‹ Contribution à l'étude des bactéries bleues et violettesChapitre 3 sur 140 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Nous étions bien jeune lorsque, pour la première fois, nous franchîimes le seuil de l'Ecole Supérieure de Pharmacie de Nancy —. si jeune même que notre mémoire est incapable d'en préciser le souvenir. Pendant nos études secondaires au Lycée de Nancy, notre père, alors Professeur à la dite Ecole, nous avait réservé une table dans un coin de son laboratoire, où docilement, sous son œil vigilant, nous faisions nos devoirs quotidiens. Et ce n'est pas sans une certaine intrigue mystérieuse que nous observions tous ces appareils de laboratoire, soigneusement recouverts d'une cloche de verre, ces microtomes, ces microscopes! Quelquefois les devoirs terminés, la récompense nous attendait ; notre père quittant de l'œil cette « lunette », sur laquelle il avait été courbé toute la grande journée, voulait nous faire observer à notre tour, mais nous voyions sans comprendre...

Le baccalauréat passé, c’est à la Faculté des Sciences, en suivant les cours et travaux pratiques du P. C. N., que nous fîimes nos premières armes. Nous étions fier de la supériorité que nous avions sur nos camarades tout neufs, car tous les objets dont nous étions entouré, nous étaient déjà familiers, et nous n'étions même pas impressionné par la phrase que notre brave homme de Chef de Travaux répétait comme une antienne: « la main à la vis micrométrique ».

Plus tard le stage pharmaceutique devait nous faire passer deux agréables années au contact d'un pharmacien pour qui la Bactériologie était une occupation distrayante, aussi, dès notre entrée à l'Ecole Supérieure de Pharmacie comme étudiant, nous sommes nous dirigé de suite vers cette branche particulière de l'enseignement, et avons nous été agréé comme assistant bénévole au laboratoire de Microbiologie.

V’oulant suivre les traces de notre père, et devenir membre de l'enseignement, nous avions résolu d'accomplir notre service militaire, aussitôt que possible. Les capacités que nous avions alors, nous ont permis d’être affecté au laboratoire de Bactériologie de la XX° région, où pendant deux ans, nous avons travaillé d’une façon intense, mais toutefois instructive

LETRE et intéressante. Puis ce fut la guerre. La démobilisation nous toucha encore étudiant ; il fallut mettre les bouchées doubles, se hâter d'avoir son diplôme, afin de se créer une situation, nous voulons dire prendre officine.

Quelques années passèrent. Voulant revenir à nos chères études, nous prûmes la résolution de faire un travail qui devait nous servir de thèse, pour l'obtention du grade de Docteur en Pharmacie, et nous allâmes solliciter notre Maître, le Professeur LASSEUR, qui voulût bien nous en soumettre le sujet.

Le Professeur LASSEUR n'était pas inconnu de nous. Ses nombreux travaux nous avaient déjà intéressé. Pendant la guerre, jusqu'en 1917 les étudiants en Pharmacie ne jouissant pas des mêmes avantages que les” étudiants en Médecine, appartenaient aux formations sanitaires de l'avant, sans aucun grade. En décembre de cette année, ils purent néanmoins accéder au grade de pharmacien auxiliaire, après avoir suivi des cours techniques dans des centres d'instruction, et subi un concours qui devait reconnaître leurs aptitudes. Or, nous eûmes la bonne fortune d'être affecté au centre d'instruction de Nancy, alors que notre division était en ligne devant Pont-à-Mousson. C’est à l'Ecole de Pharmacie qu'eurent lieu ces cours. Nous y retrouvâmes beaucoup de nos anciens professeurs. L’enseignement bactériologique était confié au Professeur Lasseur. Nous nous le rappelons encore dans sa tenue bleue, derrière la « pallasse » du grand amphithéâtre. Certes, si ses galons ne brillaient pas par la quantité, ils brillaient du moins par leur largeur, il n'était que sergent! C’est une de ces anomalies comme il en existait beaucoup, et qui ne s'expliquaient que. par l'application d'un règlement souvent trop mesquin. Son cours était précis, concis, il attirait plus que l'intérêt, il nous captivait. Le sergent LasseurR manifestait en outre à notre égard une bonhomie et une camaraderie qui nous touchaient, on eut dit qu'il voulait nous rendre ce séjour passager à l'Ecole plus agréable, pour nous faire oublier les durs moments que nous avions tous traversés, dans les formations combattantes que nous avions momentanément quittées. Tous nous lui en savions gré.

IT est de coutume d'inaugurer un tel ouvrage, si modeste soit-il par un thème de reconnaissance.

Nous avons l'impression de ne pas nous soumettre à une tradition ba-

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nale, mais bien de remplir un devoir, en adressant à tous ceux qui nous ont aidé, soit par l'enseignement qu'ils nous ont légué, soit par la collaboration qu'ils n'ont cessé de nous apporter, le témoignage de notre profonde gratitude et de notre inaltérable reconnaissance.

Rendons hommage tout d'abord à la probité morale et au grand savoir du Professeur G. Tuiry de la Faculté de Médecine de Nancy. Il fut un des précurseurs dans l'étude des bactéries pigmentées, et nous avons eu l'occasion de citer de nombreuses fois son nom au cours de notre travail. Le Professeur TuirY était en outre l'ami d'un père regretté, avec qui il se hivrait à l'étude appronfondie des cryptogames, et qu'il assistait dans toutes ses recherches mycologiques.

Nous tenons à remercier tout particulièrement notre éminent Maître le Professeur Lasseur. C’est à sa bienveillance et à sa patience, que nous devons de nous présenter devant un Jury de thèse dont il à bien voulu nous faire l'honneur d'être le Président. C’est à l'énorme monument de ses travaux et publications que nous devons la plus grosse documentation de notre ouvrage. Le Professeur LASSEUR a son nom dans la liste des savants qui honorent la France, ce qui w'altère en rien sa modestie. C’est un Maître intègre et dévoué. ù

Nous remercions bien vivement le Professeur GizLor et le Docteur VERNIER de l’amabilité avec laquelle ils ont consenti à être nos Juges. GiLLOT est un ami, nous l'avons connu comme élève à l'Ecole de Pharmacie, où il nous avait précédé de deux années. Nous avons mené une vie d'étudiant commune, et même pendant la guerre nous Sommes nous rencontrés dans le même groupe de brancardiers, lui comme Pharmacien Lieutenant, et nous comme Caporal. Nous n'avons certes pas besoin de nous étendre plus avant, pour qu'il ait les preuves d'une amitié durable, déjà irop vieille hélas.

Le Docteur VERNIER est celui qui seul subsiste à ce jour parmi les membres du corps enseignant de l'Ecole Supérieure de Pharmacie, à l'heure où nous y étions étudiant. Nous l'avons connu préparateur, puis Chef de Travaux, puis chargé de cours. Nous l'avons vu assis au laboratoire de notre père, effectuant pour une publication commune, des dessins ou des aquarelles pour lesquelles il montrait un réel sens artistique. C’est un savant, un érudit, un observateur, c'est aussi un iromiste, et pour tous un charmant camarade.

Parmi les collaborateurs à qui va notre entière gratitude, 1 nous faut

AUTER

donner la première place à M. Marcuar, Docteur ès-sciences, Pharmacien, Assistant au laboratoire de la Faculté de Pharmacie. M. MARCcHAL a commencé ses études pharmaceutiques en notre officine où il accomplissait son stage. Îl fut un stagiaire docile, studieux. Mais d'élève qu'il était, il est devenu notre Maître, et c'est en grande part à lui que nous sommes redevable de la réalisation de notre travail. Nous lui exprimons toute notre reconnaissance pour tout ce qu'il a fait pour nous, pour toutes les facilités qu'il nous à procurées, en nous communiquant une documentation inédite et la sienne personnelle, en nous contrôlant, en nous gwdant.

Nous n'oublions pas non plus tout ce que nous devons à Madame Lasseur-Dupaix, Lauréate’ de l'Académie des Sciences et de Médecine, ainsi qu'à M. MorëËL, Pharmacien.

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