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INTRODUCTION

De la lecture des travaux d’ailleurs assez rares sur la question par trop négligée de la sénilité, le fait le plus saillant qui se dégage, c'est l'unanimité des auteurs à faire du sénile, un malade.

Il est facile de constater qu'on s'est éloigné de plus en plus de la conception de la sénilité évolutionnelle formulée par l'auteur allemand Canstadt(') et que la sénilité au point de vue général, dégagée de tout état pathologique, celle qui par conséquent est exprimée par cet auteur sous les mots Involution sénile, a été complétement laissée dans l'oubli.

Il devenait intéressant de rechercher si le sénile par évolution normale simple, dégagé de toute conception pathologique, était un type dont la démonstration anatomique fût possible, et si on pouvait décrire une véritable sénilité évolutionnelle.

C'est à la recherche des modifications anatomiques par

lesquelles cet état peut se révéler dans le système artériel,

(1) Canstadt, Die Krankheiten des hoheren Allers.

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que nous consacrons ce travail, et nous allons nous efforcer d'établir quelles différences présente l'état anatomique de l'artère sénile, chez le vieillard qu'on pourrait considérer comme un sénile idéal, et chez le vieillard commun, celui que les travaux même les plus récents font encore regarder comme un type pathologique.

Cette question de la sénilité normale a été déjà nettement posée par le D' Boy-Teissier dans ses Leçons sur les maladies des vicillards(!) ; il en a trouvé et fait connaître une première démonstration anatomique dans un travail intéressant d'un de ses internes le D' Sesqués (?) qui, dans une étude approfondie du cœur sénile non pathologique, a montré l’évolution de la sénilité pure dans l'organe central de la circulation. I! nous a paru intéressant de continuer ces recherches de démonstration de la sénilité normale dans le système artériel, cette nouvelle série de recherches s'exphiquant par l'importance accordée jusqu'ici aux altérations cardio- vasculaires, dans les états pathologiques du sénile commun. Nous avons étendu nos recherches à divers types de vertébrés dont nous avons pu nous procurer quelques sujets d'âge avancé et sur lesquels nous donnons quelques renseignements succincts qui, ainsi qu'on le verra, confirment les résultats obtenus chez l'homme.

Si nous examinons, sous quelles différentes modalités on

(1) Boy-Teissier, Leçons sur les Maladies des vieillards. O. Doin, 1894.

(?) Sesqués, Contribution à l'étude du cœur sénile. Th. Montpellier, 1894.

a envisagé jusqu ici la question de la sénilité, nous constaterons qu'on a fait de l'artérite, sa lésion fondamentale, au point que, sénilité et artérite chronique sont souvent confondues dans le langage médical. En effet, tous les auteurs, dans ces vingt dernières années, pour étudier l’artérite chronique se sont presque exclusivement adressés à des séniles, et tous ceux qui ont fait une étude de la sénilité, se sont appuyés sur l'observation constante des lésions artérielles. Aussi, comme nous le disions plus haut, l'artérite est-elle devenue la lésion de la sénilité.

En contradiction avec ces idées, le D' Boy-Teissier, dans son service des vieillards à l'Hôpital Sainte-Marguerite, a eu l’occasion d'observer un certain nombre de séniles. à l’autopsie desquels on constatait l'absence de tonte manifestation pathologique artérielle, et nous avons eu nousmême l’occasion de faire avec lui plusieurs de ces observations. Elles ont été le point de départ des théories qu’il a développées dans son cours libre sur les maladies des vieiliards et qu’on peut résumer ainsi :

L'auteur, partant de cette idée que la sénilité doit être envisagée comme une simple phase de la vie, phase de décroissance comme l'enfance est une phase d’accroissement, et l’âge adulte une période d'état, cherche dans la seule évolution histique, une explication biologique de Ja sénescence. Dés les premiéres phases de la vie, la différen- ciation cellulaire est presque nulle, aussi les énergies vitales sont-elles au maximum de leur intensité; mais bientôt la

différenciation et la spécialisation apparaissent et dés ce

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moment la cellule perd en résistance ce qu'elle gagne en perfectionnement. L’inégalité de différenciation dans les tissus entraîne des différences dans les résistances et le tissu le moins différencié sera aussi celui chez lequel l’énergie vitale persistera le plus longtemps. La sénescence sera donc la période pendant laquelle les éléments hautement différenciés, mais doués d'une faible énergie vitale, verront leur coefficient de résistance s'affaiblir progressivement, tandis que les éléments moins différenciés continueront leur mouvement vital avec la même intensité, au point de se substituer aux premiers dans des proportions variables suivant l'âge. Le tissu conjonctif représentant l'élément le moins différencié, on le verra prendre nne prédominance marquée et constituer une caractéristique primordiale de l'état sénile. Il en résultera, dans l'organisme, des changements de texture dans lesquels l'élément conjonctif prend une importance d'autant plus grande que l'involution sénile est plus avancée. C’est cette modification que le Dr Boy-Teissier a appelée la Xérose (!) cherchant à éviter par ce mot toute confusion avec le terme Sclérose jusqu'ici appliqué aux productions conjonctives d'ordre pathologique.

Avec cette prédominance de l'élément conjonctif, on observe une diminution proportionnelle des activités organiques, si bien que, en dernière analyse, le vieillard, an point de vue physiologique se trouve dans un état d’amoin-

(1) De ÆErnpôo, dur.

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