‹ Contribution à l'étude des antigènes sanguinsChapitre 9 sur 42 · LE GROUPE O · texte numérisé non relu

LE GROUPE O

Le groupe O ne porle pas sur ses hématies les antigènes À et B, mais possède dans son sérum les agglutinines anti À et anti B.

En France, 45 % des sujets testés sont du groupe O. Sa fréquence est de 46,16 % dans la région toulousaine.

Mais si le groupe O ne renferme pas les antigènes À et B cela ne veut pas pas dire qu’il ne possède aucun antigène de ce type sur ses hématies.

I existe en effet un antigène O mais à cet antigène ne correspondent à l’état normal aucune agglutinine anti O dans le sérum humain.

Une agglutinine anti O, agglutinant les hématies du groupe O peut cependant être préparée à partir du sérum de certains animaux (bœuf, anguille).

Il semblerait que l’antigène O formerait le substratum globulaire des antigènes hématiques. Toutes les hémalies humaines possèdent donc à un degré variable l’antigène O (6).

Récemment, MorGax et WATKINS ont proposé d’appeler ce facteur antigène H pour démontrer qu'il s'agissait d’un antigène hétérogénique, non lié au groupe ©..Ceci paraît tout à fait légitime.

De ce trop bref exposé, nous devons retenir quele système À B O, grâce à des tests d’agglutination pratiqués avec des anti-sérums correspondants nous offre la possibilité de différencier six types de Sang différents, et cela suivant une technique de laboratoire relativement simple

(5) Op. citat.

(6) LAMBERT ([.). : L’'antigène ©, sa répartition et ses rapports avec les antigènes de groupe. Rev. belge Sc. med. janv. 1941 - 13 n° I, pp. 1 à 51.

que nous exposerons dans un chapitre ultérieur. Ces six Lypes sanguins désignés par leurs antigènes sont : ARENA BABA RB, O

Mais fait particulièrement important pour le médecin expert, la détermination de ces différents types est directement liée à l’hérédité et obéit à des lois génétiques Peine mement précises.

On désigne sous le nom de gènes, des formations intramucléaires permanentes, qui occupent un loeus déterminé dans un chromosome et conditionne le développement de « caractères héréditaires ».

Il existe des gènes dominants, c’est-à-dire qui correspondent à dés caractères héréditaires s’extériorisant dans tous les cas.

Il existe des « gènes récessifs », c’est-à-dire correspondant à des caractères héréditaires ne pouvant s’extérioriser qu’en l’absence de caractères dominants.

Le phénotype correspond à lensemble de caractères apparaissant chez un individu.

Le génotype correspond à l’ensemble des gènes possédés par un individu, donc à l’ensemble des caractères tant dominants que recessifs possédés par cet individu. Ces caractères récessifs pourront être transmis à sa descendance, même s'ils n’apparaissent pas dans le phénotype.

Tout génotype est formé par l’union de deux chromosomes, l’un paternel, l’autre maternel.

Soit un père de génotype W X, c’est-à-dire dont le génotype est constitué par les chronosomes W et X, ue tant respectivement les gènes W et X.

Soit une mère de génotype Y Z :

Le génotype de l’enfant issu de ce couple devra être obligatoirement :

W Y ou X Y ou WZ ou X Z, et cela suivant le chro- -mosome qui aura été emprunté à chacun des ascendants. Il s’agit là d’une hérédité simple.

Ces définitions étant posées, examinons les lois héréditaires présidant à la transmission du système A B O.

Il est actuellement démontré que les différents systèmes de groupes sanguins sont hérités indépendamment les uns des autres, donc portés par des chromosomes différents..

Dans le système A B O les gènes A’, A°, B, O, occupent le même locus chromosomique. Il y a monomerie ou

hérédité simple.

Il faut savoir que dans le système À B O, A’, A’etB

dominent O, qui par voie de conséquence est un caractère récessif, j el que A' domine A*.

Ces considérations permirent à BERNSTEIN (7) .de formuler les tois connues actuellement sous le nom de loi de BERNSTEIN : ces lois qui ont été revues en tenant compte des sous-groupes A! et A? peuvent être résumées ainsi (8) :

1° Les caractères A! et B ne peuvent apparaître chez les enfants s'ils n'existent chez l’un des parents ;

2° Ils peuvent cependant manquer chez l’enfant s'ils existent chez les parents ;

Exemple : Un père de génotype B O (groupe B) et une mère Ai O (groupe A!), peuvent avoir un enfant de génotype O O (groupe O) ;

3° Des parents de groupe O ne peuvent avoir que des enfants de groupe O ;

En effet, le groupe O étant récessif et dominé par tous les autres groupes, il ne peut se manifester que dans un génotype O O et à fortiori dans un génotype issu de deux génotypes OO et OO ; | |

4° Des parents A! B et A? B ne peuvent avoir des enfants de groupe O. Ceci n’est que le corollaire de la loi précédente.

Les lois de Bernstein présentent donc un grand intérêt médico-légal. Lorsque ces lois ne sont pas respectées, le médecin légiste est en effet en droit de conclure avec une certitude absolue à l’impossibilité de la filiation.

Sanchant donc qu’un sang,

At A:

— de phénotype A' peut posséder les génotypes AMEN AO

Page 1