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DÉFINITION DE LA BRULURE. — ÉTIOLOGIE .— CONDITIONS : PHYSIQUES

Définition. :— Par brûlures électriques nous entendons toute lésion circonscrite de la peau ou des tissus sousjacents produite par le contact direct des conducteurs électriques métalliques avec le corps humain (Mally). Cette définition élimine toute une série d'accidents d'ordre thermique, lesquels tout en étant spéciaux à l'électricité, ne présentent pas de caractères spécifiques ; tels sont les acccidents à déclarer, produits par le rayonnement des foyers électriques intenses (fours électriques, soudure électrique), ou encore les lésions produites plus ou moins directement par l'allumage accidentel d'un arc entre deux conducteurs, la fusion d’un conducteur au voisinage du corps, incendie d'un appareil dynamo ou transformateur, etc.

Btiologie. — Les accidents électriques sont beaucoup plus fréquents aux Etats-Unis qu'en France à cause des nombreuses applications de l'électricité de l’autre côté de

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l'Atlantique. Peut-être aussi ces installations. étant. très nombreuses et employées pour toutes sortes d’ industrie laissent- elles à désirer au point de vue de la perfection de l'outillage et de garantie en ce qui concerne la sécurité des travailleurs. Le Sénat de l'Etat de New- York sl nomma une commission spéciale chargée de faire une

enquête afin de vérifier. les faits, d'étudier leurs causes à et de faire un rapport sur les mesures à prendre (4). . Les statistiques ont montré que les premiers atteints sont d’abord les ouvriers électriciens ; vient ensuite le personnel scientifique et le public qui n'est atteint pour ainsi dire que par hasard et de facon tout à fait exceptionnelle.

Les accidents observés de temps en temps se montrent généralement dans d'anciennes usines et au voisinage du tableau de distribution, Les victimes en sont les ouvriers chargés de ce travail, Les personnes passant sur la voie publique peuvent aussi être victimes d'accidents par suite de la chute du fil d’un trolley, du contact dans certaines circonstances avec les plots d'un système spécial de tramways.

° On emploie, industriellement, trois formes de courant électrique : le continu, l'alternatif et le polyphasé. Or, dans tout accident résultant d'un contact brusque avec les conducteurs (fils, cables ou commutateurs), la victime est traversée par un courant dérivé dont la forme + est la même que celle du courant industriel, mais dont

{1} Report of Senate committe on general lews as to electricity and elec! tric ligbting. New-York, 1891.

l'intensité dépend de la résistance qu'oppose à son passage le corps de l'individu frappé. Cette résistance varie suivant que le contact de la victime et du conducteur est plus ou moins parfait.

Les courants continus et les courants alternatifs produisent au point de vue clinique des brûlures de même nature. Ces accidents peuvent être produits dans trois conditions différentes :

1° Le corps a constitué un court-circuit entre deux conducteurs de tension différente.

2 Le corps de la victime a constitué un circuit dérivé entre deux points d’un même conducteur.

3° Le corps a constitué une dérivation d'un conducteur à terre. |

Les courants de 100 à 150 volts ne causent en général pas d'accidents sérieux, cependant l'Elektrotechnische Zeitschrift rapporte que, dans une fabrique allemande, il y eut trois accidents mortels avec des courants alternatifs à 115 volts. Généralement les accidents sont dûs à des courants atteignant au moins 400 à 500 volts.

La force électro-motrice n'est d’ailleurs pas le seul facteur dont il faille tenir compte. Des courants de haut potentiel (2000 à 5000 volts) ne produisent que des brûlures superficielles alors que 500 volts pourront occasionner des brûlures très profondes.

Les circonstances qui accompagnent léccilent ont une grande importance : la durée du contact, son degré de perfection (état de sécheresse ou d'humidité de la peau) semblent jouer un rôle des plus importants.

Conditions physiques de la production des brûlares.— Le grand agent de résistance à l’action de l'électricité sur l’organisme est la peau et les suites des accidents dépendent de l'état de cet organe.

Si la peau est humide elle se montrera bon conducteur, l’action de l'électricité sur les organes sera beaucoup plus viblente tandis qu'il ne se manifestera au point de contact que des brûlures insignifiantes.

La sécheresse,au contraire, est une barrière s'opposant à la diffusion du fluide électrique dans l'organisme. Cette résistance varie entre 3.000 et 15.000 ohms selon l’état d'humidité ou de sécheresse de la peau. Il faut nécessairement dans ces conditions que cette électricité localisée aux points de contacts se manifeste d’une façon quelconque. Cette manifestation de son énergie est la brüûlure électrique.

La carbonisation des tissus une fois effectuée joue également vis-à-vis du reste du corps le rôle d’un isolent,

La résistance du corps diminue par le passage du courant mais cette diminution est négligeable quand on tient compte de l'énorme résistance dûe à la carbonisation des tissus.

L'intensité de la brûlure dépend aussi de la durée du contact. La peau étant humide et le contact de courte durée, les brûlures seront insignifiantes ; si le contact se prolonge, la brûlure sera aussi profonde quelque soit l'état de la peau. C’est là d'ailleurs un fait dont il est facile de s'assurer par l'expérience.

Nous allons reproduire une des expériences faites par

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