LE PIAN
Le pian, encore appelé Framboesia Tropica, est une maladie tropicale qui porte différents nom : dans les colonies anglaises elle est connue sous le vocable de « yaws » ; au Brésil sous celui de «buba » ; à Ceylan sous celui de « parangi »: Cette affection est dûe à un spirochète voisin de la syphilis : le spirochaeta ou treponema pertenue ou pallidula de CasrEzLant, découvert par cet auteur en 1906.
Le pian évolue, comme la syphilis, en trois phases : période primaire, période secondaire, période tertiaire uniquement localisée sur les os et qui prend alors le nom de goundou. Seules les périodes primaire et secondaire nous intéressent pour le moment : quant à la période tertiaire nous aurons l’occasion d’y revenir un peu plus loin au chapitre des affections osseuses.
a) La période primaire.
La période primaire du pian se caractérise par l’apparition d’une lésion locale initiale constituée par une petite papule unique qui devient saillante, qui s’exulcère par la chute de l’épiderme et qui se recouvre d’une croûtelle blanchâtre. Le derme bourgeonne à ce niveau et donne alors à la lésion l’aspect d’une framboise d’où le nom de Framboesia donné à la maladie. Cet élément initial, qui siège de préférence aux avant-bras et aux jambes, peut se rencontrer sur n'importe quelle partie du corps. Comme le chancre syphilitique il peut vraisemblablement siéger dans le sillon naso-génien. Néanmoins nous n’en connaissons pas d’exemple à ce niveau.
b) La période secondaire.
La période secondaire du pian, caractérisée d’une part par des signes généraux, est marquée d’autre part par l’apparition de l’éruption framboisique. Cette éruption est formée par de petites papules qui s’exulcèrent et se recouvrent d’une croûte jaunâtre, puis qui s’épaississent, deviennent saillantes, mamelonnées. Ces « framboises » sont alors constituées par les papilles hypertrophiées du derme qui sont à nu. Comme dans la syphilis secondaire il existe un ensemble d’élé-
er.
L'ASPECT DU SILLON NASO-GÉNIEN Le 65
ments disséminés sur tout le corps souvent en petit nombre. L’un de ces éléments peut très vraisemblablement siéger dans le sillon naso-génien mais le seul exemple que nous en connaissions, représenté par une cire du Musée des Moulages de l'Hôpital Saint- Louis est situé non pas dans le sillon naso- génien mais dans le sillon naso-labial. C’est pourquoi nous n’en donnerons ni la reproduction ni l'observation ici.
EM A EN RHINOPHYMA
Le Rhinophyma ou acné hypertrophique est une affection qui appartient en propre plus au nez lui-même qu’au sillon naso-génien.
Fig. 25. — Rhinophyma.
(Musée des photographies. Hôpital Saint-Louis.)
Mais il prend souvent un développement tel que le sillon naso-génien lui aussi en est modifié.
Nous nous contenterons de dire que le rhinophyma se présente sous l’aspect d’une tumeur bosselée et lobulée, souvent très volumineuse, de coloration rouge violacée, parsemée de points blancs ou jaunâtres
-qui correspondent aux orifices dilatés des glandes sébacées.
Histologiquement il s’agit d’une hyperplasie du tissu conjonctif
o Dumoxr.
avec dilatation des vaisseaux et d’une hypertrophie ou d’une dégénérescence kystique des glandes sébacées. |
Nous ne donnerons pas d'observation de rhinophyma mais nous
reproduirons une photographie montrant que cette lésion peut défor-
mer le sillon naso-génien. 2