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À MES JUGES

CONTRIBUTION A L'ÉTUDE DES AMYOTROPHIES SPINALES PROGRESSIVES ; AU COURS DA TABES

- Introduction

L’atrophie musculaire n'est pas un symptôme rare au cours du tabes. Après CRUVEILHIER, DUCHENNE avait pu constater une amyotrophie plus ou moins accusée dans 8 p. 100 des cas d’ataxie locomotrice.

DÉJERINE l’a observée d’une manière plus fréquente. La | proportion de tabès amyotrophique qu’il a relevée, atteint 2 20 p. 109.

On a classé ces atrophies musculaires en deux groupes qui diffèrent non seulement par leur localisation, mais encore par leur mode d'évolution et leur pathogénie. Dans sa monographie sur l’ataxie locomotrice, ToPINARD note déjà avec précision les caractères qui distinguent ces deux grandes variétés cliniques de l’amyotrophie tabétique: « Cette atrophie, écrit-il, survient dans des conditions très différentes. Dans l’une, elle frappe surtout les extrémités inférieures, c’est-à-dire les régions où la maladie existe depuis longtemps à son maximum. Il semble qu'alors cet accident soit plutôt un symptôme qu'une complication et qu'il se rapproche de l’atrophie consécutive aux paraplégies anciennes où à un repos prolongé des muscles. Dans l’autre,

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elle apparaît aux éminences thénar et hypothénar, puis aux interosseux du métacarpe, aux avant-bras, au grand dentelé et atteint un degré plus considérable que dans le cas précédent. La contractilité électro-musculaire diminue et finit par disparaître éntièrement. Ce qu'il y a de remarquable, c’est que son degré ne répond pas à l'ancienneté de la maladie, ni à l'intensité de lPataxie et de l’anesthésie dans ces parties. Toutes choses égales même, une fois apparue elle marche plus vite que la maladie sur laquelle elle est oreffée. Elle constitue alors une véritable complication: c'est une maladie nouvelle, l’atrophie musculaire: d'ARAX, qui apparaît et se développe parallèlement à l’autre ».

Plus récemment, les travaux de RayMoND et de PIERRE MARIE sont venus confirmer cette théorie en distinguant aussi ces deux grandes classes d’atrophies au cours du tabès.

D'une part, les amyotrophies tabétiques : ce sont des symptômes d’un tabès déjà ancien, souvent à la phase ataxique. Elles débutent insidicusement par les extrémités des membres inférieurs qu'elles frappent symétriquement ch y déterminant des déformations du type pied bot tabétique de Jorrroy. Elles ne s’accompagnent ni de contractions fibrillaires ni de réaction de dégénérescence des nerfs et des muscles. Leur évolution est lente et parallèle à celle du tabès. Pour DÉJERIKE, elles sont dues à des lésions névritiques, nous n’en parlerons pas car nous nous bornons à l'étude des atrophies d’origine spinale.

D'autre part, les amyotrophies syphilitiques évoluant chez des sujets atteints de tabès: Elles ont une origine spinale et sont dues à un processus de méningo-myélite syphihitique. Elles sont en tous points comparables aux amyo-

trophies qui se produisent chez des sujets syphilitiques

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