DIAGNOSTIC. — PRONOSTIC
De même que, ainsi que nousl'avons vu dans le chapitre précédent, on a peu souvent l’occasion d'observer des anévrysmes cirsoïdes à leur période de début. de même, et pour les mêmes raisons, on à peu souvent l’occasion d’en faire le diagnostie à ce moment. Pendant longtemps en effet, quelle que soit son origine, traumatique, angiomateuse ou spontanée, la tumeur se développe silencieusement, inaperçue de plus souvent du malade. Ce n'est que lorsqu'elle devient volumineuse, lorsque surtout elle présente des battements, que le malade s'en aperçoit et se décide à consulter un médecin. La première difficulté est done de différencier la tumeur cirsoïde d'avec toutes les tumeurs pulsatiles. Parmielles nous signalerons :
En première ligne, lanévrysme artériel simple. L'erreur nous paraîl difficile, vu les caractères physiques de la tumeur, qui est généralement bien limitée, à parois la plupart du temps rigides, à cause des caillots contenus dans le sac artériel, De plus la dilatation et surtout la flexuosité sont minimes, et en tout cas n'intéressent que rarement les branches voisines de l'artère lésée.
I faut ensuite éliminer les tumeurs érectiles, surtout les tumeurs-artérielles à battements. Si la tumeur est veineuse, le diagnostic se fera de lui-même, la tumeur ne
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présentant que rarement des battements. Si elle est arté-
-rielle, le diagnostic sera plus délicat. On les différencie,
pourtant, par l'absence dé dilatations artérielles périphériques, par le manque de varices veineuses efférentes. Et de plus (Auvray) dans langiome les battements sont moins forts, le soufffe plus doux, le thrill généralement absent.
Très difficile, par contre, est le diagnostic entre l'anévrysme cirsoide et l’anévrysme artério-veineux. On sait combien est grande leur similitude elinique. Existe-t-il un moyen de les différencier? Terrier, après Follin, indique un signe qui serait pathognomonique. Dans l'anévrysme artério-veineux, la compression en un point limité de la tumeur, correspondant à lorifice de communication entre l'artère el la veine, suspend le thrill et les battements. Iestévident que ce signe manquedansl'anévrysme cirsoïde, étant donnée l'extrêmeabondance des communications artério-veineuses, par le système capillaire dilaté. De plus, l'anévrysme cirsoïde est plus fréquent que l’ané-
vrysme arlério-veineux, il est souvent consécutif à un
angiome, est parfois douloureux, et s'accompagne de lésions vasculaires de voisinage quelquefois très étendues, autant de signes qui sont la plupart du temps absents ou peu marqués dans lanévrysme artério-veineux.
Exceptionnellement, l’'anévrysme cirsoïde pourra être confondu avec les dilalations serpentines des artères chez le vieillard. On nomme ainsi, dit Cruveilhier, ces dilatations vasculaires, si fréquentes chez le vieillard, et qui la plupart du temps sont symptomatiques de l'athérome artériel. Un premier caractère à noter est donc l’âge avancé des malades et d'autre part la présence de signes d'artério-sclérose et d’athérome en d’autres points de l'arbre circulatoire permettra de poser le diagnostic.
Le cancer hématode, a-t-on prétendu, peut être pris pour un anévrysme cirsoïde. Avec Terrier, nous croyons. l'erreur difficile, étant donné les caraelères de la tumeur, son irréductibilité à peu près lotale, son développement ordinairement rapide et douloureux, l’âge avancé des malades.
Enfin, l'anévrysme cirsoïde est à différencier de l’encéphalocèle. Cette dernière affection est généralement congénitale, landis que l’anévrysme cirsoïde l’est bien moins fréquemment. La tumeur est de plus mieux limitée, Siège
en des points déterminés du cràne, est moins variqueuse, et ne s'accompagne pas de dilatations serpentines des vaisseaux périphériques. (Auvray, in Nouveau Traité de Chirurgie de Le Dentu et Delbet). Parfois cependant les deux tumeurs peuvent coexister, d’où des erreurs possibles de diagnostic, suivant la prédominance de telle où telle affection. È |
Si maintenant nous étudions le pronostic des tumeurs cirsoïdes, nous sommes frappés par sa haute gravité. Comme nous l'avons vu, la marche de l'affection est généralement continue, parfois très rapide. Rarement elle reste stationnaire. Plus rarement encore elle est suivie de guérison spontanée, Mais l'accident qui vient le plus souvent compromettre la vie des malades est sans contredit l'hémorragie, qui peut emporter le patient soit immédiatement, soil à la longue, par suite de pertes sanguines minimes peut-être, mais trop souvent répétées.
L'étendue de la tumeur, son siège, l'intensité des accidents qu'elle provoque doivent également rentrer en ligne de compté dans la valeur du Ipronostie. On comprend, en effet, combien les moyens thérapeutiques deviennent plus restreints el plus dangereux, par exemple, s'il s'agit d'une tumeur volumineuse et très étendue. De plus, quel
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que soit le traitementemployé, la guérison n'est pas tou- Jours certaine ni complète, les phénomènes pouvant reparaître, quelquefois après un fort long lemps. C'est ainst qu'un malade de Dupuytren, opéré à deux reprises à 40 ans d'intervalle, vit les hémorragies se reproduire 30 ans après.
De plus, enfin, étant donnée la longueur parfois très grande du traitement, le malade peut succomber à une maladie intercurrente, surtout S'ilesttraité dansun milieu hospitalier où l'infection et la contagion peuvent se faire plus facilement.
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