‹ Contribution à l'étude des arthrites suppurées dans la maladie de ParrotChapitre 16 sur 30 · EE · texte numérisé non relu

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flexion. Mais on ne constate pas d'empâtement au niveau de

l'articulation ou des os voisins.

Observ. IL. — Epaule droite.

La température oscille aux environs de 380-390 paraît-il.

Ce jour-là elle était de 3706.

L'enfant est normalement constitué. Poids 4 kgr 350 La

R. Demailly 3

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rate est un peu augmentée de volume, mais il n'ÿ a ni gros foie, ni adénopathie sus-épitrochléenne, ni coryza, ni lésions cutanées, ni de malformations. L'enfant vomit après chaque têtée depuis sa naissance. Il est constipé. Depuis quelques jours, il boit beaucoup moins bien.

On pratique une ponction de l'articulation de l'épaule droite. On retire un centimètre cube de pus jaune, mal lié. | L'examen de ce pus sur lames ne montre aucun microbe.Rien ne pousse après son ensemencement sur les milieux usuels. On met l'enfant aux frictions mercurielles.

Le 8 octobre 1926, l'enfant a eu trois frictions, M. Marfan revoitle malade. Son état s'est très légèrement amélioré. L’articulation est un peu moin grosse, la température est à 3705. |

Le 16 octobre, l'enfant a eu 8 frictions. Son état est nettement amélioré. L’articulation est encore grosse mais moins douloureuse. La cuisse gauche est moins immobile.

Le 20 novembre : l'épaule craque encore, mais l'enfant remue bien le bras et la cuisse. Il porte la main à la bouche. On remet l'enfant aux frictions. Le 27 novembre : l'enfant remue bien son bras et son membre inférieur. Il a eu en tout trente frictions.

La guérison complète, sous l'influence du traitement spécifique, de cette arthrite purulente compliquant la maladie de Parrot est d’autant plus remarquable que l'examen radiologique montrait des lésions profondes de l'extrémité supé-

rieure de l’humérus. (Voir les radiographies.)

ou

OBSERVATION IV (Personnelle).

(Recueillie dans le service de M, le Professeur Marfan).

Ach. Georges, né le 30 septembre 1923 est amené à l'Hospice des Enfants-Assistés le 1er octobre 1923. Sa taille est de 47 centimètres, son poids de 2 kgr. 760 ; sa naissance semble donc avoir été légèrement prématurée.A cette époque l'enfant ne présente aucun symptôme caractéristique : subictère léger, un peu d'érythème du siège, petit œdème suspubien et des mollets.

On ne trouve aucun signe d'hérédo spécificité : ni grosse rate, ni adénopathie, ni lésions cutanées ou muqueuses, ni coryza. Le crâne est bieñ ossifié, le thorax, quelque peu infundibuliforme. La sage-femme qui a amené l’enfant,ayant déclaré que le médecin accoucheur le considérait comme suspect de syphilis (probablement à causede l'aspect et du poids du placenta) on pratique une réaction de Wassermann et de Hecht qui toutes deux se montrent négatives.

Pendant les trois semaines qui suivent son entrée dans le service l'enfant sans présenter de troubles digestifs, perd du poids constamment et passe du poids de 2 kgr. 760 le 1‘ octobre à celui de 2 kgr. 470 le 25 octobre. Aussi devant cette dénutrition continue que rien ne peut expliquer, malgré l’absence de symptômes eliniques, malgré l'absence de signes biologiques d'hérédo-syphilis, l'enfant est-il soumis à un traitement par le métarsenobenzol. Du 25 octobre au 12 novembre il reçoit huit centigrammes de ce médicament, par la voie sous-cutanée. Immédiatement la dénutrition s'arrête

PNR JAREER

et le poids passe de 2 kgr.420 à 3kgr. 200, bien que l'enfant tousse un peu et présente quelques râlesde bronchite à l’auscultation.

Brusquement le 12 novembre on s'aperçoit, en le posant sur la table d'examen, que l'enfant présente une impotence fonctionnelle du membre supérieur gauche, qui reste immobile, allongé le long du thorax, l’avant-bras en demi-pronation. Cette impotence n'est pas complète et l’on note parfois de petits mouvements spontanés de très faible amplitude, prouvant qu'il n'y a pas de paralysie vraie. La palpation, non douloureuse, révèle du gonflement de l'extrémité supérieure de l’humérus et de son extrémité inférieure. Quatre jours après, une pseudo-paralysie ayant les mêmes caractères apparaît au membre supérieur droit, avec gonflement des extrémités de l'os.

Une radiographie pratiquée à cette époque montre un élargissement des épiphyses, qui paraissent plus claires qu'à l’'élat normal ; pas d'ostéophytes, pas de lésions articulaires.

On effectue de nouveau les réactions de Wassermann et Hecht dans le sang, le 16 novembre : cette fois elles se montrent franchement positives.

Le traitement anti-syphilitique, en suspens depuis le 12 novembre est repris le 18 novembre ; il consiste en l'administration par la bouche de 18 gouttes par jour d'une solution au 1/1000€ de lactate d'hydrargyre. Malgré cela, trois jours plus tard l'impotence fonctionnelle paraît totale : jes membres reposent inertes sur le plan du lit ; quand l'enfant est soulevé par les aisselles, les membres inférieurs pendent verticalement, immobiles.

En même temps que les signes pseudo-paralytiques, étaient

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apparus des signes de pyélonéphrite et de broncho-pneumo-

nie diffuse. L'enfant, de teint blafard, présentait une infiltra-

Observ. [V. — Epaule droite.

tion œdémateuse des jambes ét de la paroi abdominale, une hydrocèle unilatérale gauche ; ses urines contenaient de l'al-

bumine et du pus. A l'auscultation on notait dans foute la

moitié inférieure du champ pulmonaire gauche puis à la base droite, des râles muqueux à bulles fines ; cependant que la température, irrégulière, ne dépassait pas 375, 37°6. Le 27 novembre ces signes pulmonaires sont moins marqués. Mais l’œdème s’est généralisé infiltrant la paroi abdominale en bourrelets, bouflissant la face ; la courbe du poids s’est élevée brusquement de 3 kg. 200 à 3 kg. 600. En même temps apparaissait du muguet buccal. Le 30 novembre les œdèmes moins étendus, persistent cependant, de même que les signes pulmonaires. Les urines ne sont plus albumineuses. Mais l'état général est mauvais ; le muguet s’est aggravé, ia pseudoparalysie est toujours compiète. Le coude et l'épaule droites paraissent plus tuméfiés, sans qu'on puisse y déceler aucun point fluctuant On pratique une radiographie qui montre un niveau des extrémités diaphysaire de l’humérus droit, l’existence d'une mince coque de nouvelle formation. Elle décèle en outre des lésions destructives marquées de la tête humérale qui présente à son pourtour supéro-externe une échancrure semi lunaire, à bords irréguliers. (Voir la radivgraphie.) Les surfaces articulaires ont gardé leurs rapports normaux : on ne note pas la présence d’un épanchement intraarticulaire . | Les jours suivants, l'enfant se cachectise de plus en plus, ne boit presque plus et meurt le 3 décembre avec ‘une recru- descence de ses œdèmes.

L’autopsie, outre des lésions étendues de broncho-pneumonies et de pyélonéphrite, révèle la présence dans l’articulation scapulo-humérale droite d’un dé à coudre d'un pus cré-

meux et grisâtre.

L'examen histologique pratiqué par M.J. Debray montre :

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1° dans le tissu péri-articulaire de l'épaule la présence de nombreuses cellules jeunes, arrondies, infiltrant le tissu conjonctif péri-vasculaire ; des zones de nécrose et de pus’; quelques plasmocytes avec ébauche de matière chromophile en rayons de roue, disposés autour des capillaires.

. Au niveau du coude on note des lésions très nettes d’endartérite. On ne peut trouver aucun micro-organisme même dans les régions purulentes.

2° La tête humérale présente un pourtour irrégulier, sinueux. Au niveau de la ligne d'ossification on note une irrégularité du cartilage et sa pénétration par les vaisseaux médullaires — disposition qui ne se différencie guère des lésions rachitiques banales que par l'absence de formation de tissu spongoïde. En dehors de cette ligne, le pourtour de la masse cartilagineuse de la tête est par endroits déchiqueté ouentamé comme à l'emporte-pièce. On trouve également en certains points des traces d'infiltration leucocytaire en dehors du cartilage lui-même ; cette infiltration étant elle-même en pleine dégénérescence, les caractères des leucocytes sont de ce fait bien difficiles à préciser. En certains points la tête cartilagineuse est pénétrée, parfois assez profondément, par des axes vasculo-conjonctifs, déterminant autour d'eux une réaction cartilagineuse spéciale : au niveau de leurs points de pénétra tion, les cellules cartilagineuses se multiplient abondamment, s'hypertrophient considérablement ; leurs capsules viennent au contact les unes des autres par disparition de la substance fondamentale, s'ouvrent souvent les unes dans les autres. Puis les cellules très gonflées, subissent une dégénérescence

granuleuse et finissent par n être plus reconnaissables.

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