RÉSUMÉ
En dehors des altérations pathologiques des artères, que l'on considère actuellement comme caractéristiques de la sénihté, il existe des modifications se produisant normalement sous l'influence de la vieillesse : modifications constantes, évolutionnelles et en rapport avec l’âge; il en résulte dans la structure histologique de l'artère, des changements de texture variant avec la composition normale du vaisseau adulte, et partant, avec l'animal considéré.
Ces modifications ne doivent pas être confondues avec les scléroses artérielles pathologiques, bien qu’elles aient pour caractère fondamental, l'hypergénèôse conjonctive ; elles s'en distinguent par leur répartition, leur mode de développement et leur action physiologique.
Pour distinguer la modification évolutionnelle de la lésion pathologique, le docteur Boy-Teissier dans sa conception de la sénilité en général, appelle Xérose cette hypersénèse conjonctive considérée dans l'ensemble de ses manifestations sur l'organisme sénile, je proposerai donc de distinguer sous le nom d'Artério-Xérose, la modification imprimée par la sénilité au système artériel.
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Les caractères de cette Artério-Xérose sont constants pour une même espèce. Chez l'homme et les vertébrés étudiés elle se manifeste :
1° Dans les capillaires, par un simple épaississement de l'enveloppe conjonctive périvasculaire sans altérations endothéliales ;
2° Dans les artérioles, par l’épaississement régulier et constant dela tuniqueadventice conjonctive, et par la délamination de la tunique contractile ; cette délamination consiste dans le développement hyperplasique de la trame connective entre les cellules musculaires de cette couche, de sorte que les éléments contractiles sont dissociés et finalement atrophiés par la production fibreuse régaliérement croissante ; quant à la tunique interne de ces petites artères, elle n’est pas modifiée, bien que parfois, la limitante interne montre des commencements de dégénérescence ;
3° Dans les artères musculaires qui présentent une endartère distincte, on observe, en plus de la modification des tuniques externe et moyenne que nous avons signalée dans les artérioles, un épaississement faible, constant et régulier de l’endartère, dû à une hyperplasie de l'élément fibrillaire connectif, dans la couche juxta-musculaire de la tunique interne, épaississement quise produit d’ailleurs sans aucune manifestation inflammatoire ;
4° Dans l'aorte de l'homme, l'artério-xérose se caractérise : & par un épaississement constant et régulier de l’endartére, dû à une hypergénèse fibreuse qui se manifeste dans la zone profonde de la couche muqueuse et surtout dans la zone moyenne de la couche striée où elle forme une bande claire caractéristique, enfin dans la zone profonde de cette même couche; b par la fragmentation des lames élastiques de la tunique moyenne et une hyperplasie con-
jonctive qui étouffe et raréfie les éléments contractiles inter-lamellaires, c par l’artério-xérose des vaisseaux nourriciers dans la tunique adventice.
Chez les vertébrés qui à l'état normal (jeune et adulte) ne montrent pas à proprement parler d'endartère, c'est-àdire ceux chez lesquels lendothélium aortique repose directement sur la lame élastique interne, l’artério-xérose se manifeste par l'apparition d’une zone conjonctive sousendothéliale. d'épaisseur constante et uniforme, proportionnelle à l'âge de lanimal. Dans la mésartère, l'hypergénése fibrillaire est constante et prédomine surtout dans sa partie la plus interne avec raréfaction des cellules contractiles et bouleversement des lames élastiques. Enfin dans l’adventice on observe, comme chez l’homme, la xérose des vaisseaux nourriciers.
En se rappelant les caractères de la xérose artérielle, généralisation à la totalité de l'arbre artériel, uniformité de répartition. absence de toute trace d'inflammation, innocuité vis-à-vis des tissus voisins, on voit qu'il est impossible de confondre, au point de vueanatomo-pathologique, ce changement de texture, avec la sclérose qui se reconnait toujours: à une endartérite où endartériolite constante, c'est-à-dire à un épaississement conjonctif irrégulier en dedans de la limitante interne avec nombreux noyaux jeunes au moins au début, à une mésartérite assez rare représentée par des travées fibreuses, irréguliéres, dissociantes, à une périartériteavec productions fibreuses irrésuliéres souvent énormes, dissociant sur son bord externe les éléments nobles de l'organe considéré en envoyant en divers sens des travées scléreuses destructives, enfin à une endo-périartérite des petits vaisseaux nourriciers (H. Martin).
Or
Avec ces éléments de comparaison, la distinction devient facile entre l’artério-selérose, état pathologique, et l'artérioxérose, résultant du processus évolutionnel normal, de l'involution sénile des auteurs. Mais, ordinairement, ces deux processus sont réunis et il est extrêmement rare, si non impossible, de rencontrer un vieillard surtout très àgé, dont le système artériel soit purement xéreux, sans traces de sclérose ; ce serait le sénile idéal ; il est de régle, au contraire, de rencontrer des vieillards xéreux chez lesquels le processus de sclérose évolue avec une intensité variable depuis plus ou moins longtemps.
Par conséquent, on se trouvera le plus souvent en présence de lésions combinées résultant du double processus
évolutionnel et pathologique, à l'examen d'un système
artériel sénile. Selon les antécédents du vieillard, ce sera l’un ou l’autre de ces processus qui prédominera et l’individu aura son système artériel plus où moins scléreux ; mais, à coup sûr, il sera toujours forcément xéreux et l'artério-xérose sera d'autant plus prononcée que la sénilité sera plus avancée.
Cest donc d'abord chez des vieillards peu àgés et bien entendu, mdemnes d'affections chroniques, qu’il faut commencer l'étude de la xérose artérielle ; il faut ensuite la poursuivre chez des sujets de plus en plus vieux, mais aussi peu entachés que possible, d'artério-sclérose, c'est-à-dire, chez ces rares vieillards qui conservent, malgré leur grand âge, l'équilibre parfait de toutes leurs fonctions : chez ceux-là seulement, on pourra espérer trouver les caractères anatomiques purement évolutionnels ou tout au moins associés à un minimum (le lésions pathologiques.
C'est ce que nous nous sommes efforcés de faire dans le travail que nous venons de présenter, nous estimant ‘heu-