SYNDROME GASTRIQUE DOULOUREUX ALTERNANT AVEC UNE PSYCHOSE PÉRIODIQUE
M. B..., entre au service libre de Ia Maison Nationale de santé le 13 mai 1936, parce qu’il a des maux d’estomac, le malade présente en même lemps des ‘troubles mentaux très légers ; on nole une tendance à l'isolement, il passe de longs moments dans la solitude et parait médiler ; néanmoins quand on lui parle, il répond aimablement et avec bonne grâce aux questions qu’on lui pose. Depuis plusieurs années il éprouve des douleurs gastriques qui se sont accentuées depuis deux ans, mais, fait intéressant à noter, ces douleurs disparaissent complètement lorsque son état mental s'aggrave ; en effet, ce malade à été interné 3 fois au cours de ces 4 dernières années. La première fois en novembre 1932, le certificat de 24 heures est le suivant : « Est atteint de psychose périodique avec acces délirant, hyperendophasie, sensalion de somnolence et de demi-rêve, défilé de mots, d'idées incompréhensibles et d’idées délirantes, impulsions ». Son séjour à la maison de santé dure un mois et demi. Le malade explique très bien les états successifs par lesquels il passe : tantôt il éprouve une espèce d’exaltation cérébrale, qui forme et conduit toutes sortes de projets, il reconstitue des scènes passées, se sent heureux : tantôt au contraire, il a le cafard et alors il démolit tout ce qu’il a construit,
Il soft le 22 décembre 1932.
Deuxième accès le 25 novembre 1934. Lors de ce deuxième internement, le malade se présente dans un état d’excitation maniaque. Il présente des troubles du comportement et des actes : crie, chante, parle beaucoup, se répand en récriminations, dit des grossièretés, accuse ses parents d’être fous eux-mêmes pour l'avoir fait interner. Quatre mois après, l’accès est terminé et le malade peut revenir dans sa famille.
L'année suivante en avril 1936, il présente un nouvel accès
très court cette fois, et de type dépressif, accompagné d’instabilité, autisme, refus d'aliments ; il sort au début du mois de mai 1936, et c’est quelques jours après qu'il entre au service libre pour ses maux d'estomac. Il nous apprend à ce moment qu'au cours de ses internements, il ne souffrait pas du lout de l'estomac, mais que quelques jours après ses sorties, les douleurs reprenaient.
I1 les éprouve actuellement avec une intensité plus forte. Quand le malade ne mange pas Îles douleurs s’atténuent sans disparaitre complètement, mais dès qu'il s’alimente, il éprouve dans la région épigastrique une impression de dureté, comme une masse ligneuse, il sent comme une sorte de contraction. Pas de vomissements, mais éructations et constipation opiniàtre (dans les périodes non douloureuses le malade n’est pas constipé). Pendant plusieurs jours le malade reste dans le service, ne mangeant presque pas. Malgré la diète qu’il s'impose, il n’éprouve ni faim, ni soif et ne se sent pas fatigué.
L'examen radiologique est pratiqué à l’Asile National des convalescents par le Dr Oury qui ne trouve aucune lésion organique du tractus digestif, l'estomac est normal, il n'y à pas de spasme. Peu à peu, l’état mental de M. B... s'aggrave, un état dépressif se manifeste de nouveau, s'accompagne d’apathie profonde et d'irritabilité, ses maux d’estomac ont disparu. Cet accès dépressif nécessite sa sortie du service libre et un nouveau placement au service fermé le 23 juin 1956.
Nous avons observé à la Maison Nationale de Santé un cas typique de substitution et d’alternance entre l’épilepsie des crises viscérales cardiaques et des accès maniaques,
ceci durant depuis de nombreuses années.
OBSERVATION N° XII (Personnelle).
(Service du Dr. Dapay, à la Maison Nationale de St-Maurice.) Mlle B.….
Histoire de la maladie. — A la suite d’un grand choc affectif, à l’âge de 25 ans, elle a une première crise d’épilepsie, la