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iliaque et faire saillie sur les côtés, au-dessus de l’articulation de la hanche (Obs. IV), au-dessus de l'articulation sacro-iliaque (Obs. XIX). En somme, nous dirons que les chondromes sont des tumeurs dont le volume peut devenir énorme, qu’elles sont irrégulières et bosselées et que, souvent, elles se creusent de cavités kystiques remplies d’un liquide roux, probablement dû à des ruptures vasculaires. Enfin, signalons la rareté des chondromes purs et les associations fréquentes avec du tissu fibreux (fibrochondrome de Virchow),du tissu muqueux (chondro-myxome du bassin, cas de Roussel, in thèse Paris, 1898), des plaques osseuses (chondromes ossifiants très durs (Obs. XIX) ; et les associations avec des éléments malins, chondrosarcomes et chondro-épithéliomes (cas de Laget, in Bulletin de la Société anatomique de Paris, 1874).
Microscopiquement, on retrouve des cellules cartilagineuses, tantôt rondes, tantôt multipolaires; ces éléments sont entourés de la substance fondamentale plus ou moins développée et plus ou moins serrée qui donne naissance àa des enchondromes plus ou moins durs selon son abondance.
Au point de vue de la généralisation, on peut dire qu’elle se fait rarement. Le chondrome du bassin grandit par multiplication de ses propres éléments, mais n’envahit pas les tissus voisins. Dans le cas de Villeneuve (Obs. X) on a bien trouvé un ganglion présentant une transformation cartilagineuse, mais il avoisinait la tumeur elle-même; cependant, dans notre première observation, la généralisation semble bien s'être effectuée dans les ganglions et même dans les muscles de la cuisse, En somme, quand la généralisation se fait, et elle se fait rarement, elle a lieu par les vaisseaux et surtout par les veines (Obs. I); la généralisation par voie lymphatique est une rareté, elle se rapporte à des cas de chondrome malin (chondromyxome de Roussel).
B. — Pathogénie.
La pathogénie des chondromes est encore bien obscure : Virchow admettait autrefois que ces tumeurs se développaient à la suite de débris de cartilage de conjugaison, restés isolés au cours de lossification; il mettait cet isolement sur le compte du rachitisme, mais nous avons déjà vu au chapitre de l’étiologie, que cette théorie n’est plus admissible. Lenormant et Lecène, dans la Revue d'Orthopédie de 1906, ont montré que tantôt le chondrome existait sur un même sujet avec des exostoses ostéogéniques et tantôt il se développait sur une exostose ostéogénique déjà constituée. Pour Tavernier (Lyon chirurgical, 1922) la disposition des chondromes, leur multiplicité rappellerait celle des exostoses et ce serait bien « des exostoses à développement cartilagineux prédominant ». Le Professeur H.-L. Rocher, à propos du cas de la fillette de l’Obs. XV, écrit que le chondrome serait dû «à une évolution atypique des cellules cartilagineuses du système conjugal »; chez l'adulte il serait dû à une prolifération des cellules ectopiées au sein du tissu spongieux. Dans la Gazette hebdomadaire des Sciences Médicales de Bordeaux (Mars 1927), le Professeur agrégé Papin montre que le cas relaté dans l’Obs. XIX semble bien être un chondrome développé au niveau d’une exostose ostéogénique déjà constituée, en un mot, une véritable chondromatose.
Nous avons remarqué dans nos observations, la fréquence des chondromes se développant sur des exostoses préexistantes; les observations IV, XI, XIII et XIX sont très caractéristiques à cet égard. C’est vingt ans après l’apparition d’une exostose que s’est développé le chondrome dans l’observation XI, quinze ans après dans l’observation XIX, dix ans dans l’observation IV. Le chondrome peut donc se développer dans un temps plus ou moins long. sur une exostose, mais véritablement il semble bien y avoir
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un rapport de cause à effet entre l’existence d’une exostose et l'apparition du chondrome.
Pour terminer cette étude de Ia pathogénie des chondromes, disons qu’à l'heure actuelle il semble que l’on ait tendance à ranger les chondromes «dans une catégorie voisine des malformations congénitales, plutôt que dans la catégorie des véritables tumeurs ». (Tavernier.)
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