OBSERVATION N° 1 (P' BERTRAND
Cancer double du côlon pelvien.
D... Jean, 54 ans, cultivateur, entre le 26 février 1955 ; envoyé par le D' Girard, pour épithélioma colique,
Antécedents :
— Congestion pulmonaire en 1940 ; — hernie inguinale gauche survenue après un effort, il y a
deux ans.
Il y a deux ans : apparition de petites hémorragies au moment des selles, de sang rouge sans douleur, sans autres troubles diges-
tifs, sans atteinte générale.
Il y a quelques mois, apparition de troubles coliques. — diarrhée, avec persistance des hémorragies ;
Or ——
— ténesme et épreintes : le malade va souvent à la selle, mais ce sont de faux besoins ;: jamais de phénomènes de subocclusion ;
— anorexie surtout nette pour les viandes et les graisses, et amaigrissement d'environ 5 kg. depuis fin novembre 1954.
Par ailleurs, le malade devient sensible au froid, et fait souvent de petites poussées de fièvre. Depuis 3 ans, pollakiurie nocturne : 1 à 2 mictions par nuit. |
Malade alors hospitalisé chez le D' Girard où des films sont pratiqués.
- Le lavement baryté montre sur la partie base du sigmoïde, un arrêt avec passage très étroït, une image de bourrelet qui évoque bien le néoplasme.
L'examen abdominal : permet de percevoir une petite masse LPS la fosse iliaque gauche limitée et mobile.
TR négatif.
Hernie inguinale gauche facilement réductible.
Examen pulmonaire Examen cardiaque négatifs. TA 12/7.
Examen neurologique
En somme, épithélioma se traduisant par un syndrome dysentériforme et par un'aspect radiologique très net ayant débuté cliniquement depuis un an.
Le 7 mars 1955 : Le malade se présente ce jour en occlusion. Pas de selles ni de gaz depuis 48 heures. ‘
Ballonnement et douleurs abdominales. Etat subfébrile permanent avec des clochers à 39°-39°5. Baisse de l’état général malgré la préparation préopératoire humorale.
Le 8 mars 1955. Intervention (P' Bertrand, Charnay).
Anesthésie générale.
Incision type Mac Burney.
Anus cœcal sur tube de Paul.
Suites : fonctionnement normal de l’anus. Au bout de quelques jours, le tube de Paul restant en place, on le garde pour faciliter les lavages.
L'état Sénéral remonte petit à petit.
Rétention d'urine obligeant à la sonde à demeure. (Le malade dit n’avoir jamais pu uriner couché).
Le 26 mars 1955 : Intervention.
Anesthésie générale.
Incision iliaque gauche.
Le néoplasme très volumineux aui s’est accompagné d’une importante adénopathie juxta-mésaraïque, est situé sur la portion mobile de PS iliaque.
On part pou faire une colectomie par extériorisalion, quand on s'aperçoit qu'à 15 em. de la tumeur, en aval, il existe un autre
néoplasme sur le sigmoïde bas. On est, dès lors, conduit à pratiquer une très large colectomie allant jusqu’à la limite du côlon iliaque au’il faudra mobiliser pour l’anastomoser. Rétablissement de la continuité par bout à bout au nylon à l’ordinaire.
Sous-péritonisation.
Un drain aspirateur, Fermeture métal plus catgut.
Pièce : On trouve non nas deux mais trois tumeurs échelonnées sur la longueur de VS iliaque, l’une occupant un tiers seulement de la circonférence, située à trois travers de doigts au-dessus de la tumeur principale qui, elle, est entièrement circonférentielle, la dernière située à 23 cm. et occupant la moitié de la circonférence. Méso farci de ganglions néoplasiques.
Suites opératoires : Ultra-simples. Pas de fistule ; suppression du drain aspirateur. Au 10° jour, cicatrisation rapide de la plaie. La rétention d’urine cède après queloues jours de sonde à demeure. Le transit se rétablit par l'anus vers le 15° jour, la coecostomie ne donnant alors presque plus.
Examen histologique du 8 avril 1955.
1° Ganglion oedémateux et inflammatoire sans néoplasme.
2° Polune en aval de la tuineur ; molyne muaueux formé de tubes glandulaires bordés de cellules actuellement bien différenciées avec quelaues mitoses, mais sans monstruosités ni atypies. Le polype est bien limité dans la profondeur ; le chorion sousjacent est oedémateux et, par place, hémorragique. Il n’y a pas de signes de malignité sur ce fragment.
3° Polypesen amont de.la lumeur ; l'aspect est Lout à fait superposable au polype aval. Là encore, les glandes sont bien difrérenciées. Pas de monstruosités ni d’atypies. On trouve seulement en extrême surface, un lambeau /rès atypique silué dans du mucus, ce qui permet d'envisager une origine à distance desquamée de ce lambeau épithéliomateux.
4° Première tumeur : épithélioma intestinal glandulaire atypique, formé de lobules pleins, creusés de petites cavités glanduliformes. Les mitoses et les atypies cellulaires sont extrêmement fréquentes, le stroma est grêle. Il y a de petits territoires nécrotiques. ;
5° Deuxième tumeur : Ce fragment est bordé par une muqueuse normale reposant sur une muscularis mucosae bien individualisée, puis sur un chorion fibreux, inflammatoire, très épaissi; cette sclérose se propage dans la profondeur. Elle dissocie les plans musculaires. On la retrouve sous Ia séreuse qui est très épaissie, et par place, inflammaloire, On ne voit pas de néoplasme sur ce fragment.