‹ Contribution à l'étude des Cowpérites dans l'Uréthrite chroniqueChapitre 6 sur 44 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Nous n'avons pas l'intention de reprendre ici toute la

pathologie des glandes de Cowper; dans son intéressante thèse, LEBRETON en a refait l'étude en se basant sur les re- .

cherches contemporaines. Il s’est surtout attaché aux cow-

pérites aiguës, aux cowpérites chroniques à répétition et

aux tumeurs de ces glandes. La tuberculose cowpérienne, d'autre part, a été magistralement traitée par HaLLé et Morz dans leur mémoire sur la tuberculose de l’urèthre. Par contre, la cowpérite ne nous a pas paru avoir été suffisamment étudiée dans ses rapports avec l’uréthrite chronique, et nous nous sommes proposé dans ce travail de combler cette lacune, en nous appuyant sur un certain nombre d'observations que nous avons recueillies à Necker.

Tous les auteurs qui se sont occupés des uréthrites chroniques, des gouttes militaires, ont recherché quelle pouvait être la cause de la persistance de cet écoulement, ou de cette goutte matinale. Il y a déjà bien des années que l'on considère les lésions des glandes accessoires de l’urè— thre comme étant la source de la réinfection constante du canal uréthral. L'école de Necker a bien montré le rôle de la prostate, des glandes de Littre, etc., etc., mais il semble

PE qe de :

cependant que l’on n’a pas jusqu'ici assez insisté sur l'influence des glandes de Cowper diaphragmatiques, telles que Hocce les a décrites, dans ces écoulements chroniques.

Nous ne voulons parler ici, bien entendu, que de l’uréthrite biennorrhagique chronique.

On peut, semble-t-il, considérer deux périodes à l’histoire du rôle joué par les glandes de Cowper dans les uréthrites. Tout d’abord, on s’est attaché surtout à l'étude des bulbites, puis on s’est occupé des glandes diaphragmatiques que leur situation rendait d’un accès plus difficile.

Mor2 lé premier, en 1903, dans son travail avec Bar- TRINA sur les abcès périnéaux d'origine uréthrale parle des glandes de Cowper, mais surtout des glandes ?ntrabulbaires, comme déterminant ce qu'il décrit sous le nom de bulbite. L'année suivante, il insiste à nouveau sur ces bulbites en signalant leur importance, comme cause de réinfection, dans les uréthrites chroniques.

PasTEAU, eh 1906, s’est surtout attaché à démontrer le rôle joué par la cowpérite chronique diaphragmatique dans ces uréthrites paraissant inéurables, el sur ses conseils nous avons, à l'aide d'un palper spécial qu'il nous à indiqué, recherché systématiquement l'état des glandes de Cowper chez un grand nombre de malades de la consultation de Necker, lrainant une goutte depuis des mois ou des années sans qu'aucun traitement ne soit arrivé à les en débarrasser. Nous avons constaté que fréquemment elles étaient augmentées de volume et qu’un massage un peu particulier permettait de faire sourdre au méat une gouttelette de pus qui avait ces glandes pour origine.

Ge sont ces recherches et celles qu'il a faites personnel-

lement, qui ont permis à PASTEAU, dans sa communication

au Congrès d'urologie de 1906, de poser le principe sui-

vant, qui est le point de départ de ce travail, que : Nombre d'uréthrites chroniques blennorrhagiques inquérissables

ont leur source d'alimentation dans une cowpérite chro-

nique qui passe inaperçue et qu'il faut rechercher.

Dans un PREMIER CHAPITRE, nous avons cru bon de faire un résumé de l'anatomie de la région cowpérienne ; elle est actuellement bien connue, surtout depuis les travaux de HoGcr, mais elle n’est pas encore suffisamment classique ; c’est pour cela que nous la rappelons au début de notre travail, étant donné son intérêt clinique et théra-

peutique.

Dans un DEUXIÈME CHAPITRE, nous nous attacherons à l'étude clinique de la cowpérite chronique dans ses rela-

tions avec l’uréthrite chronique blennorrhagique et nous chercherons les moyens de la dépister.

Enfin, dans un TROISIÈME CHAPITRE, nous exposerons le traitement de cette cowpérite dont la guérison doit tarir l'écoulement chronique qu’elle entretenait.

Page 1