CONCLUSIONS
Dans notre travail nous avons essayé :
1 d'apporter quelques renseignements sur les pro- - priétés des différents constituants et de faire une étude critique de méthodes analytiques.
La chimie des constituants de la tourbe n’est qu'à ses débuts. Nous avons essayé d'éclaircir un peu leurs propriétés et d'établir des méthodes de caractérisation. La séparation en groupes présente beaucoup de difficultés. Nous sommes partis de modes opératoires connus, mais leur examen nous a démontré qu'il fallait recourir à des méthodes plus précises, car les renseignements obtenus étaient insuffisants et ne portaient que sur quelques constituants, tandis que nous cherchions des renseïgnements sur tous les composés de la tourbe.
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2) de mettre au point un mode opératoire pour la recherche des constituants techniques.
Pour l'établissement de l'ordre des déterminations (acides humiques, lignine, cellulose) nous nous sommes laissé guider par les transformations que subissent les végétaux pendant l’humification. Le mode opératoire, que nous avons mis au point et qui est actuellement employé pour l'analyse des tourbes françaises, est simple et n'utilise que des appareils faisant partie de l'équipement normal d’un laboratoire. Les réactifs ont été choïsis de telle facon qu'ils ne s'attaquent qu’à un constituant déterminé sans provoquer des modifications chimiques sensibles des autres corps rentrant dans la composition de la tourbe. Les substances utilisées pour l'analyse sont :
de l’eau et de l'acide chlorhydrique normal ; des solvants organiques comme l’éther et l'alcool ; le chlore ;
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des solutions salines comme sulfite, citrate et hypochlorite de sodium, phosphate disodique, etc...
Les résultats obtenus vérifiés par des opérateurs différents, ont démontré que les méthodes donnent des chiffres fidèles et constants.
3) d'étudier une série de tourbes de provenances diverse.
Nous avons + par la suite nos de à différentes tourbes. Nous avons choisi des échantillons dans des tourbières de hauts plateaux et de marais. L'analyse totale nous a montré les différences qui existent entre ces deux catégories. Les chiffres nous prouvent, par exemple, que les fourbes anciennes sont riches en acides humiques, que la teneur en cellulose des tourbes de hauts plateaux est plus forte que celle des tourbes de marais, etc... La tourbe était toujours considérée comme combustible de seconde qualité et comme telle on se contentait pour sa qualification des méthodes analytiques générales des combustibles solides. Quelques expérimentateurs avaient essayé de séparer les constituants, mais une méthode d'analyse complète basée sur la conception moderne de la ‘formation des combustibles minéraux solides n'existait pas. Nous nous sommes efforcé de fixer le chemin à suivre pour la classification et la qualification des nombreux échantillons résultant de la prospection méthodique des tourbières françaises.
4) de tirer des règles pour l’utilisation des tourbes.
Jadis le pétrole était considéré comme source de combustibles et lubrifiants, mais aujourd’hui il est devenu une matière première de l’industrie chimique. La même réflexion pourrait être faite sur la tourbe. Connaissant ses constituants principaux, on peut la destiner
à tel ou tel emploi. Mais il existe une énorme difficulté réside dans la teneur élevée en eau qui atteint et peut dépasser 90 %. Les essais de déshydratation ont souvent échoué. La cause de ces insuccès est à rechercher dans la nature colloïdale de la tourbe. Sans destruction de l’état colloïdal il n’y a qu'une élimination de l’eau libre appelée aussi eau capillaire. Par les emplois chimiques on peut se permettre des procédés de déshydratation autres que ceux dérivés des travaux de Madruck. Les frais de cette opération peuvent être couverts par l'obtention de produits secondaires intéressants.
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Prenons l'exemple de l'hydrolyse. Par l'addition d'acides minéraux on rompt l'état colloïdal de la tourbe et lorsqu'après hydrolyse, elle est débarrassée de sa cellulose et de ses pentosanes, elle sèche rapidement. Les jus provenant de l’hydrolyse peuvent nous fournir de l’alcool, des cétones ou des acides gras selon le procédé de fermentation choisi. Le résidu de ce traitement est destiné selon sa teneur en lignine, acides humiques ou cires et résines à la pyrogénation ou à l'industrie chi- Mmique. Autrefois on n'utilisait que les tourbes anciennes mais, grâce à la connaissance des constituants techniques, on pourra valoriser les tourbes jeunes contenant encore beaucoup de cellulose et de pentosanes. Même les qualités cendreuses, qui ne présentaient qu'un faible intérêt peuvent devenir une matière première importante p. ex. pour la fabrication de vanilline. Connaissant la composition de la tourbe, nous pouvons espérer des utilisations plus rationnelles de nos richesses du
sous-sol. «
Les matières premières ne sont intéressantes que là où on est arrivé à développer ses connaissances sur elles grâce au principe de la recherche scientifique et grâce à une activité continue, nous permettant de mettre en œuvre les résultats trouvés. Il est nécessaire que le caractère saisonnier agricole de l'exploitation des tourbières disparaisse pour faire place à une véritable industrie. La valorisation de nos tourbes pourra jouer un rôle important dans notre économie nationale.