CHAPITRE Il ETUDE CLINIQUE
[. — HisroriQuE
La plupart des auteurs qui se sont occupés des uréthrites chroniques n'ont jamais étudié le rôle que pouvaient jouer les ‘glandes de Cowper dans la réimfection du canal uréthral : quelques urologistes l'ont bieu signalé, sans du reste y attacher grande importance, d’autres ont posé la question, mais d'une façon incomplète, nous semble-{-il, et surtout sans la résoudre.
En 1702 CowpEer émet l'opinion que « cette liqueur visqueuse et diaphane qui se montre à la fin des gonorrhées, et qui en Angleterre est connue sous la dénomination familière de a gleet à sa source dans ces glandes. » Il ajoute même que cet écoulement peut devenir incurable, si le Sphincter de l'embouchure du canal excréteur est détruit par uu ulcère vénérien. Il entrevoyait donc bien la chromicité de l’écoulement e£ son origine, mais en tirait de fausses conclusions.
TEeRRANEUS, en 1709, mentionne les affections des adstites conglomérées dans les différentes gonorrhées, mais il s'arrête là.
Lrrrre, en 4711 étudiant la gonorrhée pense que parfois
Ho
il y a lieu de rechercher le siège de l’écoulement dans les glandes de Cowper.
GügLer, en 1849, dans son mémorable travail sur « les glandes de Méry et leurs maladies chez l’homme », ne parle même pas de la cowpérite chronique.
CouiLLARD, dans sa thèse, ne dit qu'incidemment quelques mots de la cowpérite chronique, et ne la considère que comme rarement liée à la blennorrhagie.
En 1899, dans le traité de chirurgie de Duplay et Reclus, ForçuE s'exprime ainsi : « La cowpérite peut prendre une allure chronique ; il est probable, maïs il n’est pas nettement démontré que la sécrétion contribue à alimenter quelques blennorrhées. »
Ce dernier auteur entrevoit donc la relation de la cowpérite chronique et de l’uréthrite chronique, mais ce n'est qu’en 1903, au Congrès d'urologie, que Morz et BARTRINA posent nettement la question. Ils disent en effet ceci: « Nous pensons qu'un grand nombre d'uréthrites chroniques rebelles sont dues à la réinfection constante de l’urèthre par des microbes qui ont pu pénétrer jusqu'aux culsde-sac des glandes bulbaires ou desglandes de Cowper. »
En 1904, à la huitième session de l'Association française d'urologie, Morz insistait de nouveau sur ce fait dans üne communication qu'il faisait sous le litre suivant : « Adénite bulbaire comme cause de cerlaines uréthrites rebelles, » mais il ne parle que des glandes bulbaires, passant sous silence les glandes diaphragmatiques de Hogge. Voici du reste le résumé de sa communication que nous empruntons au compte rendu de l'Association française d'urologie :
« Le rôle des glandes dans l'infection uréthrale est
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très" important. La prosate a déjà 6té bien étudiée
à ce point de vue. Bartrina et Motz ont fait voir l'an-
née dernière, que la grande majorité des suppurations péri-uréthrales est due à la suppuration des glandes de Littre de la région membraneuse, des glandes cowpériennes et des glandes intra-bulbaires. Ils ont montré que ces suppurations peuvent être le point de départ d’ahcès urineux et d'infiltration d'urine. En dehors de ces suppurations abcédées, il y a des inflammations chroniques qui entretiennent pendant de longues années les uréthrites choniques de ces malades.
€ IL est impossible de faire un diagnostic différentiel entre une littrite de la région membraneuse et une prostatite. Il faut donc, en soignant une prostatite, soigner en° mème temps l’urèthre postérieur, surtout par le massage | de cette région. La bulbite chronique peut être diagnostiquée de la même façon qu'une prostatite chronique, c'est-à-dire par l'expression de la région bulbaire qui donne, dans un certain nombre de cas, une sécrétion purulente. La constatation de cette suppuralion doit faire ajouter au traitement ordinaire des uréthrites chroniques, le massage de la région bulbaire qui peut être exécuté par le malade. »
Motz a donc bien montré le rôle de la suppuration des glandes de Littre de la région membraneuse et des glandes de Cowper intra-bulbaires dans nombre d'uréthrites chroniques, mais il n'a pas, nous semble-t-il, assez insisté sur celui des glandes de Cowper proprement dites, t'est-à-dire des glandes diaphragmatiques de Hogge, que dans le trai-
ar pes
tement on ne peut atteindre de la même façon que les glandes intra-bulbaires.
. C’est dans sa communication à la huitième session de l’Associalion française d’urologie, en 1906, sur « les cowpérites dans l’uréthrite chronique », que PASTEAU insiste nettement pour la première fois sur les cowpérites comme source d'alimentation des uréthrites rebelles. II conseille de toujours les rechercher par principe, et donne comme moyen de les découvrir et de les exprimer, /a palpalion bidigitale avec l'index dans le rectum et le pouce au périnée. C'est en nous appuyant.sur.cette communicalion et sur nos recherches à la clinique de Necker que nous allons essayer de montrer que nombre d'uréthrites chro- ‘niques déclarées inguérissables peuvent complètement disparaitre si on s'adresse à là source de l'infection, qui siège souvent dans la: glande de Cowper diaphragmatique, et nous indiquerons quels sont les moyens dont nous dispo-
sons pour en mener à bien le traitement.