LES COMPOSANTES DU COURANT TELLURIQUE
Résultats généraux. — J’ai réuni dans les tableaux [ et IT les moyennes horaires des différences de potentiel enregistrées au cours des 27 mois étudiés. Très faibles en valeur absolue, elles ne dépassent pas 3,71 mv./k. pour la composante N et 4,89 mv./k. pour la composante E, alors qu’à l’Observatoire de l’Ebre de 1910 à 1926 ces composantes atteignaient en moyenne respectivement 213,4 mv./k. et 121,9 mv./k.(”). Par contre, le dépouillement de quelques courbes du mémoire de E. Bravrer (*) m'a permis de retrouver des gradients de potentiel d’un ordre de grandeur beaucoup plus voisin. La moyenne de 11 journées magnétiquement calmes pendant le mois de mars 1884 conduit en effet
aux résultats suivants :
Moyenne Valeur maximum
Paris-lille
Paris-Nancy Paris-Dijon
Cette concordance numérique qui semble vérifier assez convenablement la règle de proportionnalité entre les différences de potentiel et la longueur des lignes n’est sans doute que fortuite, car les forces électromotrices parasites affectaient certainement d’une manière très différente les enregistrements de Th. Moureaux et de E. BLavrer.
Durant l’année 1804, la composante méridienne a légèrement surpassé la composante suivant le parallèle, alors qu’un rapport inverse apparaît pour la plupart des autres mois. Elles sont pratiquement du même ordre de grandeur : moyenne générale N — 1,04 mv./k., E = — 0,83 mv./k.
Les forces électromotrices subissaient une variation diurne très nette, bien visible sur les gra-
Fig. 2. — Variation diurne des composantes telluriques N(—) et Eh
phiques représentatifs des écarts saisonniers (fig. 2). Cette évolution assimilable à une double oscillation quotidienne se modifiait au cours de l’année, mais son allure générale montre à la fois une certaine analogie et une certaine discordance avec la marche diurne reconnue dans les stations telluriques de Berlin, Tortosa, Watheroo et Huancayo.
Composante Nord-Sud. — Dans la ligne N-$ le courant moyen a circulé, la plupart du temps du Sud vers le Nord. J’ai retrouvé ce sens en analysant les courbes de E. Bravrer se rapportant à la ligne Paris-Lille. Abstraction faite des valeurs horaires aberrantes, les nombres du tableau I révèlent les caractéristiques ci-dessous :
19 Un minimum principal correspondant au plus grand écart diurne vers 11 h. 30, se déplaçant au cours des saisons (caractères gras), 11 h. 25 en été et 12 h. 20 en hiver.
20 Un maximum principal vers 7 h. 30, se produisant vers 6 h. 30 en été et vers 8 h. 35 en hiver (caractères italiques), correspond à l’un des maxima obtenus à Berlin et à Tortosa et au minimum principal observé à Watheroo. |
30 Un second maximum vers 22 h. 15 se déplaçant en sens inverse, 21 heures en automne et en hiver, 22 h. 30 au printemps et en été (caractères italiques), acquiert de l'importance pendant la saison froide.
4° Un minimum secondaire s’effaçant en été et ayant lieu en moyenne vers 3. h. 30.
50 Enfin un maximum et un minimum secondaires persistant durant toute l’année entre 16 heures et 18 heures environ, prennent une importance relative en hiver, modifiant ainsi beaucoup l’aspect de la marche diurne en cette saison. Cet accident remarquable paraît remplacé par une inflexion sur la courbe représentative de Berlin, mais se retrouve suffisamment bien marqué sur celle de Watheroo.
Contrairement aux constatations faites à Berlin, Tortosa, Watheroo et Huancayo, les variations ne sont pas réduites au minimum durant les heures de nuit.
La marche diurne de la composante méridienne calculée d’après les enregistrements obtenus par E. Bravier dans les lignes Paris-Lille et Paris-Dijon est beaucoup plus symétrique par rapport à l’élongation principale vers le sud qui apparaît vers 11 h. 15 environ ; les deux écarts maxima vers le Nord, équivalents, se produisent vers 7 h. 30 et 16 heures.
Composante Est-Ouest. — Dans la ligne E-W le courant moyen dirigé d’abord vers l'Ouest a brusquement diminué en février 1894, puis a circulé en sens opposé à partir du mois d'octobre de cette année. L'évolution diurne de la composante E est plus simple que celle de la composante N mais on ne retrouve pas entre elles l’étroite similitude d’allure qui caractérise celles de Berlin et de Tortosa. D’après les moyennes horaires du tableau IT, on distingue :
19 Un maximum principal vers 9 h. 30, se produisant plus tôt en été vers 7 h. 5o et plus tardivement en hiver vers 11 heures (caractères gras).
20 Un minimum principal vers 18 h. 15 subissant un déplacement semblable à celui du maximum a lieu vers 17 heures en été et vers 19 h. 15 en hiver (caractères italiques).
30 Un minimum secondaire vers 4 h. 30, moins marqué en été où il arrive vers 3 h. 30 qu’en hiver où il se produit vers 5 h. 50.
Cette évolution se rapproche donc beaucoup d’une simple oscillation journalière. L’inversion mise à part, son allure générale, offre une ressemblance frappante avec celle de la variation quoti-