‹ Contribution à l'étude des complications pulmonaires post-opératoiresChapitre 8 sur 28 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'immense développement de la chirurgie qui a pris son essor il y a une cinquantaine d'années a ouvert de nouvelles perspectives à la thérapeutique. Les tentativeshardies des grands créateurs de la chirurgie moderne auraient pu éveiller le scepticisme de ceux qui imaginent la nature plus compliquée qu'elle n’est en réalité. Le plus souvent le doute n'a même pas eu le temps de naître, le succès des innovations. fut tellement rapide et complet. Cette facilité, à la longue, n’a pas manqué de conduire à des exagérations. En considérant la grande tolérance de l'organisme pour les interventions les plus choquantes et les plus destructrices, on a fini par ne plus croire à l’existence de tissus fragiles, qualifiés, peut-être à cause de cela, de nobles. Ce fut alors le moment où l’on commença à s’apercevoir de l'existence de complications post-opératoires

non expliquées par une erreur connue de tech-

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nique, survenant malgré l'observation la plus stricte des règlements qui gouvernent la chirurgie moderne : l’asepsie, l’hémostase, etc.

Parmi ces complications, d’autant plus redoutables que rien ne permet de les expliquer et encore moins de les éviter, les complications pulmonaires occupent la première place. Leur existence est connue depuis les débuts de la chirurgie abdominale, mais leur réelle fréquence n’est reconnue que depuis une dizaine d'années. Ce que ces complications ont de particulier, c’est leur caractère absolument inopiné, leur survenue non motivée par une erreur d'indication ou de technique. Dans l’ensemble nous pouvons dire que les interventions chirurgicales comportent de moins en moins de risque à mesure que nos procédés se perfectionnent, à mesure que nous connaissons mieux les soins pré et postopératoires qui conviennent à chaque cas et enfin à mesure que nous savons mieux choisirnos malades à opérer. Cela est vrai pour toutes les complications post-opératoires, sauf pour celles qui concernent le poumon.

Ce caractère particulier des complications post. opératoires pulmonaires les rend dignes d’un très grand intérêt. Il est évident que nous ne serons en mesure de les éviter que le jour où nous saurons leur origine. Les études poursuivies dans ce but ne manquent pas, sans que l’on puisse annoncer aucun résultat précis, Ayant eu l’occasion d'observer pendant notre internat à l'hôpital Péan, quelques cas

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dignes d'intérêt, il nous a semblé utile de faire un travail d'ensemble, une sorte de mise au point de l'état actuel de cette question. Certes, nous n’avons pu dégager aucune donnée positive de cette revue d’ensemble ; nous avons pu simplement affirmer que ces complications sont dues à des causes définies mais différentes pour chacune des catégories de complications. Nous avons cherché les différents moyens prophylactiques et thérapeutiques préconisés et nous en avons discuté la valeur et le mode d’action, Il nous semble que c’est tout ce qu’il a été possible de faire dans l’état actuel des choses.

Un grand enseignement se dégage de l’étude des complications pulmonaires post-opératoires, c'est l'importance du rôle des impondérables, ou tout au moins de ce qui a semblé impondérable, dans lPissue des interventions. Là, le chirurgien a traumatisé une veinule sans importance dont l’hémorragie s'arrête spontanément ou à la suite d’une hémostase minime, mais ce traumatisme insignifiant pourra être le point de départ d’une embolie qui demain emportera l’opéré. Dans un autre cas, il a tiraillé un nerf, a ouvert une petite voie lymphatique — il ne s’est même pas aperçu de ces faits dont l'importance est ignorée par la chirurgie classique — et demain ces faits insignifiants détermineront par la voie réflexe ou par propagation lymphatique une affection pulmonaire grave.

Si, dès ses débuts, la chirurgie avait tenu compte de tous ces petits faits, toute son évolution s’en

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