‹ Contribution à l'étude des arthropathies tabétiquesChapitre 12 sur 17 · V. — DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

V. — DIAGNOSTIC

Nous envisagerons le diagnostic positif et le diagnostic : différentiel.

1° Diagnostic positif. — Au début, il est parfois difficile à établir nettement, car l’arthropathie tabétique apparaît souvent de très bonne heure, en général avant que s’établisse l’incoordination des mouvements. Et dans les cas d’arthropathies tabétiques très précoces, on est quelquefois éloigné de songer au tabes.

Cependant, en présence d’une volumineuse arthropathie à début brusque, indolente et non fébrile, survenant chez un individu ayant dépassé la quarantaine, il y a toujours lieu de rechercher d’un" façon systématique les signes premiers de l’ataxie locomotrice: signes de Westphal et d’Argyll-Robertson, troubles sensoriels, en particulier l’atrophie optique se manifestant d’ordinaire précocement par un rétrécissement concentrique du champ visuel et une diminution progressive et spontanée de la vision.

Plus tard le diagnostic sera rendu plus facile, au fur et à mesure qu'évoluera la maladie. L’indolence des lésions, la lenteur de leur évolution, la distension énorme et progressive de la capsule articulaire, l’empâtement considé- 1able de tout le membre correspondant, le jeu anormal de l'articulation établiront d’une facon sûre le diagnostic

d’arthropathie tabétique. D'ailleurs, à cette époque, les troubles de la démarche et le signe de Romberg seront là pour appuyer ce diagnostic.

Enfin, la radiographie nous fournira toujours un appoint d’une utilité incontestable, en nous renseignant sur l’état des extrémités osseuses, que nous ayons affaire à la forme atrophique ou à la forme hypertrophique de l’ostéoarthrite tabétique.

2 Diagnostic différentiel. — On fera le diagnostic différentiel avec les diverses arthropathies à évolution lente.

a) L’arthrite blennorragique à forme hydarthrosique, dans laquelle l’épanchement se développe souvent lentement et d’une facon indolente, mais qui se distingue bien de l’arthropathie tabétique par son évolution vers l’ankylose, alors que dans celle-ci, au contraire, le membre devient ordinairement ballant (membre de polichinelle).

b) L’ostéo-arthrite tuberculeuse, toujours beaucoup plus douloureuse, et évoluant en général sur des sujets plus jeunes, souvent porteurs d’autres lésions bacillaires (adénites, bronchite des sommets, etc.).

c) L’arthropathie syphilitique de la période tertiaire, caractérisée la plupart du temps au début par des phénomènes douloureux à exacerbations nocturnes au niveau d’une extrémité osseuse, phénomènes douloureux qui n’existent pas dans l’arthropathie tabétique.

Un peu plus tard, le diagnostic entre ces deux affections se fera mieux par l’apparition possible, dans l’arthrite spécifique, d’une fistule donnant issue à un liquide visqueux peu abondant (pseudo-tumeur blanche syphilitique de Fournier). Enfin, en cas d’arthrite spécifique, le traitement d’épreuve donne toujours de bons résultats, tandis qu'il est d’ordinaire inefficace dans les arthr opathies d’origine tabétique.

op

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