INTRODUCTION
Sur les conseils de notre maître, M. le professeur Roger, nous avons entrepris l'étude de certaines espèces microbiennes qui vivent dans lintestin grêle.
Pour obtenir ces espèces, nous nous sommes adressée au chien ; en effet, le chien est un animal omnivore et, de tous les animaux que nous pouvions avoir à notre disposition, c’est celui dont les conditions digestives se rapprochent le plus de celles de l'homme.
On a beaucoup étudié les bactéries des fèces, maïs nous n'avons connaissance que d’un petit nombre de travaux sur les bactéries de lintestin grêle du chien.
Leur étude nécessite, en effet, une technique com-
‘pliquée : une laparotomie et une ponction aseptique de l'intestin.
Le mémoire le plus complet et le plus remarquable est celui de M'ie Aimée Horowitz (1).
1. Horowitz, Contribution à l'étude de la flore bactérienne de Fintestin grêle du chien. (Archives des Sciences biologiques de Saint-Pétersbourg, 1908, p. 421).
D'après cel auteur, la flore bactérienne de l'intestin grêle du chien se compose d'espèces constantes et d’espèces accidentelles. Ces dernières disparaissent vite. Les bactéries constantes vivent dans des régions déterminées de Pintestin grêle: les unes dans la région supérieure, les autres dans la région Mférieuré. On ne trouve des anaérobies que d'une façon inconstante. Parmi les aérobies, les uns sont constants, lés autres sont inconstants. Parmi les microbes inconstants Mlle Horowitz cite :
Micrococcus cereus albus.
Micrococcas cereus flavus. :
Streptococcus.
Strepthotrix ineulnerabilis.
Cladothrix chromogenes.
Bacillus flavus.
Bacillus luteus.
Pnreumobacillus Fiedlænderi.
Les autres ont été rencontrés dans tous les cas.
Ce sont:
Staphylococeus albus.
Staphylacoccus aureus.
Sarcina flavescens.
Micrococcas tetragenes.
Diplococcus enteritidis.
Bact colicommune.
Bacillus acidi lactici.
Mesentiricus vulgatus.
Saccharomyces Pastoriomus.
Proteus vulgaris.
Bacillus septicus putidus.
Parmi ces microbes il faut remarquer le Bacillus septicus putidus.
Ce bacille a été isolé par M. Roger (1) dans 2 cas de septicémie consécutive au choléra. C’est dans le foie et dans le liquide céphalo-rachidien que M. Roger l’a trouvé.
Il s’est montré pathogène pour les animaux du laboratoire : lapin, cobaye, souris.
Ce bacille sécrète des substances solubles très actives.
Nous avons essayé de relrouver ce microbe dans les matières fécales du chien et dans celles de l’homme, mais nos recherches ont été vaines.
Pour déceler ce germe, il faut, comme la fait Mie Horowitz, chercher directement dans l'intestin grêle du chien.
Nos recherches nous ont amenée à découvrir dans l'intestin grêle du chien un microbe voisin du Bacillus septicus putidus, mais qui en diffère par un caractère essentiel : une sensibilité toute spéciale à l’action de ia température. Tous les microbes intes- Unaux décrils jusqu'ici végètent à la température ordinaire, ils se développent encore mieux à 37 degrés. Pourtant on a trouvé des microbes qui, dans les milieux de culture habituels, ne poussent qu'à une température supérieure à celle du corps. Ce sont des
1. Roger, Étude sur les Bacillus septicus putidus (Revue de Médecine, 1893, p. 865).
bactéries thermophiles. Mie Tsiklinsky (1), dans son travail fort intéressant, cite 21 espèces thermophiles, 20 bacilles et un streptothrix.
Tous ies microbes isolés à Paris appartiennent aux espèces thermophiles facultatives et aux aérobies facultatifs, tandis que les microbes isolés à Moscou sont des thermophiles et des aérobies obligatoires qui ne peuvent se développer à une température basse.
Me Tsiklinsky interprète ces constatations de la façon suivante : ces microbes ne seraient que «le passage dans le canal de l’homme, ils y trouveraient des conditions favorables, peut-être une symbiose leur permettant de se développer à une température de 3; degrés. Elle croit que les bactéries thermophiles et les bactéries ordinaires ont une origine commune. Les premières auraient acquis leurs propriétés thermophiles par leur adaptation au milieu extérieur, ou encore les microbes ordinaires auraient pour ancêtres des microbes thermoyphiles qui se seraient adaptés graduellement à de basses températures. Notre microbe,au contraire,ne pousse pas à 57 degrés,
Il ne croît qu’à une température basse, inférieure à celle du corps. Cependant il se trouve dans l'intestin du chien. |
Nous l’avons recherché trois fois avec les plus rigoureuses précautions aseptiques chez des chiens
différents, et toutes les fois nous l’avons isolé:
1. Sur la flore microbienne thermophile du canal intestinal de l’homme (Annales de l'Institut Pasteur, 1903, p.210).