TRAÎÏTEMENT DE L'ECHANTILLON PAR L’ACIDE CHLORHYDRIQUE ET PAR L'EAU
L’échantillon sec est ensuite traité au bain-marie avec de l'acide chlorydrique normal. Par ce traitement on élimine une série de substances qui peuvent gêner pendant les déterminations suivantes et rendre une concordance de résultats tout à fait impossible. Parmi ces substances nous signalerons d’abord les matières humi-
ques solubles dans l’eau, les sucres, une partie des cendres et les corps facilement hydrolysables comme les pentosanes, les matières pectiques. Par ce traitement ‘les acides humiques fixés à des bases inorganiques, les humates, sont libérés. -
Mode opératoire
La tourbe sèche est transvasée dans un becher et humectée avec de l'eau chaude. On ajoute ensuite de l'acide chlorhydrique normal, on compte 35 cm? par gramme de substance, et place alors le récipient sur un bain-marie pendant une heure. Le temps est compté à partir du moment où le bain-marie entre en ébullition. Pour éviter l’évaporation de l’eau on place sur le becher un ballon rond rempli d'eau servant de réfrigérant à reflux. Après 1 h., on filtre à travers le creuset en verre fritté et lave avec de l'eau froide. La quantité d'eau de lavage est de 1 litre par gr. de tourbe. On place alors le creuset avec son tube à tare à l’'étuve pendant 2 h.. On établit la courbe de séchage de la même façon que dans la préparation de l'échantillon pour l'analyse.
La perte de poids représente les matières solubles dans l’eau, les corps facilement hydrolysables et les cendres solubles dans H C1 normal.
Pour les' tourbes destinées à l’hydrolyse ou à la digestion, on fait séparément un dosage de pentosanes. Dans ce but, on transforme ces corps, par addition d'acide chlorhydrique à 12-13 %, en furfurol, qui est ensuite déterminé sous forme de phloroglucide.
Mode opératoire pour le dosage gravimétrique du furfurol
On introduit dans un ballon de :2 litre 4 à 5 gr. de tourbe sèche et 100 cm? d'acide chlorhydrique de densité 1,06. Après avoir muni le ballon d'un tube à brome et d'un réfrigérant descendant, on le chauffe au bain d'huile. La température du bain d'huile est de 160°. Le distillat est recueilli dans un cylindre gradué. Pour chaque 30 cm® de distillat on ajoute 30 cm d’acide ghlorhydrique de densité 1,06. On continue ces additions jusqu'à ce qu'un papier indicateur à l’acétate d’aniline ne donne plus de coloration rouge.
Préparation du papier indicateur. — On dissout 2 cm? d’aniline fraîchement distillée dans 20 cm d'acide acétique à 12 % et imbibe avec cette solution des bandes de papier filtre.
LPO
Traitement du distillat. — Au distillat on ajoute une solution de phloroglucine qui est préparée en dissolvant 10 gr. de phloroglucine dans un litre d'acide chlorhydrique ‘de densité de 1,06. On emploie une quantité de phloroglucine deux fois aussi grande que celle qui est nécessaire pour précipiter le furfurol et ajoute en plus un excès de 0,15 gr.. Après addition d’acide chlorhydrique de 1,06 (de sorte qu'on ait un volume total ‘de 400 cm°) on chauffe le mélange à 80-850. Après 2 heures on filtre par le creuset en verre fritté, séché au préalable dans un tube à tare à 95-980 et pesé. Pendant la filtration on prend soin que le précipité reste tou jours humide. Le lavage se fait avec 50 cm* d’eau. Le creuset est séché à 95-980. Le furfurol est calculé d’après la formule de Tollens : k
furfurol — (phlorglucide + 0,001) 0.571
Sieber & Schwalbe (Betriebsk. ïi. d. Zell- & Papierind. p. 351) indiquent que, pour de petites quantités de phloroglucide, on divise le poids du précipité par 1,82, pour de grandes quantités, par 1,93. Les diviseurs plus précis sont les suivants :
. Quantité de phloroglucide | Diviseur pour le calcul du furfurol 0.20 gr. 1.820 0.22 1.839 0.24 1.856 0.26 1.871 0.28 1.884 0.30 1.895 0.32 1.904 0.34 L911 0.36 1.916 0.38 1.919 0.40 1.920 0.45 1.927 0.50 1.930 0.60 1.930
À l’aide de la quantité de furfurol trouvée on obtient les pentosanes par la formule :
(furfurol — 0.0104) . 1.88 — pentosanes.
Le précipité ainsi obtenu contient aussi le méthyl-furfurol-phloroglucide. Pour le séparer du furfurol-phloroglucide, on fait une extraction à l'alcool. La différence entre le poids primitif et celui après le lavage à l’alcoo!l, devrait nous donner celui du méthyl-furfurol. Mais la
Les
j i |! ! (or détermination peut être entachée d'erreurs, car la cell lose, les hexoses, l’amidon donnent avec l'acide chlorhydrique de densité 1,06 de l’oxy-méthyl-furfurol qui fournit également, avec la phloroglucine, des complexes solubles dans l'alcool. Une méthode de séparation précise du méthyl-furfurol de l'oxy-méthyl-furfurol, n’a pas été déterminée, car la quantité d'oxy-méthyl-furfurol est ‘faible, puisque ce corps est difficilement entraînable à la vapeur.
Le furfurol-phloroglucide peut aussi contenir du furfurol provenant des matières pectiques. Pour connaître Je pourcentage de furfurol dû à ces corps on pourrait se baser sur la réaction déjà indiquée
C20H2#8015 (COOH)* — 4CSH10O2 + a CO? +8H20 furfurol
et mesurer la quantité de CO? formé pendant le traitement avec de l’acide chlorhydrique de densité 1,06. En multipliant le poids de l'acide carbonique par 4,4 on obtient l'acide galacturonique. D'après Ehrlich (Loc. cit.) une partie de l’acide galacturonique correspond à 2,64 parties de furfurol-phlorglucide.
Comme la teneur des tourbes en méthy-pentosanes est faible on ne commet pas une grande erreur en ne considérant que les furfurol-phloroglucides qui proviennent des pentosanes et des matières pectiques. Pour éliminer les phloroglucides provenant du méthyl et de l'oxyfnéthyl-furfurol, on introduit le creuset contenant les phloroglucides dans un extracteur «et on le traite à l’alcool jusqu'à ce.que ce dernier reste incolore. On sort le creuset et le sèche à une température de 95 à 98. La diminution de poids correspond au phloroglucide du méthyl- et oxy-méthyl-furfurol. Comme les corps qui nous intéressent pour la digestion et la fermentation aliphatique sont surtout les pentoses provenant de la dégradation des pentosanes et matières pectiques, nous gxprimerons les résultats en pentoses.
Pour le dosage du furfurol, nous avons en outre employé une méthode simplifiée, dérivée d’un mode opératoire que nous utilisons depuis de nombreuses années poür la détermination des groupements CHO et CO.
La totalité, ou seulement une partie, du distillat est - neutralisée avec du carbonate de soude et redistillée dans un bain d'huile. Il faut contrôler le passage quantitatif du furfurol avec un papier imbibé d'acétate d’ani-
ENRNE
line. Au distillat on ajoute ‘du chlorhydrate d’hydroxylamine.
C#H#O.CHO + NH?0OH.HCI=C{#H*O.NOH +-HCI-+ H20
Il se forme une oxime et en même temps de l’acide chlorhydrique qu'on peut déterminer volumétriquement en présence de méthylorange comme indicateur. Pendant longtemps on était d'avis que cette réaction n'était pas complète, mais en travaillant en solution diluée avec un excès de réactif la transformation est quantitative.
Mode opératoire pour le dosage volumétnique du furfurol
On emploie 400 ccm. d’une solution de chlorhydrate d'hydroxylamine à 0,2 % et une dissolution du furfurol en contenant moins de 0,2 gr. L'opération se fait dans deux flacons de 1 litre rodé, l'un servant de témoin. Dans chaque flacon on introduit la même quantité d'indicateur et de réactif. Si ce dernier est acide on neutralise les flacons avec la même quantité de soude N/10. Il arrive que le dosage nécessite parfois jusqu’à 200 ccm. de distillat. Dans ce cas on ajoute une quantité correspondante d’eau distillée dans le flacon témoin, de sorte que le volume des liquides soit identique. Après avoir ajouté l'échantillon on agite 3-4 minutes et titre l'acidité avec une soude aqueuse N/10. Lorsqu'on a obtenu le virage on répète l'agitation pendant 30 secondes et neutralise de nouveau si cela est nécessaire. Ori continue l'agitation et.le titrage jusqu'à ce que la couleur du méthylorange ne subisse plus de variation de teinte au bout d’un repos de 1 minute.
1 ccm. de soude N/10 = 0.0096 gr. de furfurol.