‹ Contribution à l'Étude des Appendicites PostérieuresChapitre 16 sur 38 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

Cette variété d'appendicite comporte un pronostic plus orave que les autres variétés; sa position rétro-cæcale n'est pas un obstacle à l'infection de la grande cavité péritonéale, car nous avons vu que l’appendice peut être parfaitement libre et intrapéritonéal. Dans d'autres cas, il est vrai que la perforation de cet appendice reste relativement silencieuse quand elle se produit ‘dans un milieu parfaitement cloisonné par des adhérences et des limites naturelles, comme la paroi abdominale postérieure et le cæcum, mais cette perforation, passée presque inaperçue, forme un foyer infectieux qui déverse toxines et microbes dans la circulation, d'où les risques de complication à distance et de septicémies. Ro

Nous avons vu que l’appendice en cette position est exposé plus qu'aucun autre aux lésions de gangrène par suite de l’allongement et de la compression que subit son méso et de la gêne circulatoire considérable qui provient de processus infectieux surajoutés. 5

La symptomatologie souvent fruste de cette appendicite l’expose à être opérée trop tard, et par suite de l’accolement du cæcum et du côlon ascendant à la paroi abdominale postérieure, l’appendice se trouve plongé dans une atmosphère alluleuse qui se défend mal, où peuvent se produire facilement des fusées purulentes à partir d'un abcès appendiculaire. |

L'intervention est beaucoup plus difficile, beaucoup plus traumatisante, du fait du temps beaucoup plus long et de la difficulté que l’on a pour découvrir l’appendice, l’extraire

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sans dommage pour la grande cavité péritonéale, et la difficulté d'assurer l’hémostase.

Tout concourt dans cette affection à rendre le pronostic plus fâcheux; il serait certainement très amélioré par l'opération précoce (Jacobivicil) ou l'opération à. froid, mais cest surtout ici que le chirurgien se trouvera bien d'avoir opéré au moment convenable, et souvent il y a une forte part de chance; s’il opère trop tard, il s'expose à trouver des lésions qui ont déjà dépassé l’appendice, et qu’une seule intervention ne guérira pas ou ne fera qu'aggraver; s’il opère trop tôt, il tombe sur des lésions insuffisamment refroidies, où il aura la plus grande peine à trouver l’appendice, sans compter le risque de lancer des germes pathogènes dans la circulation et les lymphatiques, et d'ensemencer la grande cavité péritonéale, qui était jusque-là indemne.

(1) Jacobivici, Professeur de Clinique chirurgicale à Cluj (Roumanie).

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