TUE
rameau pourvu de feuilles opposées, ovales-arrondies et de fleurs pendantes en forme de clochettes, ce qui est fréquent chez les Thepetia. Il assigne à ces feuilles sensiblement les mêmes dimensions que pa OnrrA, 2 à 3 pouces de long (5 cm.,4 à 8 cm.) sur 2 de large (5 em.,4). « Le fruit, dit-il, est en forme de À, à trois faces, de la grosseur d’une petite châtaigne. [Il est vraisemblable qu'il s'agit du noyau, comme dans les descriptions antérieures, ou peut-être du fruit desséché qui, en cet état, épouse assez exactement la forme du noyau ; etnon du fruit frais qui n'avait pas dû parvenir en Europe.] Entre les angles inférieurs existe une crevasse qui pénètre profondément. Du sommet supérieur partent quatre sillons qui divisent la surface en quatre portions ».
Ces diverses descriptions, tant pour les feuilles que pour le noyau, semblent se rapporter à un seul et même arbre, mais elle ne permettent pas de discerner à quelle espèce d'Ahouaï elle s'appliquent.
Pisox (1) désigne sous le nom d’Ahoay deux arbres différents : l'un, Ahoay major, qu'il appelle encore Ahoayguaco, et dont le fruit est de la taille d'une châtaigne ; l’autre Ahoay minor ou Ahoay-miri, qui produit un fruit de la grosseur d'une noisette, Il ne donne aucun détail permettant d'identifier ces deux plantes,
En 1651, HERNANDEZ (2) décrit sous le nom d’Yecotli, un arbre également américain, dont les feuilles, dit-il, sont sillonnées de veines noirâtres et dont les fleurs sont jaunes et semblables à celles du Laurier-rose. Ce texte est accompagné d'un dessin représentant une fleur assez analogue à celle des Thevelia, un fruit élargi, pourvu d’une carène saillante, une feuille très allongée et étroite (comme celles de T'hevelia nertifolia et de Th. Yecotii) et munie de nervures secondaies assez prononcées, enfin des rameaux dressés, terminés par des bouquets de feuilles serrées les unes contre les autres, ;
(1) G. Pison. — De Medicina Brasiliensi. Lugduni Batavorum, 1648, livre III, p. 49.
@) Franc. HERNANDEZ.— Rerum Medicarum Novae Hispaniae thesaurus sive plantarum Mexicanarum hisloria. Romae, 1651, p. 443,
Noires
I s'agit donc d'une plante différente de la précédente, HERNANDEZ la range parmi les Rhododendrons, et dit que son fruit, divisé en deux valves, ressemble à celui de la Bourse-
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F16. 3.— Yecolli ou Joyole, d'après HERNANDEZ (1651).
à-pasteur. Ici encore, il s’agit probablement du noyau, dont la forme triangulaire et aplatie rappelle, en plus grand, le
fruit du Capsella.
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PLukenErT (À) croit pouvoir rattacher l'Yecotli aux Nerium. Il le désigne comme « Werio affinis angustifolia lactescens, flore luteo, Americana ». Il donne de la fleur une figure assez semblable à celle de HErRNANDEZ, mais dans laquelle le tube de la corolle semble en partie fermé à l'intérieur. Les feuilles qui accompagnent cette fleur sont longues et étroites comme les précédentes et pourvues de nervures secondaires très marquées.
L'Ahouai et l'Yecotli furent réunies par PLUMIER (2) en un seul genre, le genre Ahouai qu'il divise en deux espèces :
a) Ahouai Theveli, arbre à feuille de pommier ;
b) Ahouai Nerü folio, qui est l'Yecotli de HERNANDEZ. TournerorT (3) adopte cette même division et donne du genre Ahouai les caractères suivants : « Ahouai est plantae genus, flore monopetalo, infundibuliformi, multifido, ex cujus caiy ce surgit pistillum infimae floris parti adinstar clavi infixum, quod deinde abit in fructum carnosum, quodadmodo pyriformem, ossiculo fœtum fere trigono, nucleum condente. » Deux figures accompagnent cette description : l’une représentant une fleur fortement épanouie ; l’autre, un fruit coupé transversalement pour montrer la position et la forme du noyau. Ces deux organes sont très semblables à ceux des T'hevetia ; maïs ici, comme dans les descriptions de Baux, il est difficile de préciser quelle espèce l'auteur a voulu figurer.
En 1743, Linné (4) donna au genré Ahouai de ToURNErorT le nom de Thevetia et le rangea dans la classe V, Pentandrie, Monogynie, entre les genres Glaux et Cerbera.
Il attribue à ces deux genres voisins les caractères suivants :
(1) PLUKENET.— Almagestum bolanicum. Londini, 1696, Vol. 2, p. 253, et pl. 207, fig. 3. :
(2) Ch. PLUMIER.— Plantarum Am:ricanarum fasciculi decem. Amsterdam, 1755, Fasc. I, p. 10.
(3) TourNerOrRT.—- Instituliones rei herbariae. Parisiis, 1700, I, p. 567.
(4) CG. LINNÉ. — Genera planlarum, ed. IT. Parisiis, 1743, p. 75.
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Thevetia.
CaL.— Perianthium quinquepartitum, acutum, erectum, parvum, persistens,
Cerbera.
Perianthium quinquepartitum, acuminatum, erectum, parvum.
Cor, — Petalum infundibuli- Petalum infundibulifornre. forme.
Tubus oblongus.
Limbus magnus, quinque-
partitus ; laciniis obtusis,
Tubus clavatus.
Limbus, magnus, quinquepartilus ; laciniis lanccolatis,
planis, lalis, cum sole cum sole obliquis.
flexis. Nectarium os tubi terminans, 4 quinquangulare, erecto stellatum, quinquedentatum.
STAM. — Filamenta quinque, su- Filamenta quinque, subulata, in
medio tubi. Antherae erectae, conniventes,
bulata, intra tubum corollae. Antherae conniventes, in collo corollae.
Pisr. — Germen subrotundum, Germen glohosum. acuminalum.
Stylus simplex, longitudine Stylus filiformis, brevis. tubi. Stigma cordatum, Stigma capitatum.
acutum, bifidum.
Per. — Drupa orbiculata, de- Drupa maxima, subrotunda, car-
nosa, a latere sulco longitudinali excavata, bilocularis.
Nuces solitariae, ovatae.
pressa, parte centrali acuminala, unilocularis.
SEM. — Nux ovato-trigona.
Les principales différences entre les deux genres portent sur la forme des pétales, la longueur du style, l'aspect du stigmate et sur le fait que le fruit ne contient qu'un noyau simple dans les Thepetia et double dans les Cerbera.
ApansoN (1) divise la famille des Apocins en deux sections suivant que la fleur contient un ou deux carpelles. Dans la première section (fleur monocarpellaire), il range côte à côte le genre T’hevetia et le genre Ahouai, et, un peu plus loin, le genre Odollam qu'il identifie avec le Cerbera de Linxé. Mais les caractères qu'il attribue à son genre Fhevelia (Baie à deux loges avec plusieurs graines sphériques dans chaque loge) semblent se rapporter plutôt au Cerbera de Linxé, tandis que la description de l’Ahouaï (Baie à une loge avec
(1) ADANSON. — Familles des Plantes. Paris, 1763, IT, P. (71e
— pi
un seul osselet anguleux) semble s'appliquer au T'hevetia du botaniste suédois,
Vers l’époque où se produisit cette confusion, Liné revint sur le mode de division qu'il avait primitivement adopté. Dans le Species plantarum (1), il ramène tous les Ahouai en un seul genre Cerbera qui comprend les genres Cerbera et Thevetia du Genera plantarum. Ille divise en trois espèces : Cerbera Ahouaj (Ahouai Theveti TourNer., Ahouaj major, Pisox), Cerbera Manghas (Manghas lactescens Burm. et Manghas à fruit vénéneux Bayn.) et Cerbera Thevetia (Ahouai nerii folio PLuM.. Ahouai nerio aflinis PLUK.).
Cette classification a été adoptée par JacquiN (2), qui attribue au genre Cerbera les caractères suivants, parmi lesquels certains appartiennent à l'ancien genre Cerbera, d’autres à l’ancien genre Thevelia :
Caz, — Perianthium pentaphyllum, persistens, foliolis ovato-lanceolalis, acuminatis, patenlibus.
Cor. — Monopetala, infundibuliformis. Tubus erectus, calyce longior, desinens in faucem campanulatam. Limbus quinquepartitus : laciniis oblongis, apice lactescentibus, obtusis, semireflexis, obliquis, tandem revolulis.
Srau.— Filamenta quinque, brevissima, infra nectarium. Antherae oblongae, erectae.
Pisr, — Germen subrotundum, subbifidum. Stylus filiformis, compressus, longitudine staminum. Stigma subovalum, capitatum, magnum, apice bilido.
Per. — Drupa subrotunda, depressiuseula, nitida, in apice notata punctis duobus umbilicatis sulcoque transverso in eadem terminalo, hunc decussante sulco alterno obsoleto, carnosa, lactescens.
SEu. — Nux depressa, ulrinque producta in latera, obtuse et obsolete tetragona, sulcis decussantibus nolala, quadrivalvis. Nuclei solitarii.
Au texte estjointe une figure représentant des feuilles longues et étroites.
(1) C. LINK. — Species plantarum, ed. II. Holmiae, 1762-63, p. 303- 30/4.
(2) Jacquin. — Selectarum stirpium americanarum historia. Vindobonae, 1763, p. 48-49, pl. XXXIV.
À la suite de Linné, JAcQUIN ne considère les T'hevetia que comme une simple espèce de Cerbera, Cerbera Thevetia, à feuilles allongées et étroites, à fleurs jaunes, de grande taille, très odorantes.
Cette classification est adoptée par Fusée AuBLer (A), Lamarck (2) et A.-L De Jussieu, au moins dans son Genera plantarum (3). Dans ce dernier ouvrage, les trois T'hevelia connus à cette époque sont toujours rattachés au genre Cerbera (Plantes dicotylédones monopétales, corolle hypogyne, ordre XIV, Apocyneae) qui est placé dans la section III de cette famille {ovaire simple, fruit en forme de baie ou plus rarement de capsule), entre Ophioxylon et Carissa.
Quelques années plus tard, d’autres auteurs comme Ruiz et PAVON (4), PERSOON (5), DE Tussac (6) mentionnent ou représentent la plante qui nous intéresse en continuant à la ranger dans le genre Cerbera.
Entre temps, DE Jussieu (7) fit observer que ce mode de: groupement lui semblait arbitraire, car parmi les plantes du genre Cerbera ainsi défini, les unes. (Thevetia) ont un ovaire monocarpellaire, les autres (Cerbera) un ovaire à deux carpelles libres, alors que le genre tout. entier était rangé dans le groupe des Apocynées à ovaire simple. Revenant à
la conception primitive de LiINNÉ, DE JUssIEU proposa donc de conserver aux espèces à carpelles libres le nom de
Cerbera et de transporter ce genre ainsi délimité dans la « section des ovaires à double carpelle, à la suite du genre Ochrosia. » En même temps, les espèces C. Ahouai et C. Thevetia, dans lesquelles l'ovaire est simple, étaient réunies de nouveau sous le-nom générique de Thevelia.
(1) F. AuBLET. — Ilistoire des plantes de la Guiane françoise. Paris, 1775; |, D. 258. E (2) Lamarok. — Encyclopédie méthodique. Botanique. Paris, Liège,
782 pe L T0 (3) A.-L. 0e Jussieu. — Genera plantarum. Paris, 1789, p. 149. (4) H. Ruiz et J. Pavon. — Flora peruviana et chilensis. Madrid, 17987 1802, II, p.-27, fig: 153.
(5) PERSOON. — Synopsis plantarum. Paris, 1805, I, p. 266.
(6) F.-R. pe Tussac.— Flora Anlillarum. Paris, 1827, IV, t. 7.
(3) A.-L. DE Jussieu. — Sur les genres de plantes à ajouter... Ann,
du Muséum, Paris, 1810, 15, p. 345-348. «