traitement par

le radium (3 mgr, 33 pendant 26 heures). Vers le quatrième ou cinquième jour, se produit une diminution passagère de la lésion. Mais bientôt, elle réaugmente à nouveau, elle s’élargit, s’aplatit, prenant, en octobre 1936, sa forme actuelle.

Depuis cette époque aucun traitement n’a été entrepris. La malade vient alors consulter le 7 novembre 1936.

Le diagnostic clinique de Leishmaniose est aussitôt fait.

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