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est très fréquent de trouver de la lithiase biliaire chez les malades atteints de cancer du foie. Ce n’est pas une raison suffisante, du reste, pour incriminer l’arthristime, car cette lithiase biliaire des cancéreux peut fort bien être secondaire au cancer. Mais, néanmoins, la fréquence de cette coexistence est à noter car elle n’est certainement pas le fait d’une pure coïncidence. On relève souvent chez les cancéreux du foie la coexistence de divers troubles arthritiques: migraines, eczéma, goutte, rhumatisme. Sur douze cas étudiés à ce point de vue, Siegrist a relevé dans les antécédents, trois fois la goutte et sept fois la poly-arthrite.
En dehors de la véritable cause du cancer qui nous échappe complètement, il semble donc bien qu’on puisse accorder un rôle prédisposant au terrain, ou plutôt aux diathèses sous l’influence desquelles se trouve le malade. En outre, il existe des prédispositions acquises. C’est ainsi que l’action des irritants sur le foie favorise beaucoup l’apparition du cancer hépatique; l’alcool est, à ce point de vue-là, un agent efficace. Le plus souvent, on trouve de l’éthylisme chez les malades porteurs d’un cancer du foie, et nous verrons, en parlant du diagnostic, que cette circonstance n’est pas faite pour le faciliter. A côté de l’alcool, il faut signaler la syphilis, le paludisme, les intoxications chroniques, bref toutes les causes d’irritation prolongée du foie.
Certains auteurs ont pu dans quelques cas fort rares ineriminer le traumatisme (Leared, Thorspecken). C’est là, en tous cas, une cause tout à fait exceptionnelle et qui rentre du reste dans le grand chapitre encore si controversé des rapports du cancer et du traumatisme.
Enfin, il existe des considérations tout à fait secondaires d'âge, de sexe, de race. On a prétendu que le cancer du foie est très rare dans les pays ç<hauds, ce qui serait en
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contradiction avec une partie de ce que nous avons dit plus haut : c’est en effet dans les pays chauds que les irritations locales du foie sont le plus fréquentes (paludisme, dysentérie, etc.). Nous ne prendrons pas parti dans cette discussion, qui manque du reste d’une base à la fois solide et précise.
Pour ce qui est du sexe, Siegrist a prétendu que l’on trouve chez les femmes deux fois plus de cancers primitifs que chez les hommes. Il est seul de son avis, la plupart des auteurs admettant à ce point de vue là l’égalité des sexes. Mais il y à une différence de nature, le carcinome paraissant plus fréquent chez l’homme par suite de la fréquence plus grande chez lui du cancer avec cirrhose.
Moins importante encore est la question de l’âge du malade. On peut dire que le cancer du foie est rare avant 30 ans, mais il existe et on peut dire qu'aucun âge n’en est à l’abri. Deschamps en a rapporté un cas chez un enfant de 11 ans, Wulff un autre chez un enfant de 3 ans, de Crouse un autre chez un enfant de 5 mois, etc. Si donc il est vrai de dire que le cancer primitif du foie est surtout une maladie de la vieillesse, il ne faut pas oublier qu’on peut le rencontrer à n’importe quel âge, sous peine de faire parfois de grosses erreurs de diagnostic.
Avant d'abandonner ce chapitre, il nous faut dire un mot de la fréquence relative du cancer primitif par rapport au cancer secondaire, Les chiffres varient beaucoup suivant les auteurs: tandis que Vulpian considérait le cancer primitif comme si rare qu’il niait presque son existence, Hanot et Glbert admettaient qu’il forme un huitième des cas de cancer du foie. Biermer et Hess admettent une proportion de 24 cancers primitifs pour 100 secondaires ; pour Leichtenstein, cette proportion serait de 16 p. 100. Sur 258 autopsies de cancer du foie faites à l’Institut ana-