‹ Contribution à l'étude des blessures maxillo-faciales: Les déviations du maxillaire inférieur indépendantes des fractures ou luxations de la mandibuleChapitre 20 sur 44 · RE · texte numérisé non relu

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B. — Lésions des muscles abaïisseurs.

Nous n'avons jusqu'ici envisagé dans cette étude pathogénique et anatomo-pathologique des latérodéviations mandibulaires que les lésions portant sur le groupe des masticateurs qui à tous points de vue

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est de beaucoup le plus important parmi les muscles moteurs de la mandibule. C’est aussi naturellement, comme le montre l'observation clinique, la lésion d'un ou de plusieurs des muscles de ce groupe qui entraîne dans la très grande majorité des cas, l’apparition de la latéro-déviation.

Cependant, on conçoit théoriquement que l'atteinte d’un ou de plusieurs muscles faisant partie du groupe des abaisseurs puisse entraîner l’apparition de syndromes analogues. Or, parmi les muscles abaïisseurs, il y a lieu d'établir une distinction analogue à celle qui existe dans le groupe des masticateurs. Dans l’ensemble tout d’abord les quatre muscles abaïisseurs sus-hyoïdiens sont en mème temps que des abaisseurs, des rétropulseurs, mais ce fait n'a qu’un intérêt relatif au point de vue qui nous occupe. Il n’en est pas de mème de la question des actions de latéralité possible. Or, d’après la situation des insertions musculaires supérieures mandibulaires d’une part et inférieures, d'autre part, considérées ici comme fixes (par la contraction des muscles soushyoïdiens la résultante de l’action des muscles gé- - nio-hyoïdiens droit ou gauche pris isolément est à peu près dirigée parallèlement au plan sagittal. Il n’en est pas de même pour le digastrique et le mylo-hyoidien. Le ventre antérieur du digastrique droit porte par sa contraction le maxillaire inférieur en bas et à droite, son insertion inférieure étant externe par rapport à son insertion supérieure. C'est l’inverse pour le mylo-hyoïdien dont la contraction unilatérale droite porte le maxillaire inférieur et par conséquent le menton du côté gauche, en mème temps qu’en

bas et en arrière.

Lorsque ces muscles sont lésés d’un côté seule-

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ment, le sens des latéro-déviations qu'ils provoquent doit donc être différent suivant les cas, et peut à ce point de vue être comparé aux groupes musculaires faisant partie des masticateurs : le digastrique étant à ce point de vue comparable au masséter et le mylo-hyoïdien au ptérygoïdien externe. C’est à cette action physiologique du mylo-hyoïdien du côté sain (côté gauche) que Testut et Marchand dans une observation déjà citée de paralysie totale du trijumeau droit avec latéro-déviation homonyme (à droite) dons l'ouverture, rapportent la production dé cette latéro-déviation; il est vrai que dans ce cas, comme le font d’ailleurs remarquer les auteurs, l’action tonique du ptérygoïdien externe gauche peut, avéc beaucoup plus de raison nous semble-t-il, ètre invoquée, le ptérygoïdien externe droit étant paralysé.

Quant au génio-glosse et au génio-hyoïdien dont les composantes sont verticales, comparables au temporäl, au point de vue des latéro-déviations, leur section unilatérale doit entraîner théoriquement tout au moins une latéro-déviation alterne, leur contracture une latéro-déviation homonyme.

Il y a lieu de remarquer en outre que dans le mouvement d’abaissement les muscles ont à lutter contre l’action tonique des puissants muscles élévateurs. Par conséquent, dans la pathogénie de la bouche du chantre de village (latéro-déviation dans l’ouverture buccale), alors que les élévateurs agissent seulement par leur action tonique, l’action des abaïisseurs est au contraire directe et s'exerce au cours de la contraction même du muscle, de son raccourcissement et non au cours de son allongement comme dans le cas des élévateurs,

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