TRAITEMENT
Nous ne parlerons pas du traitement par le fer ou même l’arsenic, médications qui n’ont qu’une action palliative dérisoire. Le traitement classique de la leucémie myéloide est le traitement radiothérapique. Il est connu dpuis 1001. Employé par Pusey, par Senn d’une façon un peu empirique, il est codifié par Aubertin et Beaujard qui décrivent les modifications de la formule sanguine sous l'influence du traitement. - Peu auparavant Heincke avait publié ses expériences prouvant l’action destructive des rayons X sur le tissu lymphoïde normal. La technique est dominée par la nécessité de faire absorber des quantités de rayons relativement considérables tout en ménageant la peau. L’irradiation doit porter sur tous les points malades de l’appareil hématopoïétique, c’est-à-dire avant tout sur la rate puis sur les régions ou la moelle osseuse est supposée en activité. On emploiera de préférence des rayons
pénétrants. L’ampoule sera placée au moins à 23 cm, la dose
sera de 3 unités Hobzknecht (Beaujard). La fréquence et la durée des séances varieront suivant les auteurs. Certains prescrivent des séances hebdomadaires de 10 à 20 minutes. Les autres conseillent de répéter le traitement tous les jours ou tous les 2 jours avec des interruptions. 30 à 6o séances sont nécessaires pour obtenir un résultat durable (Beaujard). Les seuls accidents constatés sont: la diarrhée profuse avec amaierissement rapide, parfois de violentes douleurs abdominales
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avec vomissements répétés, état grave, enfin souvent des co-
‘liques néphrétiques.
Le premier effet du traitement est une augmentation rapide de la leucocytose qui commence 1 à 2 heures après la fin de la séance, leucocytose consistant surtout en polynucléose. Puis après un nombre variable de séances survient la phase de diminution des leucocytes (pouvant marquer une chute de 800.000 à 8.000 en un mois (Brown) en même temps que disparaissent les hématies nucléées. Il est à remarquer que la période d'augmentation des leucocytes est néanmoins une période de diminution des myélocytes, l'augmentation portani sur les polynucléaires. D'après Beaujard la proportion des myélocytes passerait de 50 % à 30 % en 4 semaines. Parallèlement on observe l’augmentation des hématies : ce dernier phénomène n’est d’ailleurs pas constant ; il existe même parfois une diminution et cette anémie doit rendre prudent le traitement radiothérapique.
Sur la rate l'effet est une. diminution de volume souvent considérable; mais comme elle est mobile et ptosée, elle reste accessible à la palpation. En même temps l'état général du malade devient plus satisfaisant.
Mais si le traitement est interrompu on peut observer une nouvelle poussée. L'observation rapportée par Marcel Labbé (x) est très nette à ce point de vue: sous l'influence du traitement son malade au bout de 3 mois avait une rate très diminuée et un sang presque normal. « Et cependant à partir de ce moment la leucémie se reproduisait peu à peu, des myélocytes reparaissaient dans le sang, le nombre des globules blancs
(1) Soc. Méd. des Hôp., 27 juin 1913.
âugmentait… Pendant 3 ans la léucémie va continuer son évolution progressive, contrariée par la radiothérapie, avec conservation d'un très bon état général, sans que la rate augmente de volume. C’est à la dernière période seulement que la leucémie s’est reconstituée entièrement avec son syndrome clinique habituel ».
La conclusion qui semble s’imposer est que le traitement radiothérapique ne constitue qu’une thérapeutique symptomatique agissant par destruction cellulaire élective. En effet, la récidive est la règle; des thromboses leucémiques patois mortelles surviennent chez des malades dont le chiffre leucocytaire a été ramené à la normale.
Cela est peut-être encore plus vrai du traitement par le radium dont l’action semble être plus rapide et puissante. Avec
lui on a pu obtenir en 8 jours une chute de 320.000 à 70.000 avec diminution de volume de la rate. Mais après queiques
semaines les signes de leucémie reparaissent et cette fois la radiumthérapie est inefficace. .
Dans le même ordre d'idées, citons le traitement par le thorium X, employé récemment par Aubertin et qui semble avoir donné des résultats remarquables, Ici encore l'épreuve du temps permettra seule de juger la solidité des guérisons ou améliorations obtenues par cette méthode.
L'emploi du benzol est récent. Le point de départ de la méthode fut la constatation de son pouvoir leucolytique dans des intoxications accidentelles (Le Noir et Claude 1897). En ror1 Selling éudiant expérimentalement l’action du benzol, mettait en évidence la destruction des polynucléaires et l’aplasie de la moelle osseuse. Enfin, en 1912, Koranyi appliquait avec succès le benzol au traitement des leucémies.
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Pratiquement, on donne L gouttes par voie gastrique cha & que jour (par exemple en capsules glutinis avec partie égale d’huile d'olives) ou par voie rectale en cas d’intolérance. Dès les premiers jours, l’état général s'améliore; les hémorragies
E- s’il en existe, disparaissent. Au bout de 15 jours on observe A
# une baisse leucocytaire qui varie de la moitié aux deux tiers À 24
D avec diminution relative des myélocytes. Ce premier examen |
3 fixe sur la sensibilité du malade au médicament et guide au 7 | point de vue des doses à employer ultérieurement. Si la des- Hi: < truction est trop rapide, surtout s’il y a une chute importante A
du nombre des globules rouges on réduira la dose et on ne donnera la médication que d’une façon discontinue. A partir du moment où le chiffre est au-dessous de 20.000 la dose de + D. L' pgouttes par jour ne sera plus donnée qu’une semaine sur ‘ deux. Lorsque le taux des myélocytes ne dépasse pas 0,5 % on cesse l'administration du benzol; mais on continue à sur- __ veiller le malade, faisant une prise de sang tous les deux mois, prêt à reprendre le traitement si le taux leucocytaire ne s'élève de nouveau. Ici encore la guérison complète est rare. “1e#0 Cependant le cas de Vaquez et Yacoël semble remarquable ee = (guérison maintenue de 1918 à 1922 malgré la cessation com- : plète de tout traitement). Plus souvent une récidive survient 28 après 3, 6, 10 mois, Parfois même le résultat est nul. Les ac- 2 = cidents sont: la diarrhée sanguinolente, et surtout l’albuminu- “a
D rie.
Letraitement des complications sera avant tout le traite- ET. ment de fond que nous venons de décrire. Il est évident que dans les infections foudroyantes comme celle qui a emporté # + notre deuxième malade, tout effort reste inutile. En cé qui 4e
radier la rate ou d’administrer du benzol. Mais en même temps un traitement symptomatique sera utile, parfois indis pensable. Le chlorure de calcium, le sérum gélatiné font la base de la médication classique. Nous devons signaler les résultats remarquables que nous avons obtenu avec l’Anthéma.
. — Dans les deux cas l’hémorragie ne s’est pas reproduite après
une seule injection.
À propos de l’hématome signalons le danger de l’incision aboutissant généralement à l’hémorragie incoercible. Il en sera de même pour le priapisme, dont c’est cependant le traitement classique lorsqu'il relève d’une autre cause. Ici la radiothérapie sera seule indiquée. Quant aux complications senso- 4 rielles, les hémorragies oculaires n’altérant pas la vision ne ES réclament pas de traitement spécial. Les lésions labyrinthiques : sont au-dessus des ressources de l’art.
“concerne les hémorragies, la première chose à faire est d‘ir-
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