E. —— CALLOSITÉS PROFESSIONNELLES
Des callosités s’observent aux mains des ouvriers, et leur siège révèle la profession du sujet (forgerons, lailleurs, terrassiers, etc...).
Réactions de défense des téguments, les callosités ne sont pas spontanément douloureuses. Leur histologie nous montre un épaisissement du derme avec hyperkératose. Du point de vue microscopique, les callosités professionnelles se présentent sous la forme de saillies jaunâtres ou pigmentées ; leur étendue varie avec la surface de peau soumise aux frottements.
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F. __ NODULES DES TRAYEURS |
Les pustules de Cow-pox siégeant sur le pis et les travons de la vache peuvent accidentellement et par contact direct infecter les mains des trayeurs. Il peut alors se former sur les doigts de ces derniers des pustules identiques à celle de la vaccine (Man-Pox), soit un ou plusieurs nodules fermes atones.
Baupry, le premier, décrivit le premier cas de ce genre (Société française de Dermatologie). Depuis de nombreux travaux furent publiés en Allemagne. Le premier FRIBOES, affirma la nature vaccinale de la lésion, et SCHULTZE montra expérimentalement sa parenté avec la vaccine.
Ces nodules se voient surtout pendant l’hiver, beaucoup plus souvent chez les femmes que chez les hommes, car les premières trayent plus fréquemment les vaches. L’incubation est d’environ huit à dix jours après le contact avec les vaches malades. Ces nodules varient en nombre ; une observation en a dénombré quarante. Généralement indolores, ils peuvent être prurigineux au début. Le nodule représente une petite masse rouge brun, plus ou moins hémisphérique, de consistance dure ; alentour la peau est saine et rougeâtre. Au sommet existe tantôt une couche épidermique grisâtre, squameuse ou parfois crouteuse, tantôt des apparences de vésicule, Au bout de trois semaines environ, le nodule regresse, prend l’aspect d’une verrue disparate, et ne laisse comme reliquat qu’un épaisissement de la peau qui, à la longue disparaît sans laisser de cicatrice.
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Du point de vue histologique le nodule est constitu® au début par un infiltrat leucocytaire du derme avec congestion des papilles. Il se complique plus tard, d’un œdème considérable, dû au processus inflammatoire. Par la suite, la couche épithéliale devient acanthosique, avec digitations très longues, formées par les cônes interpapillaires. Au stade de regression du nodule on note, comme dans une verrue vulgaire, de l’hyperkératose avec acanthose.
Mais il est à croire qu’en dehors des vrais nodules des trayeurs qui viennent d’être décrits, les vaches peuvent encore présenter des callosités purement mécaniques du type Tylositas Symetrica hallucis de Tryb, des papillomes, des botryomycomes, des verrues du bétail, etc. : d’où l'interprétation de KraUs Goyerr et l'assimilation qu’il fait des Knuckles Pads aux nodules des trayeurs.
PATHOGENIE
C’est très vraisemblablement aux irritations répétées et la plupart méconnues par les malades, qu’il faut rapporter, jusqu’à plus ample. informé, la cause de ces productions dont la nature essentielle nous échappe. L'influence du traumatisme déterminant leur formation, est dans quelques exemples bien marquée et il ne semble pas improbable que leurs occupations aient quelque valeur dans leur étiologie.
Comme MM. Jausiox et CaiLrAU, MM. CosrE et MARCERON ont plaidé les microtraumatismes. à
GaArROD Se basant sur l’histoire remarquable de son premier malade où plusieurs membres de la famille sont atteints par ces productions et de plus sont atteints d’un état goutteux manifeste, pense que leur formation en pareil cas n’est pas étrangère à la goutte.
Parker WEBER pense que la dégénérescence d’une bursite ou d’un rudiment synovial peut être considéré comme l'origine des Knuckles Pads. Il nous semble que cette hypothèse peut être rejetée car jamais en tout cas, la ponction d’un coussinet des phalanges ne ramène le moindre liquide, ni ne décèle Ia moindre cavité centrale interstitielle.
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De même nous éliminerons l’involution d’une tuameur glomique, car cette dernière est très douloureuse ordinairement et que les coussinets des phalanges, eux, sont indolores.