V« EXPÉRIENCE
Le 10 novembre, avait été opéré un chien de 2 ans, sain et de taille moyenne.
Le gyrus sygmoïde du côté gauche fut enlevé. i5 janvier. — Pas d'albumine dans les urines. L'animal s'alimente et paraît gai.
28 janvier. — Crises épileptoïdes intenses.
L'animal bave. Son œil est hagard, ses pupilles sont égales. Tantôt couché sur le flanc, le chien est agité de convulsions cloniques, tantôt de convulsions toniques, lorsqu'il tente de relever.
29 janvier. — Nouvelles crises. L'animal mâche la paille, ne cherche pas à mordre, prend un aspect désespéré.
Les urines sont troubles, elles ne présentent pas de cylindres, mais elles renferment beaucoup d'albumine rétractile.
Température 390 — Cequi, chez un chien, n'est qu'une température normale.
3 1 janvier. — L'animal est électrisé pendant 35 minutes. Il témoigne sa douleur par ses grognements. Un courant descendant est établi le long de la moelle et au niveau de la région lombaire qui est restée indolore. Le malade cherche à se relever. Il semble renaître, se dresse sur ses quatre pattes, pour retomber bientôt sur son train postérieur.
Une heure et demie après, l'albumine est très abondante dans les urines.
i«' février. — L'albumine augmente, elle est tout à fait rétractile. L'animal succombe le 2 février, nous examinons ses reins. On y trouve à peine un peu de congestion. La capsule se détache avec facilité.
Nous avons répété la même expérience en excitant simplement le gyrus par l'électricité, l'animal a succombé sans présenter d'albumine dans ses urines.
Voici donc une lésion cérébrale qui a longtemps persistésansamenerdetroublesdanslasécrétionurinaire. Sous l'influence d'effets excito-moteurs, de crises épileptoïdes que le genre de lésion permettait de prévoir,
l'albuminurie est survenue et n'a fait que s'accroître jusqu'à la mort.
VIo EXPÉRIENCE
i6 janvier. — Sur un lapin sain et bien portant, qui ne présente pas d'albumine dans ses urines, on pratique ufle ouverture de la boîte crânienne du côté gauche. Il est ensuite fait une ablation de la substance corticale de toute la partie supérieure de rhémisphère. Par suite d\m mouvement inopportun du lapin, il y a, en même temps, lésion de la substance blanche, notamment des pédoncules cérébelleux.
L'animal présente des troubles moteurs surtout dans les deux membres du côté droit, principalement dans le membre antérieur, du côté de l'œil et de la face.
Lorsqu'il est tourmenté, l'animal fait des bonds désordonnés en décrivant des cercles parfaits.
Mort le 20 janvier.
A l'ouverture du corps, la vessie est revenue sur elle-même et renferme à peiné 3 ce, d'urine.
Il y a de gros flocons caillebottés d'albumine rétractile que décèlent le réactif de Tanret et la chaleur.
L'urine est alcaline ; ramenée à l'acidité, elle n'a ni odeur, ni saveur particulière.
L'expérience est répétée sur un lapin qui ne succombe que six jours après l'opération. Albumine assez abondante sur la rétractilité de laquelle on ne peut se prononcer.
C'est encore une lésion des centres nerveux qui produit ici l'albuminurie. Sans doute la lésion est grande dans cette expérience classique, mais les phénomènes de réaction fébrile n'ont pas eu le temps de naître et l'albuminurie paraît devoir être attribuée à une simple influence nerveuse.