‹ Contribution à l'étude des Cowpérites dans l'Uréthrite chroniqueChapitre 22 sur 44 · IL. — FRÉQUENCE · texte numérisé non relu

IL. — FRÉQUENCE

La cowpérite chronique est extrémement fréquente, surtout celle qui n’est révélée que par la suppuration uréthrale. Ricord avait déjà entrevu cette fréquence, et Gübler nous dit en effet: «€ que dans son immense pratique Ricord ne rencontre guère chaque année qu'une douzaine de cas de cowpérites terminées par suppuration, mais qu'il est porté à croire que l'inflammation, bornée à ses premières périodes, est plus fréquente qu’on ne pourrait le supposer, et que les tensions douloureuses qui se manifestent au voisinage du bulbe dans le cours d’une blennorrhagie intense, sont dues à l'engouement inflammatoire des glandes de Méry. »

Pour nous la, cowpérite chronique est encore plus fréquente que ne veut bien le dire Ricord, car dans nombre de cas elle ne se manifeste même pas par cette sensation de tension de la région bulbaire, et elle accompagne non seulement les blennorrhagies intenses, mais aussi, et surtout peut-être, les moins aiguës qui sont parfois les plus tenaces.

Les rapports intimes des glandes de Cowper et de l'urèthre expliquent suffisamment, semble-t-il, la fréquence de cette complication de l’uréthrite chronique.

« La longueur de leurs conduits excréteurs, disent Motz et Bartrina, les protège probablement dans une certaine mesure contre l'infection par les microbes de l'urèthre : sans cette condition anatomique, la suppuration des glandes de Cowper serait beaucoup plus fréquente que celle de la

Loge

prostate. » Nous croyons pouvoir ajouter que si la longueur du canal excréteur nous explique bien la moins grande fréquence des cowpérites aiguës par rapport aux prostatites aiguës, elle nous apprend aüssi pourquoi les cowpéfrites chroniques sont souvent si tenaces.

Nous somitiës done convaincus dé la très grande fréquence de la cowpérite chronique d'emblée qu'aucun signe subjectif n’a jamais révélée, et que seul un examen minutieux des glätides bulbo-uréthralés peut faire découvrir.

Quant à la fréquence des lésions suivant leur siège, nous ne croyons pas qu'il y ait de distinction à établir. Pourquoi, en effet, la bulbite serait-elle plus fréquente qué la coWpérite propreiient dite : les canaux excréteurs des glandes bulbaires ne vont-ils pas se jeter dans ceux des glandes diaphrägmatiques ?

Pour ce qui est de la plus grande fréquence de la cowpérite à gauche, nous ne l'avons pas constaté dans noë cowpérites chroniques, et l'exjilication donriée par Lebreton ne nous semble avoir aucune valeur, puisque Hogge a bien montré qu’il existait toujours une glande de Cowper; plus ou moins développée de chaque côté de la ligne médiane.

Pour nous, d'äprès nos observations, lantôt là cowpérite est unilatérale, droile où gauche indifférémment, et c'est le cas le plus fréquent, tantôt bilatérale, mais alors presque loujours plus marquée d'un côté. Elle n’est que très rarëmeït égale des deux côtés.

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